18-ème dimanche après la Pentecôte 2 Co 9, 6-11 Lc 5, 1-11 1 Co 16, 13-24 Mt 24, 42-47

         La lecture de l’apôtre d’aujourd’hui peut être reçue à deux niveaux. Chacun d’entre eux est source d’enseignement. Le premier niveau est historique, le second est hors du temps.

         Nous avons tendance à idéaliser le temps des premiers chrétiens, et généralement le passé – tout aurait été mieux avant. Les relations entre l’apôtre Paul et les chrétiens de Corinthe rompent cette image idyllique. En plus des problèmes de personnes et des accusations portées contre lui, Saint Paul appelle les chrétiens de la communauté de Corinthe a suivre l’exemple des Eglises de Macédoine, qui malgré leur pauvreté ont apporté une aide, au-delà de leurs moyens, pour venir au secours de la communauté de Jérusalem. Les chrétiens de Corinthe faisant preuve de moins de générosité se voient incités à fournir des efforts. L’aide matérielle apportée par des communautés aisées, et encore plus par des églises aux moyens plus modestes, à des communautés moins bien loties doit servir d’exemple pour que les témoins de cette générosité louent Dieu. Cette aide matérielle était aussi un moyen de montrer aux chrétiens disséminés dans le monde qu’ils faisaient partie à la fois d’une Eglise locale, mais aussi de l’Eglise universelle, dont chacune des composantes a des devoirs envers les autres.

         L’apôtre Paul met l’accent sur l’aspect matériel de la pratique de l’amour du prochain, sur le partage des richesses quand on dispose soi-même du nécessaire. Il met l’accent sur les œuvres, dans un faux conflit entre les œuvres et la foi en réalité indissociables.

             Nous sommes appelés à aimer Dieu et notre prochain, c’est-à-dire à leur accorder la priorité, alors que nous avons tendance à nous accorder cette priorité. Dans le Décalogue, deux commandements se complètent – nous devons aimer d’abord Dieu, puis notre prochain comme nous-mêmes. C’est l’idéal. L’évangéliste Jean, conscient de notre faiblesse et de nos insuffisances, inverse les priorités, d’une certaine façon, dans sa première épître. « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas ». « Celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère » – écrit-il. Nous ne pouvons prétendre aimer Dieu si nous n’accordons pas la priorité à notre prochain. Commençons donc par aimer notre prochain. Et si nous aimons notre prochain, mais ignorons Dieu – de notre point de vue de chrétiens, il manquera l’essentiel. Cela pourrait sembler être une forme de condamnation des athées et des agnostiques. Pour que nous ne succombions pas à cette tentation, l’apôtre Paul affirme dans son épître aux Romains que si des païens se comportent comme les chrétiens devraient le faire, ils seront justifiés. Cela remet les choses à leur place et devrait nous inciter à faire notre examen de conscience.

              Pour ce qui est du second niveau de lecture de l’épître d’aujourd’hui, celui qui est hors du temps, nous sommes appelés à faire preuve de générosité à l’égard de notre prochain et, pas seulement à l’égard des chrétiens. Notre prochain, c’est celui qui a besoin de nous sur les plans matériel, humain ou même spirituel, même si cette aide vient troubler notre confort dans ces trois domaines. « Toute grâce et tout don parfait viennent d’en-haut, du Père des lumières » est-il dit dans la prière devant l’ambon, à la fin de la liturgie. La phrase est reprise du premier chapitre de l’épître de l’apôtre Jacques qui parle de « tout don de valeur et tout cadeau parfait ».

           L’apôtre Paul est très explicite – « que chacun donne selon la décision de son cœur, sans chagrin, ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie ». L’on peut donner son temps, son amour et partager ses biens matériels et intellectuels. Tout est dit.

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Saint-Prix le 7 octobre

         Par le biais du calendrier liturgique, l’Eglise propose des lectures systématiques du Nouveau testament – des extraits des Evangiles, des Actes des apôtres et des épîtres pour chaque jour de l’année. La lecture de la deuxième épître de Saint Paul aux Corinthiens a commencé le 2 août, et s’est étalée sur deux mois, avec la lecture d’extraits intercalés d’autres épîtres. Elle s’achève aujourd’hui.

