Nativité de la Mère de Dieu   Septembre 2019

 Sans Pâques, la fête des fêtes, sans la Résurrection du Christ, notre foi serait vaine, a écrit l’apôtre Paul. Ce qui est devenu le christianisme n’aurait pas survécu à la mort de son fondateur, et l’apôtre Paul serait resté dans l’histoire un persécuteur zélé des premiers et derniers chrétiens.

Pour que le Christ meure et ressuscite, il a fallu qu’Il S’incarne, qu’Il Se fasse homme en naissant d’une femme. Et cette femme devait à la fois être la plus proche possible de la perfection, tout en restant complètement humaine, et il fallait qu’elle consente, en toute liberté, à coopérer avec Dieu. Dans notre Eglise, il est dit qu’elle est « toute-pure », « sans tâche » ou « immaculée » – les expressions sont synonymes. Pour justifier le choix de Dieu et tenter de rationnaliser ce qui n’est pas rationnel et défie les lois de la nature, il a été promulgué en Occident, en 1854, le dogme de l’immaculée conception de la Mère de Dieu. Ce dogme affirme que contrairement à tous les autres êtres humains, la Mère du Christ aurait été affranchie du péché originel dont a hérité l’humanité à la suite de la faute d’Adam. Quand le premier homme a désobéi à Dieu et a voulu acquérir la connaissance, sans l’aide de Dieu, il a commis le premier péché et s’est chassé lui-même du paradis. Il est alors devenu mortel, sujet aux maladies et faible. Il nous a légué cet état dégradé. Comme lui, nous sommes mortels, comme lui, nous sommes sujets aux maladies et dramatiquement faibles dans notre lutte contre le mal. Il nous est plus facile de succomber aux tentations du Malin que de respecter les commandements de Dieu, même si nous avons gardé l’image de Dieu, et donc notre liberté de choix entre le bien et le mal. En revanche, nous avons perdu une grande partie de la ressemblance avec Lui. Dieu n’a pas empiété sur la liberté du premier homme, Il n’ a pas empiété sur celle de la Mère de Dieu et Il n’empiète pas plus sur la nôtre.

Retrouver la ressemblance avec Dieu est le travail de toute une vie – il nous est demandé « d’être parfaits comme Dieu est parfait ». Le premier homme était programmé pour l’acquisition de la perfection, mais à certaines conditions – l’obéissance et une profonde humilité, qui suppose la reconnaissance de sa dépendance de Dieu. La connaissance était et reste une grâce. L’être humain ne peut l’acquérir par ses seules forces, il a besoin de l’aide de l’Esprit. S’il pense être capable de l’acquérir seul, il reproduit le péché d’Adam.

Quand l’ange Gabriel fait son annonce à Marie, quand il lui annonce ce qui va lui arriver, elle ne comprend pas de quoi il s’agit. « Réjouis-toi, toi qui as la faveur de Dieu – est –il écrit dans l’Evangile de Luc, le Seigneur est avec toi ». L’évangéliste ajoute « qu’elle fut très troublée, se demandant ce que pouvait signifier cette salutation ». Son humilité ne lui a pas permis de comprendre pour quelles raisons « elle avait la faveur de Dieu ». Et quand il lui est annoncé de surcroît « qu’elle va donner naissance à un fils, appelé Fils du Très-Haut », elle comprend encore moins, et demande comment cela est possible, alors qu’elle est vierge et pas encore mariée. Il lui est répondu que « rien n’est impossible à Dieu ».

La future Mère de Dieu était libre de refuser ce qui lui paraissait complètement irréaliste. Sa foi lui fait alors répondre : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe comme tu me l’as dit ». Elle a utilisé, avec des mots un peu différents, ceux du Christ, dans la prière qu’Il va nous léguer : « Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». La Mère de Dieu s’est pliée à la volonté divine, ce que, nous autres, avons tant de mal à faire.

Les traits de caractère qui ont fait porter le choix de Dieu sur une jeune fille, en apparence ordinaire, sont une profonde humilité et l’obéissance. C’est en raison de cette humilité qu’il y a si peu de renseignements biographiques sur la Mère de Dieu dans les Evangiles. Les textes des offices des fêtes mariales sont inspirés en grande partie par les évangiles apocryphes, des évangiles non canoniques, transmis oralement, comme c’est la tradition dans le judaïsme. Dans ces évangiles, il est davantage question de la Mère du Christ.

Lors de ces fêtes, l’Eglise propose la lecture de l’Evangile de Luc, où il est question de la visite rendue par le Christ à son ami Lazare et de Sa rencontre avec Marthe et Marie, les sœurs de son ami.