         Cette seconde épître de Saint Paul aux Corinthiens détruit plusieurs idées fausses, plusieurs mythes. Nous avons tous, ou presque tous, tendance à idéaliser le passé. L’un de ces mythes est que les premiers chrétiens étaient proches de la perfection et qu’ils étaient bien meilleurs que nous. Certains l’étaient, mais il serait plus juste de dire que dans leur grande majorité, ils n’étaient ni meilleurs, ni pires que nous. Contrairement aux sciences qui évoluent et ne cessent de progresser, la spiritualité, elle, est à conquérir par chacun, et rien n’est jamais acquis définitivement. Chacun part de zéro, les premiers chrétiens, comme nous. L’expérience de ceux qui nous ont précédés peut nous aider, mais ne peut remplacer nos efforts.

            Les Corinthiens sont entrés en conflit avec l’apôtre Paul pour des questions de personnes, nous dirions des problèmes d’ego. Certains d’entre eux sont allés jusqu’à contester la légitimité de celui qui avait pourtant fondé leur communauté. Ils l’ont blessé et humilié. L’apôtre essaie de rétablir une relation de confiance mutuelle. De plus, alors qu’ils avaient été invités à participer à la collecte de fonds pour la communauté de Jérusalem, confrontée à d’importants problèmes matériels, les Corinthiens n’ont pas suivi l’exemple des chrétiens de Macédoine qui, eux, se sont montrés très généreux, malgré leur pauvreté. L’on est loin de l’image idyllique que l’on se fait des premiers chrétiens.

          L’autre mythe que détruit l’apôtre Paul est celui de la sainteté synonyme de perfection dans l’acception moderne du mot. Les chrétiens de la mouvance protestante refusent la notion de sainteté, qui dans la langue courante est quasiment assimilée à la perfection, alors qu’aux premiers temps du christianisme, le mot « saint » désignait tout chrétien, puisque ce mot signifie à l’origine « qui appartient à Dieu ». Dans l’extrait de l’épître lu aujourd’hui, Saint Paul évoque sa conversion survenue sur le chemin de Damas, quand dans une lumière éblouissante, le Christ S’est manifesté à lui et lui a fait des révélations. Cet événement est rapporté aussi par l’évangéliste Luc dans les Actes des apôtres. 14 ans après sa conversion, l’apôtre Paul revendique sa légitimité en rappelant aux Corinthiens d’où il tient cette légitimité, mais il n’en tire aucune gloire. Ces révélations lui ont été faites malgré son imperfection : conscient de cette imperfection, il a demandé au Christ de le protéger des assauts des forces du Malin. Il lui a été répondu que « cette écharde dans sa chair », c’est-à-dire la faiblesse spirituelle dont il était victime, cette faiblesse était tolérée par le Christ pour éviter à l’apôtre de succomber à la tentation de l’orgueil. Un saint n’est jamais parfait, même s’il est plus proche de la perfection que nous ne le sommes. Dans le Notre Père, nous demandons à Dieu de ne pas nous laisser succomber à la tentation. En fait, nous demandons Son soutien pour réussir à résister à la tentation. Si Dieu nous évitait toute tentation, ou nous empêchait d’y succomber, notre liberté de choix ne serait pas respectée. Or Dieu nous laisse libres.

         L’apôtre Paul a peur de lui-même, il a peur de succomber à on ne sait quelle tentation, mais il lui est répondu aussi que la grâce de Dieu est suffisante pour compenser la faiblesse de Paul et l’empêcher de sombrer dans l’orgueil. L’apôtre conclut que c’est lorsqu’il est faible qu’il est fort, parce qu’il est soutenu par la grâce, qui lui est d’autant plus accordée, qu’il est humble. Nous aussi sommes faibles, ayons une foi suffisante en la grâce. Saint Isaac le Syrien ne dit rien d’autre quand il affirme que toutes nos fautes, toutes nos transgressions ne sont qu’une poignée de sable jetée dans l’océan de la miséricorde de Dieu. Mais cela ne doit jamais être un prétexte pour cesser de fournir des efforts.