Il est légitime de se demander quelle est la raison du choix de ce texte. Quel est le rapport entre la Mère du Christ et ces deux femmes – l’une qui s’occupe du matériel et l’autre qui écoute la prédication du Christ avec attention ? Une des réponses possibles est que la Mère de Dieu est un mélange de ces deux femmes – elle a assuré l’intendance tout au long de la vie du Christ, pendant Son enfance et avant Sa vie publique, puis sans doute après, et elle a été plus qu’attentive à Son enseignement. Elle a concilié le matériel et le spirituel et s’est approchée le plus possible de la perfection.

Cette quasi-perfection, et la protection accordée à ceux qui la lui ont demandée tout au long des siècles, justifient la vénération dont la Mère de Dieu est l’objet au sein des Eglises catholique et orthodoxe. C’est pour cette raison que l’Annonciation, la Présentation au Temple de la Mère de Dieu, sa Dormition, et aujourd’hui sa Nativité sont des fêtes majeures. Et c’est aussi pour tout cela que tant d’icônes manifestent sa présence dans les églises et les foyers chrétiens.

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Calendrier prévisionnel 2019-2020

Calendrier prévisionnel des offices en 2019-2020

Les modifications sont en rouge (offices du 4/5 janvier supprimés, offices du 11/12 janvier ajoutés, offices du 18/19 janvier supprimés

Sauf mention contraire, les liturgies dominicales commencent à 10h00 et sont précédées, le samedi soir, par des vêpres qui commencent à 18h00. Les veilles de fêtes l’on célèbre des vigiles (vêpres suivies de matines) qui commencent également à 18h00.

Septembre :  samedi 7, Assemblée Générale Extraordinaire de l’Archevêché (vêpres    supprimées)

dimanche 8 : liturgie suivie d’agapes. Vêpres de la Création après les agapes.

samedi 21, dimanche 22

Octobre :    samedi 5, dimanche 6

samedi 19, dimanche 20

Novembre :   samedi 2, dimanche 3

samedi 16, dimanche 17

samedi 30 : vêpres

Décembre :  dimanche 1-er : iturgie

vendredi 13 : dîner-concert de Noël œcuménique à Eaubonne.

(Précisions ultérieurement)

samedi 14, dimanche 15

mardi 24 : offices de la Nativité à 20h30

Janvier :   samedi 11, dimanche 12 report de la Théophanie

samedi 25 –  Vêpres supprimées : pèlerinage commun avec la paroisse catholique, dans l’après-midi, à l’occasion de la fête de saint Prix, évêque de Clermont. Liturgie dimanche 26 à l’heure habituelle

(Précisions ultérieurement)

Février :      samedi 1-er : vigiles, dimanche 2 : Fête paroissiale (Sainte Rencontre)

samedi 22, dimanche 23

Mars :       dimanche 1-er : (liturgie à Troyes) vêpres du Pardon à Saint-Prix : 18h30

mercredi 4 ou jeudi 5 : Grand canon de Saint André de Crête (heure à fixer)

samedi 7, dimanche 8

mercredi 11 : liturgie des Présanctifiés (heure à fixer) ?

samedi 21, dimanche 22

Avril :       samedi 4 : office de l’onction des malades, et dimanche 5

samedi 11, dimanche 12 : Fête des Rameaux

Jeudi Saint 16 avril (19h00)

Vendredi Saint 17 avril (19h00)

samedi 18 : offices de Pâques à 20h30

 

 

 

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Synaxe des douze apôtres juin 2019

 Dans l’extrait de l’épître aux Romains d’aujourd’hui, l’apôtre Paul énonce une vérité dont il est souvent question ici – « ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui la mettent en pratique » – écrit-il. Pour nous, la loi – ce sont les dix commandements qui sont communs aux chrétiens et aux Juifs, mais pas les 613 commandements spécifiques au judaïsme. Et ces dix commandements se résument en deux – « tu aimeras Dieu et tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’apôtre Paul précise que ceux qui mettent la loi en pratique, naturellement, sans le savoir, seront reconnus comme justes le jour du Jugement dernier. Quand un athée ou un non chrétien aime sincèrement son prochain, il aime Dieu, sans en être conscient.

Mais accorder la priorité à son prochain que l’on voit, et à Dieu que l’on ne voit pas, est tout sauf évident. Cela implique que l’on ne juge pas, que l’on pardonne et, surtout, que l’on acquière l’humilité, sans laquelle tous les efforts fournis pour atteindre la perfection sont réduits à néant. C’est ce qu’explique Jean de Valaam dans presque chacune des lettres adressées à ses enfants spirituels. Jean de Valaam est un moine qui a vécu de 1873 à 1958, d’abord en Russie, puis en Finlande et vient d’être canonisé par l’Eglise orthodoxe de Finlande.

Les Pères de l’Eglise ont défini toutes les passions qui nous assaillent. Et tous disent que la pire d’entre elles, celle qui est à l’origine de toutes les autres, et de tous les conflits est l’orgueil. A chaque passion – les occidentaux parlent de péché capital – correspond une vertu. Ceux que cela intéresse liront avec intérêt « la thérapeutique des maladies spirituelles » de Jean-Claude Larchet, une compilation exhaustive de l’enseignement des Pères de l’Eglise sur les passions, en plus de 800 pages.

A la passion de l’orgueil correspond la vertu de l’humilité. Saint Jean de Valaam insiste beaucoup sur cette vertu. « Sois humble en permanence, ne te fie pas à toi-même, – écrit-il, nous devons peiner pour chaque vertu, mais le succès de nos efforts dépend de la grâce divine. C’est en réponse à l’humilité et non à l’ascèse, que Dieu accorde Sa grâce. Plus l’homme s’humilie (c’est-à-dire est humble et conscient de son imperfection), plus la grâce le visite ». Saint Jean reprend une citation du prophète Ezéchiel 18, 21-32, en la simplifiant : « Si le pécheur se repent et se met à vivre selon la justice (selon la Loi), alors le Seigneur ne Se souviendra plus de ses péchés ; de même pour le juste, s’il tombe dans la corruption (dans le péché), le Seigneur ne Se souviendra plus de sa justice ». Il convient de rajouter – s’il persiste dans l’erreur – sinon tous seraient condamnés. Saint Jean ajoute que « même chez les saints, les défauts naturels demeurent – cela pour leur humilité », et pour rassurer, il ajoute : « Ne t’imagine pas Dieu, très sévère. Il est très miséricordieux et connaît notre faiblesse humaine ». Saint Isaac le Syrien va encore plus loin quand il affirme que tous « nos péchés sont comme une poignée de sable submergée par l’océan de la mansuétude de Dieu ». Cela n’empêche pas de devoir fournir des efforts.

Soyons conscients de ce que, sur le plan spirituel, rien n’est acquis définitivement, que l’on n’est jamais à l’abri d’une chute et que ces chutes peuvent même être positives quand elles empêchent de sombrer dans l’autosatisfaction, dans l’orgueil.

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Dimanche de la Samaritaine. Saint-Prix 2019

Nous autres orthodoxes, ce qui signifie « nous autres chrétiens qui louons correctement Dieu », sommes directement interpellés par l’Evangile d’aujourd’hui, par l’entretien du Christ avec la Samaritaine. Ceux que nous avons parfois tendance à regarder de haut, depuis notre « orthodoxie » triomphante, ont beaucoup de points communs avec la femme que le Christ a rencontrée auprès d’un puits.

N’oublions pas que Saint Paul, comme le Christ, s’inscrivaient dans la mouvance pharisienne, dans la mouvance de ces Juifs pieux, des Juifs orthodoxes, qui observaient à la lettre les prescriptions de la Loi. Ceux que le Christ condamnait n’étaient pas les pharisiens en tant que tels, mais ceux qui, parmi eux, prétendaient aimer Dieu, tout en oubliant d’aimer leur prochain. Il condamnait ceux pour qui le formalisme religieux était plus important que l’amour de Dieu et du prochain. Dans l’Ancien testament, au chapitre 19 du Lévitique, il est écrit : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le Christ a repris ces paroles, Lui, qui n’est pas venu abroger la Loi, mais la compléter.

Deux interprétations, deux traductions de cette exhortation se complètent. Elle signifie qu’il faut accorder à son prochain, quel que soit son profil, et aussi différent soit-il du nôtre, la même priorité que celle que l’on s’accorde à soi, et elle signifie également que notre prochain est fondamentalement semblable à nous, qu’il a la même importance, et a donc les mêmes droits. Dans le contexte de l’époque, et c’était dérangeant – aux yeux du Christ, le Juif et le non-Juif ont la même importance. Dans le Deutéronome, au chapitre 10, il est écrit que « Dieu, (…) rend justice à la veuve et à l’orphelin, et aime l’émigré en lui donnant du pain et un manteau ». Et il est ajouté : « Vous aimerez l’émigré, (comprenons celui qui n’est pas des nôtres), car au pays d’Egypte, vous étiez des émigrés ». Il est donc demandé aux Juifs pieux de respecter et d’aimer ceux qui ne le sont pas.

En tant que chrétiens « qui essaient de louer correctement Dieu », nous sommes un peu les pharisiens du christianisme, et pouvons succomber à la même tentation de regarder les autres chrétiens, les non-pratiquants et les non-chrétiens avec condescendance. Or cela nous est explicitement interdit, parce qu’il nous est demandé de nous occuper de nos propres péchés et non de ceux des autres, et de ne pas juger notre prochain. Nous serons jugés avec la même sévérité dont nous faisons preuve à l’égard d’autrui. Et, de toutes façons, nous pouvons reprendre à notre compte les paroles du Père Cyrille Agenti qui disait « qu’il n’était pas orthodoxe, mais essayait de l’être, et que c’était le travail de toute une vie ».