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Liturgie intégrant un baptême – 23 septembre 2018

Nous venons de baptiser Alexis.Les vêtements liturgiques sont donc aujourd’hui de couleur blanche en raison du baptême. Ils sont aussi de couleur blanche à Noël, à la Théophanie, à l’Ascension et la Transfiguration, car le blanc symbolise la lumière Divine qui sanctifie, purifie et transfigure la Création. Le blanc est aussi la couleur de l’office des funérailles, parce que le défunt passe dans un monde meilleur et c’est aussi la couleur des matines de Pâques, rappelant la lumière émanant du Tombeau vide.

Il était impensable que ce baptême soit célébré hors d’une liturgie. Le baptême intégré à la liturgie devrait être la règle. Un baptême – office privé, est une dérive et une concession. Nous le pratiquons pour des familles qui sont peu ou pas du tout ecclésialisées, avec l’espoir qu’elles évolueront et retrouveront ou trouveront le chemin de l’Eglise. Mais ce sacrement n’est pas seulement l’affaire d’une famille élargie aux amis, c’est l’affaire d’une communauté qui accueille le nouveau baptisé.

Le choix de baptiser un enfant est sérieux, c’est à la fois un engagement et une adhésion. Le baptême fait entrer celui qui est baptisé dans l’Eglise et quand l’enfant est trop jeune pour comprendre ce qui se passe, ses répondants, le parrain et la marraine, et ses parents s’engagent à sa place. Ils s’engagent également à lui assurer une éducation chrétienne.

Le futur baptisé est partiellement déshabillé, pour symboliser le dépouillement de la vie passée, même courte pour un bébé. Le célébrant exorcise le catéchumène et chasse les forces du Malin – «  qui se cachent et se tapissent dans son cœur ». Celui qui va être baptisé renonce à Satan, personnellement, ou par la bouche d’un de ses répondants, s’il est trop jeune, et il adhère à la foi en prononçant les paroles du credo, du symbole de la foi.

La triple immersion symbolise la mort de l’homme ancien et sa résurrection en un être nouveau. Une signification supplémentaire est proposée par le p. Marc-Antoine de la métropole roumaine en France : « la triple et totale immersion dans l’eau baptismale signifie (aussi) la totale immersion dans la Parole de Dieu. L’on chante – « vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ ». Le Christ est le Verbe incarné, c’est-à-dire la Parole et la pensée du Père. Le fait d’avoir été immergé en Christ et de L’avoir revêtu donne accès à la chrismation, à la réception de l’Esprit ». Saint Séraphin de Sarov nous a enseigné que le but de la vie du chrétien était l’acquisition de l’Esprit. Mais cette acquisition est conditionnée par notre imprégnation par la Parole, par la communion aux Saintes Espèces et par les œuvres de notre foi. Et sans l’amour du prochain l’acquisition de l’Esprit est impossible.

L’imprégnation par la Parole suppose, une lecture régulière des Ecritures qui ne doit pas être qu’intellectuelle. Pour un petit enfant, la lecture est remplacée par les offices qui sont des leçons de théologie et par la vie de paroisse. L’imprégnation a un un impact sur notre vie. La communion complète l’imprégnation « intellectuelle » par l’imprégnation physique.

 Le baptême lave provisoirement l’adulte de tous ses péchés. A lui de renouveler cette pureté retrouvée à chaque confession des péchés et de la consolider par la communion. L’enfant, lui, est appelé à faire de même à partir du moment où il comprend ce qu’est un péché et a pris conscience de son état de pécheur. Il est, en attendant, admis à la communion.

Ce n’est pas rendre service à un enfant de le baptiser, si son baptême n’est pas suivi de son ecclésialisation, de sa vie en Eglise. Le baptême est une première étape. Il est suivi de nombreuses autres étapes. Il n’a pas d’effet magique, ses effets positifs ne sont acquis que s’ils sont vraiment acceptés par le baptisé et confortés par une recherche permanente de la perfection, même si nous savons qu’elle ne sera jamais atteinte. Chaque baptême dont nous sommes les témoins nous concerne. Il nous replace face à nos propres obligations et nous incite à faire un examen de conscience quant aux engagements pris lors de notre baptême.