D’autre part, l’apôtre Paul explique très clairement, au chapitre 2 de son épître aux Romains, que « seront sauvés ceux qui ne sont pas chrétiens, mais agissent comme devraient agir les chrétiens ». Pour pouvoir juger les autres, il faudrait que nous soyons nous-mêmes parfaits. Et, malheureusement, nous, chrétiens de toutes confessions, laïcs, comme membres du clergé, en particulier dans les crises que nous traversons, pouvons parfois être des repoussoirs.

Partout dans les Evangiles, il est clair que le Christ accorde la préférence à ceux qui sont conscients de leur imperfection, à ceux qui comme la Samaritaine ne sont pas des exemples de vertu, mais savent rester à leur place et font preuve d’humilité. Les Pères de l’Eglise sont dans la vérité quand ils placent l’orgueil à l’origine de toutes les autres passions, de ce qu’en Occident on appelle « les péchés capitaux », les péchés majeurs.

Nous, orthodoxes, ne sommes pas pires que ceux qui ne le sont pas, ou que les non-chrétiens ou les athées. Nous ne sommes pas plus automatiquement meilleurs qu’eux et, nous, n’avons pas l’excuse de ne pas savoir comment nous comporter pour « être le sel de la Terre ». Evitons d’être des contre-exemples et de justifier ainsi le refus de la foi de ceux qui se comportent parfois mieux que nous.

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Ascension – Pentecôte 2019

 La Pentecôte que nous fêtons aujourd’hui a été annoncée par le prophète Ezéchiel à qui Dieu a soufflé les paroles suivantes : « Je mettrai en vous un esprit nouveau, (…) Je le ferai en sorte que vous marchiez selon Mes lois, observant Mes ordonnances et les mettant en pratique ». Le prophète Joël est encore plus explicite : « Je répandrai Mon Esprit sur toute chair (c’est-à dire sur tous les hommes, Juifs ou païens). Vos fils et vos filles prophétiseront. Même sur les serviteurs et les servantes, (…) Je répandrai Mon Esprit ».

Le sens de la fête est résumé dans un des stichères des vigiles de la Pentecôte : « D’incultes qu’ils étaient, les disciples reçurent la sagesse et prirent les païens au filet de la foi, annonçant avec éloquence les mystères divins ».

Les fêtes de la Résurrection du Christ et de la Pentecôte, qui en est l’aboutissement, préfigurent certains aspects du Royaume. Le Christ ressuscité passe à travers les portes, mais les apôtres peuvent le toucher et Il mange du poisson devant eux. Nous aussi ressusciterons corps et âme, nous aussi pourrons manger et notre corps sera bien réel. Jusqu’à la Pentecôte, les apôtres n’ont pas vraiment compris ce qui se passait. Dans l’Evangile de l’apôtre Luc, il est écrit qu’avant Son Ascension, « le Christ leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprennent les Ecritures qui avaient tout annoncé ». Malgré cela, ils ont demandé au Christ « s’Il S’apprêtait à rétablir le Royaume d’Israël ». C’est ce que la foule attendait du Christ le jour de Son Entrée triomphale à Jérusalem. L’esprit des apôtres ne s’est ouvert complètement qu’à la Pentecôte.

Les apôtres étonnent les foules en prêchant en toutes les langues, eux les pêcheurs illettrés. Il s’agit d’un miracle ponctuel, d’un miracle surprenant qui, lui aussi, est une préfiguration du Royaume où l’on peut se demander quelle langue y sera parlée, sinon une langue universelle, compréhensible par tous. Il se passe l’inverse de ce qui est arrivé dans notre monde déchu, lors de la construction de la tour de Babel. Il est dit dans la Genèse (11, 1) que « la terre entière se servait de la même langue et des mêmes mots ». « Les fils d’Adam (c’est-à dire les hommes) ont voulu bâtir une ville et une tour dont le sommet toucherait le ciel », reprenant la faute d’Adam qui a voulu se passer de Dieu et a été chassé du paradis. Ceux qui voulaient bâtir la tour de Babel se sont vus empêchés de continuer leur travail – « le Seigneur – est-il écrit, brouilla leurs langues, afin qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres ».

La descente de l’Esprit sur les apôtres leur permet de s’adresser à la foule qui les entoure en s’exprimant dans la langue de chacun, comme s’il n’y en avait qu’une. Ou bien les apôtres parlent-ils dans leur langue que tous comprennent l’espace d’un instant, comme si c’était la leur. Les langues ne sont plus brouillées – la situation antérieure est provisoirement rétablie.