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Liturgie de rentrée, Saint-Prix, le 16-09-2018

Nous allons célébrer, tout à l’heure, les vêpres de la Création qui auraient dû être célébrées le vendredi 31 août au soir, puisque le 1-er septembre est le Nouvel an ecclésial et également la fête de la Création, instituée en 1989 par le Patriarche Dimitrios de Constantinople. Le principe de cette fête a été adopté par l’ensemble des Eglises orthodoxes au cours d’une synaxe, c’est-à-dire d’une assemblée des primats de toutes les Eglises orthodoxes, qui s’est tenue du 10 au 12 octobre 2008 au siège du Patriarcat Œcuménique à Istanbul.

Les motivations de cette initiative ont été développées par le Patriarche Dimitrios dans son message sur la journée de protection de l’environnement, en date du 1-er septembre 1989, dont voici le texte résumé :

« (Le Patriarchat œcuménique), gardien et témoin de l’esprit séculaire de la tradition patristique, et interprète fidèle de l’expérience eucharistique et liturgique de l’Église orthodoxe, suit avec une grande angoisse la destruction brutale et impitoyable, menée de nos jours par l’homme, de son environnement naturel, avec des conséquences très dangereuses pour la survie du monde créé par Dieu.

Cet emploi abusif par l’homme contemporain de sa position privilégiée dans la création et du commandement que Dieu lui a donné de «dominer la terre» (Genèse 1,28) a déjà mené le monde au bord de l’autodestruction apocalyptique,
 soit sous forme de pollution de la nature, dangereuse pour tous les êtres vivants, soit comme extermination d’un grand nombre d’espèces animales et végétales. (…) Des hommes de science, et d’autres serviteurs de l’esprit, actionnent déjà le signal d’alarme et évoquent des phénomènes qui menacent la vie de notre planète, tel « l’effet de serre », dont on a déjà constaté les signes avant-coureurs.

Face à une telle situation, l’Église du Christ ne peut rester indifférente. C’est un dogme fondamental de notre foi que le monde a été créé par Dieu le Père, confessé dans le credo de notre foi comme « Créateur du ciel et de la terre, de toutes choses visibles et invisibles ». L’homme, selon les pères de l’Église, est le prince de la création, jouissant du privilège de la liberté. Il participe du monde matériel et du monde spirituel. Comme tel, il a été créé dans le but d’élever la création vers son Créateur afin qu’elle puisse être sauvée de l’anéantissement et de la mort.

Cette noble destinée de l’homme a été accomplie, après l’échec et la chute du premier Adam, par le «dernier Adam», le Fils et Verbe de Dieu devenu homme, notre Seigneur Jésus-Christ, qui a uni en Sa personne le monde créé et le Dieu incréé et qui continue de le faire en présentant au Père le monde, telle une éternelle offrande eucharistique. A chaque divine liturgie, l’Église perpétue cette offrande sous forme 
de pain et de vin, éléments de la création matérielle. Et, de cette manière, elle manifeste continuellement que l’homme n’est pas destiné à dominer le créé comme s’il en était le propriétaire, mais à agir comme une sorte de prêtre et de gérant de la création, la cultivant dans l’amour et l’offrant avec gratitude, respect, voire « peur et tremblement » à son Créateur.

Malheureusement, de nos jours, l’homme, agissant sous l’influence d’un rationalisme extrême et d’une poursuite sans limites de son bonheur terrestre, a perdu le sens de la dimension sacrée de la création, se comportant comme un maître autoritaire et grossier. A la place de l’esprit eucharistique et ascétique dont l’Église orthodoxe a nourri ses enfants au cours des siècles, on constate aujourd’hui un véritable
 viol de la nature dans le but de satisfaire, non pas les besoins élémentaires de l’homme, mais une chaîne sans fin, se prolongeant à l’infini, d’appétits et de désirs, encouragés par la philosophie dominante de la société de consommation.