Nous avons reçu l’Esprit Saint à notre baptême, et à chaque liturgie, au nom de tous les fidèles présents, le prêtre demande à Dieu « d’ouvrir les yeux de notre intelligence, pour que nous comprenions Son message évangélique et qu’Il nous inspire la crainte, c’est-à dire le respect de Ses commandements ».

L’enseignement dispensé par les apôtres à la Pentecôte, enseignement compris par tous, symbolise l’unité dans la diversité. Les chrétiens actuels, comme ceux des siècles qui ont précédé, ne parlent pas tous la même langue, mais l’enseignement est ou devrait être le même. Et ils sont censés tous comprendre la même chose. La réalité est moins rose. Les Eglises chrétiennes sont divisées. Et dans chacune d’elles, y compris dans la nôtre, l’on retrouve également des divisions. A partir des mêmes textes de l’Ancien et du Nouveau Testaments, nous parvenons parfois à des conclusions différentes. C’est dû à notre imperfection. Pourtant les efforts de dialogue sont loin d’être vains entre gens de bonne volonté, y compris chez nous. Curieusement, il arrive même parfois que l’on s’entende mieux avec des membres d’autres Eglises chrétiennes qu’avec des membres de la sienne.

Le Christ est venu sauver des hommes imparfaits, et nous pouvons maintenant nous adresser de nouveau au « Roi céleste » à l’Esprit Saint et Lui demander de venir faire Sa demeure en nous, et de nous accorder la sagesse, comme l’apôtre Jacques nous appelle à le faire dans son épître. Soyons inspirés par la prophétie d’Ezéchiel et « faisons notre possible pour marcher selon les lois de Dieu, pour observer Ses commandements en les mettant en pratique ».

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Dimanche des Femmes Myrrhophores et de Joseph d’Arimathie 2019

L’Evangile des matines d’aujourd’hui (Mc 16, 9-20) et le passage qui le précède sont surprenants. Les femmes myrrhophores que nous fêtons se rendent au tombeau, dont la pierre qui le fermait a été déplacée, et qui est vide. « Un jeune homme vêtu d’une robe blanche leur déclare que le Christ est ressuscité », il leur annonce qu’elles pourront le rencontrer en Galilée et leur demande d’avertir les apôtres. « Les femmes s’enfuient loin du tombeau, tremblantes et bouleversées, et ne diront rien à personne, car elles ont peur » – est-il écrit. La version de l’évangéliste Matthieu est plus optimiste, plus rose – « quittant vite le tombeau, avec crainte et grande joie, elles coururent porter la nouvelle aux disciples ». Les deux versions ne sont pas contradictoires. Les femmes myrrhophores sont simplement passées par deux étapes. Elles sont passées de la peur et de l’incrédulité à la joie. Elles ont été plus rapides que les disciples-hommes à retrouver la foi. L’évangéliste Luc rapporte que « les apôtres n’ont pas cru ces femmes. A leurs yeux ces paroles semblaient un délire ».

Le premier dimanche qui suit Pâques est dédié à Thomas dont la tradition a fait l’incarnation de l’incrédulité, pourtant partagée par tous les apôtres et, probablement même par les myrrhophores, dont le premier réflexe a été l’incompréhension et la peur. Il a fallu que le Christ apparaisse plusieurs fois aux apôtres, qu’Il Se laisse toucher, qu’Il mange un morceau de poisson grillé pour dissiper les doutes.

« Parce que tu M’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru » – a dit le Christ à l’apôtre Thomas. Et, un peu avant, dans le même Evangile de Jean, le Christ S’adressant au Père dit : « J’ai manifesté Ton nom aux hommes, que Tu as tirés du monde pour Me les donner – il s’agit des disciples et apôtres, (…)

Comme Tu M’as envoyé dans le monde, Je les envoie dans le monde (…) Je ne prie pas seulement pour eux, mais pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en Moi ». Là, il s’agit de ceux qui ont reçu l’enseignement des apôtres, et de toutes les générations qui ont suivi, jusqu’à nos jours.

Tout cela signifie que les phases de doute sont inévitables, qu’elles sont naturelles – après tout, les apôtres sont tous passés par là. Et ces phases sont d’autant moins évitables pour nous, qui entrons dans la catégorie de ceux qui croient, sans avoir vu … Notre situation est bien plus compliquée que celle des apôtres et des deux ou trois générations qui ont suivi. Actuellement, une foi inébranlable et permanente est un don précieux de Dieu. Rares sont ceux qui ont cette chance, et il ne s’agit pas d’un manque de mérite – des saints ont connu des périodes de doute ou ont traversé des moments plus ou moins longs de sécheresse spirituelle, comme Saint Silouane du Mont Athos. Il n’est donc ni anormal, ni étonnant que nous aussi passions par ces phases.

« Prenez de très bon cœur (…) toutes les épreuves par lesquelles vous passez, sachant que le test auquel votre foi est soumise produit de l’endurance » – écrit l’apôtre Jacques dans son épître. (…) Heureux l’homme qui endure l’épreuve, parce que, une fois testé, il recevra la couronne de vie, promise à ceux qui aiment le Christ. » – ajoute-t-il. Les épreuves peuvent être de tous ordres – des épreuves matérielles, comme celles de Job, du livre de Job, ou des épreuves spirituelles, comme le manque de foi, comme le doute dont nous sommes les victimes.

Le Christ n’en a pas voulu à Ses apôtres et leur a tout pardonné après Sa résurrection. Il est difficile, voire impensable, d’imaginer qu’Il soit plus sévère avec nous quand nous avons parfois du mal à croire, alors que nous, nous n’avons pas vu.

 

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Dimanche des Rameaux 2019

 Nous avons fêté hier la résurrection de Lazare, et allons fêter celle du Christ, dans la nuit de samedi prochain. Celle de Lazare n’a été qu’un sursis, destiné à fortifier la foi des foules qui ont suivi le Christ pendant les deux années et demie de Sa vie publique, ainsi que la foi des disciples et des apôtres. Nous savons que ni la résurrection de Lazare, ni les nombreux miracles opérés par le Christ, ni même Sa Transfiguration, n’ont été suffisants pour conforter la foi des disciples de façon définitive. Ils l’ont perdue non loin de la Croix, qu’ils avaient fuie. Et l’Entrée triomphale du Christ à Jérusalem est triomphale pour de mauvaises raisons. La foule croit accueillir celui qui va bouter les Romains hors de la Palestine.

Pâques est la Fête des Fêtes et est précédée d’un long carême. Toute grande fête demande une grande préparation. Seule la Résurrection du Christ a pu enfin affermir de façon définitive la foi de ceux qui L’avaient d’abord suivi puis abandonné. Sans la Résurrection du Christ, il n’y aurait pas eu de christianisme. Il a fallu que le Christ ressuscite pour que retrouvent la foi ceux qui n’avaient pas compris pour quelle raison le Christ S’était laisser arrêter sans résistance. Il a fallu que le Christ ressuscite, pour que retrouvent ou acquièrent la foi, ceux qui n’avaient pas compris comment Celui qui avait guéri des malades et fait revenir des morts à la vie, n’avait pu éviter l’arrestation et une mort infamante sur la Croix.

Toutes les résurrections et miracles opérés par le Christ n’ont eu des effets qu’à court terme. Sa Résurrection, elle, change tout. C’est à la lumière de cette résurrection que la foi retrouvée des disciples et apôtres sera transmise de génération en génération, jusqu’au petit Boris qui vient d’être baptisé au cours de notre liturgie dominicale. C’est tout un symbole. Le baptême est généralement dispensé dès le plus jeune âge. Cela peut présenter des inconvénients si l’environnement familial et social n’est pas ecclésialisé. Il ne devrait être dispensé qu’aux enfants de familles pratiquantes, et réservé aux adolescents ou aux adultes, pour les autres familles. Le baptême lave l’adulte ou l’enfant de tous ses péchés, même si ce dernier a été incapable d’en commettre. Le baptême, de ce point de vue, est renouvelé à chaque confession et est consolidé par la communion. Ce n’est pas rendre service à un enfant de le baptiser si son baptême n’est pas suivi d’une vie en Eglise. Il y a heureusement des églises orthodoxes à Bordeaux et la communauté qui a accueilli les parents de Boris a fait ce qu’il fallait pour qu’ils se sentent chez eux.

Quand un enfant est trop jeune pour comprendre ce qui se passe, ses répondants, le parrain et la marraine, et ses parents, s’engagent à sa place. Ils s’engagent également à lui assurer une éducation chrétienne. Pour que la semence jetée en terre devienne un arbre et donne des fruits, il faut que se conjuguent les efforts de ceux qui entourent l’enfant avec les efforts personnels de l’enfant, au fur et à mesure de sa croissance physique et spirituelle. Le petit Boris a donc toutes les chances de son côté.

Bienvenue à lui au sein de l’Eglise !

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Résurrection de Lazare 2019   Jean 11, 1-45

A une semaine d’intervalle, l’Eglise fête deux résurrections – aujourd’hui, celle de Lazare, puis celle du Christ, dans la nuit de samedi prochain. Les deux résurrections sont très différentes – pour Lazare, il ne s’agit d’ailleurs que d’un sursis. Evêque, il mourra une seconde fois, comme tout le monde, trente ans plus tard, à Chypre.