Mais la création «gémit et souffre» (Romains 8,22) et commence déjà à protester contre cette manière d’être traitée par l’homme, qui ne peut éternellement et au gré de son bon plaisir, exploiter les sources d’énergie naturelles. Le prix de son orgueil sera son autodestruction, si la situation actuelle se perpétue.

A l’écoute de l’angoisse de l’homme contemporain, considérant une situation qui engage profondément notre devoir et notre responsabilité spirituelle et paternelle, nous avons pris la décision, en union avec le Saint-Synode qui nous entoure, de déclarer le 1er septembre de chaque année – jour où nous fêtons le début de l’année ecclésiale et où des vœux et des prières s’élèvent vers le Créateur du monde en ce saint centre de l’orthodoxie – comme journée de la protection de l’environnement naturel.

Nous invitons donc par le présent message patriarcal tout le monde orthodoxe et chrétien à élever chaque année, en ce jour, en communion avec la sainte Église mère, (…), des prières au Créateur du monde, prières de remerciement pour le grand don du monde créé, prières de supplication pour sa protection et pour son salut. Et nous encourageons en même temps paternellement les fidèles à travers le monde à respecter eux-mêmes et à enjoindre leurs enfants à respecter et sauvegarder l’environnement naturel, et encourageons les dirigeants des peuples, qui ont la responsabilité de les gouverner, à appliquer sans tarder toutes les mesures qui s’imposent pour protéger et sauver la création.

En demandant au Seigneur tout ce qu’il y a de meilleur pour ce monde, nous accordons de tout cœur à tous, ceux qui sont en notre voisinage immédiat et ceux qui vivent loin de nous, notre bénédiction patriarcale et paternelle.

Au Phanar, le 1er septembre 1989

+ Dimitrios, Archevêque de Constantinople »

            Cet appel du Patriarche Dimitrios, a été entendu par son successeur, le Patriarche Bartholomée et le Pape François, qui ont fait des déclarations conjointes allant dans le même sens. Actuellement c’est toute la chrétienté qui a adhéré à ce mouvement et nous avons célébré hier, pour la troisième fois des vêpres de la Création en la cathédrale de Troyes, à la demande de l’évêque catholique, Monseigneur Marc Stenger, en présence de son clergé et de la femme pasteur, en charge de la communauté réformée de Troyes.

            Il est très bien de prier, d’abord pour remercier Dieu, ensuite pour Lui demander de nous aider à préserver la Terre que nous avons reçue en don. Mais à nous de prendre ensuite nos responsabilités.

(Texte du message du Patriarche Dimitrios, publié par la Conférence des Eglises européennes en 2006, avec quelques corrections.)

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Vêpres du samedi 15 décembre annulées

Les vêpres du samedi 15 décembre sont annulées en raison de la réunion extraordinaire du clergé de notre Archevêché, consacrée aux conséquences de la dissolution de notre Exarchat. Une liturgie sera célébrée à 8H00 en la paroisse Saint Serge. La réunion qui la suivra doit s’achever vers 16h00, mais elle s’achevera sans doute plus tard. La liturgie de dimanche est évidemment maintenue.

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Calendrier des séances de catéchèse pour les enfants. Закон Божий для детей (на французском языке)

Les samedis 1-er décembre, 12 janvier, 2 février, 9 mars, 6 avril et 11 mai. Inscription préalable auprès d’Olga Bepoldin : 06 62 14 60 28

В субботы 1-ого декабря, 12-ого янвяря, 2-ого февраля, 9-ого марта, 6-ого апреля и 11-ого мая. Предварительная запись у Ольги Bepoldin : 06 62 14 60 28

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Liturgie du dimanche 29 Juillet 2018

           Les Evangiles soufflent le chaud et le froid. De nombreuses citations mettent l’accent sur la difficulté d’entrer au Royaume – la plus connue est la comparaison de l’entrée au Royaume avec le passage d’un chameau par le chas d’une aiguille. L’interprétation littérale indique, qu’un miracle mis à part, c’est absolument impossible – et il ne nous reste plus qu’à compter sur la seule miséricorde divine. L’interprétation « géographique », d’après laquelle le « Chas d’une aiguille » serait le nom d’une porte d’entrée, très basse, à Jérusalem, que les chameaux devaient franchir à genoux, cette interprétation met l’accent sur la difficulté de l’opération, mais la rend tout de même possible.