La résurrection de Lazare n’a donc qu’une importance relative ; celle du Christ est, en revanche, fondatrice. « Sans la résurrection du Christ, notre foi serait vaine » – a affirmé l’apôtre Paul, à juste titre, dans sa 1-ère épître aux Corinthiens. Le Christ, ne S’était pas déplacé pour guérir Son ami Lazare. Il n’est pas intervenu pour éviter sa mort. Il avait, en quelque sorte, programmé sa résurrection pour conforter la foi des apôtres et des disciples au sens large, et éventuellement la foi de la foule qui L’avait suivi pendant un peu plus de deux ans. L’évangéliste Jean mentionne trois Pâques dans son récit de la vie publique du Christ, qui se serait donc étalée sur deux ans et demie.

Une résurrection est un miracle spectaculaire. Mais si plusieurs personnes avaient déjà été ramenées à la vie par le Christ, alors qu’elles venaient de mourir, ici, la résurrection intervient quatre jours après la mort de Lazare. Marthe et Marie reprochent au Christ, séparément, mais avec les mêmes mots, de ne pas être venu plus tôt, de ne pas avoir guéri leur frère, quand c’était encore possible. Aux apôtres qui, comme d’habitude, ne comprennent pas trop ce qui se passe, et encore moins la raison pour laquelle le Christ n’est pas intervenu avant, le Christ répond que « cette mort et cette résurrection se sont produites afin qu’ils croient », afin qu’ils aient la foi.

Nous savons, cependant, que la Transfiguration du Christ et Ses nombreux miracles, dont celui que nous fêtons aujourd’hui, n’ont pas été suffisants pour conforter la foi des apôtres de façon définitive. Ils l’ont perdue non loin de la Croix, qu’ils avaient fuie, ou à son pied, en ce qui concerne l’apôtre Jean. Et aux incrédules, l’on peut ajouter Judas, qui s’est suicidé non seulement parce qu’il était pris de remords, mais peut-être aussi parce qu’il avait mis toute sa confiance en un Christ chef politique, tout comme la foule qui L’avait accueilli triomphalement à Jérusalem, avec des rameaux. Elle n’avait pas compris pour quelle raison Il S’était laisser arrêter sans résistance, sans faire appel aux disciples et apôtres pour Le défendre. Lui qui avait guéri des malades et fait revenir des morts à la vie, n’avait rien fait pour éviter l’arrestation et le supplice de la Croix. L’argument est d’une logique humaine imparable et est donc recevable – à leur place, nous n’aurions pas fait mieux.

Toutes les résurrections et miracles opérés par le Christ n’ont donc affermi la foi de leurs témoins qu’à court terme. La seconde Résurrection, celle que nous allons fêter à Pâques, change tout. C’est à la lumière de cette résurrection que disciples et apôtres vont retrouver la foi qui sera transmise de génération en génération, jusqu’au petit Boris qui – beau symbole, sera baptisé demain, au cours de notre liturgie dominicale.

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4-ème dimanche de carême 2019 Mc 9, 17-31

Le Christ, à qui un homme se plaint de ce que les apôtres n’ont pu guérir son fils, traite l’homme en question, ainsi que la foule qui l’entoure et les apôtres, de « génération incrédule ». Et, ensuite, dans le dialogue avec le père de l’enfant, Il ajoute que « tout est possible à celui qui croit », à celui qui a la foi. En ces temps troubles, et pas seulement dans la vie des Eglises, nous pouvons, par manque de foi, être découragés et être tentés de baisser les bras, succombant à l’esprit d’abattement, dont il est question dans la prière de Saint Ephrem.

Je voudrais partager avec vous une analyse, faite en 1979 par le Métropolite Georges Khodr du Liban dans son livre autobiographique « Et si je disais les chemins de l’enfance », où il s’adresse aux lecteurs par le biais d’un ami imaginaire, dont il évoque le parcours spirituel. Plutôt que de faire de la paraphrase, je préfère vous livrer quelques extraits de ce livre qui sont d’une actualité brûlante.

« Nulle part, l’homme ne reçoit autant de blessures que dans l’Eglise. Dans la société, l’homme s’attend à être meurtri. Mais l’Eglise n’est-elle pas censée être meilleure que la société ? En fait, les deux souffrent des mêmes maux. Je ne pense pas que les blessures reçues dans l’Eglise puissent jamais se cicatriser. Pourtant c’est dans l’Eglise que nous recevons l’Evangile vivant. (…) Nous n’avons pas d’autre choix que de rester dans l’Eglise des pécheurs ; notre croix consiste à accepter les autres comme ils sont. Nous demeurerons dans l’Eglise parce que c’est là seulement que se trouvent le corps et le sang de notre Seigneur et Maître. Sans eux, il n’y a aucune vie en nous. Nous devons rester dans l’Eglise (…), car nous sommes dans l’attente d’un miracle qui nous transformerait. (…) Bien que porté au baptême par ses parents, l’homme devient rarement pleinement chrétien. (…) Pour beaucoup, le baptême se limite à une immersion dans l’eau. Tant de chrétiens, prêtres et évêques compris, restent insensibles au souffle de l’Esprit. (…) Mon ami s’attendait aux pires abominations, comme aux choses les plus futiles de la part des pasteurs et de leurs ouailles. (…) Il finit par considérer que le diable semblait prendre un malin plaisir à se venger de l’Eglise par le contrôle de ses chefs, qu’il dotait d’une autosatisfaction imperméable à toute critique, celle-ci étant aussitôt qualifiée de tendancieuse. Paradoxalement, son analyse de la triste réalité de la vie ecclésiastique, renforçait mon ami dans sa conviction que l’Eglise est le lieu du salut et que le Christ y trouve toujours un endroit où poser Sa tête. Car c’est en elle seule que la mort n’a plus de prise sur nous, que les consolations divines nous sont prodiguées en abondance ». (extraits des pages 78 à 80)

La vision de Mgr Georges Khodr, évoquée il y a maintenant 40 ans, peut sembler pessimiste, même si elle est réaliste. Cette vision reste actuelle. N’oublions pas, cependant, que les crises, plus ou moins importantes, y compris au sein de l’Eglise, font jaillir des saints et des personnalités hors du commun, comme notre archevêque, qui permettent de garder espoir et de consolider notre foi, si souvent chancelante. Rappelons que les persécutions subies par l’Eglise russe, dans le but de la détruire complètement, l’ont, au contraire, sauvée par le nombre impressionnant de ses saints martyrs. La crise que nous traversons actuellement sera-t-elle assez grave pour nous sauver ?

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Annonciation 2019

 Le Nouvel an liturgique a été fixé au 1-er septembre par les Pères du 1-er Concile œcuménique en 325. Personne n’ayant la moindre idée de la date de la Création du monde, il a bien fallu trouver un critère pour fixer la date du nouvel an ecclésial. Les historiens avancent deux raisons à ce choix. La première n’a rien de poétique – le nouvel an fiscal était fixé au 1-er septembre dans l’Empire byzantin. La seconde fait coïncider le nouvel an ecclésial avec la victoire de l’empereur Constantin sur Maxence, son rival romain, suivie de l’Edit de Milan, qui a mis fin aux persécutions des chrétiens et leur a accordé la liberté. Il aurait, sans doute, été tout aussi pertinent et même plus logique de faire partir l’année liturgique du jour où nous fêtons l’Annonciation, point de départ de l’incarnation du Dieu fait homme, qui selon les lois de la nature, sera suivie de la Nativité, neuf mois plus tard. La conception a été divine, la naissance – humaine.

L’homme a été créé par Dieu, en tant que co-créateur. Le premier homme était censé parfaire la Création, en coopération avec Dieu. La coopération a été sabotée par Adam, avec les conséquences que l’on sait – la mortalité, les maladies physiques et spirituelles, la propension à pécher, alors que l’homme était censé avancer sur la voie de la perfection et vivre éternellement. Dieu nous a donné une nouvelle chance en faisant naître le Christ d’une mère qui ne se distinguait des autres femmes que par ses qualités, certes hors du commun, mais humaines. La Mère de Dieu n’est pas une quatrième personne divine, mais un être aussi proche que possible de la perfection, malgré sa faiblesse toute humaine. La coopération entre Dieu et l’homme, pour le sauvetage de l’humanité déchue, s’est donc poursuivie, entre autres, par l’intermédiaire d’une toute jeune femme d’exception et de son futur époux. Dans les Evangiles il est question de l’Annonce faite à Marie par l’Ange Gabriel, rapportée dans l’Evangile de Luc, mais aussi de l’annonce faite à Joseph, rapportée dans l’Evangile de Matthieu, quand un Ange lui apparaît en songe et lui demande de ne pas répudier sa fiancée, enceinte de l’Esprit, alors qu’il est rongé par le doute et pense répudier Marie.

Le concept de « Sainte famille », est répandu en Occident, mais n’a pas cours au sein de l’Eglise orthodoxe. En revanche, Saint Joseph est vénéré pour son humilité, son obéissance à l’Esprit, sa fidélité, et sa foi qui lui a permis de surmonter ses doutes. Cette profonde humilité est un trait commun à la Mère de Dieu et à son époux. Les Evangiles ne les évoquent que très peu. Les textes des offices ne mentionnent que rarement saint Joseph, et les offices des fêtes mariales se fondent presque exclusivement sur les Evangiles apocryphes, de la tradition orale, dont la canonicité n’a pas été retenue par l’Eglise. Le rôle discret, mais primordial de la Mère de Dieu et de Joseph rappelle que l’humilité est une des conditions essentielles à l’accueil du Christ. C’est pour cette raison que les Pères de l’Eglise placent l’orgueil au premier rang des passions contre lesquelles tout être humain doit lutter et l’humilité au premier rang des vertus.

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