         Les deux textes du jour, l’apôtre et l’Evangile, offrent des raisons d’espérer. Comme l’apôtre Pierre, nous manquons de foi. Et malgré son manque de foi, Pierre est sauvé de la noyade par le Christ, qui se contente d’une réprimande. Si nous supplions Dieu de nous sauver, comme Pierre l’a fait, nous pouvons être sauvés, comme lui, l’homme de peu de foi. Saint Paul, plus connu pour sa sévérité que pour un éventuel laxisme, va dans le même sens. Au jour du jugement, « chacun recevra son salaire à la mesure de son propre travail » – écrit-il, dans sa 1-ère épître aux Corinthiens, juste une ligne avant le début de l’extrait lu aujourd’hui. Un peu plus loin, il affirme que  » Le jour du jugement, (…) celui dont l’œuvre subsistera, recevra un salaire, celui dont l’œuvre sera consumée (par le feu) en sera privé; lui-même sera sauvé, mais comme on l’est à travers le feu ». Que veut dire exactement l’apôtre ? C’est loin d’être clair – une partie des Occidentaux l’a interprété comme une allusion à ce qu’ils ont appelé le purgatoire. Nous ne les avons pas suivis sur cette voie. Nous n’obtiendrons de vraie réponse que dans l’au-delà.

          Ce dont nous sommes certains, c’est que chaque être humain, même le plus mauvais selon nos critères, est aimé de Dieu. Nous savons également que si le Christ-homme avait Ses préférences – Il aimait Jean plus que les autres, Il n’en aimait pas moins les autres. Et l’apôtre Pierre a été sauvé malgré toutes ses petites et grandes trahisons. Le bon larron a été sauvé, lui aussi, malgré son passé de brigand. Nous pouvons donc, nous aussi espérer en la compassion et la mansuétude divines pour compenser notre imperfection. Saint Isaac le Syrien abonde dans ce sens : « Nos innombrables péchés seraient comme une poignée de sable, jetée dans l’océan de la mansuétude de Dieu » – a-t-il écrit. Et il se mettait lui-même dans la catégorie des pécheurs. Que cela nous rassure, mais ne nous dispense pas de fournir des efforts permanents, comme si notre salut dépendait exclusivement de nous.

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Liturgie non prévue dans le calendrier des offices

Samedi 28 juillet: pannykhida du 9-ème jour après la naissance au Ciel de notre paroissienne et amie Isabelle Forty à 17h30, vêpres à 18h00.

Dimanche 29 juillet: liturgie à 10h00.

 

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Notre paroissienne et amie Isabelle Forty est née au Ciel le jeudi 19 juillet. Une première pannykhida a été célébrée auprès d’elle, une seconde en notre chapelle le samedi 21 juillet. La pannykhida du 9-ème jour sera célébrée le samedi 28 juillet à 17h30 à Saint-Prix, juste avant les vêpres.

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Nativité de Saint Jean Baptiste

            Nous fêtons aujourd’hui la Nativité de Saint Jean-Baptiste. L’appellation « Nativité » est réservée au Christ, à Sa Mère et à Saint Jean-le-Précurseur, celui qui a fait la jonction entre l’Ancien et le Nouveau testaments, celui qui a préparé ceux qui venaient se faire baptiser par lui dans le Jourdain à recevoir le Messie, annoncé par les prophètes.

            Saint Jean-Baptiste, l’oncle de Marie, la Mère du Christ, a institué « le baptême de conversion, demandant au peuple de croire en Celui qui viendrait après lui » – écrit Saint Luc dans les Actes des apôtres (Ac. 19, 4). C’est dans les Evangiles de Luc et de Jean que les informations sur Jean-Baptiste sont les plus complètes. Il est question de lui dès les premiers versets du premier chapitre de l’Evangile de Jean qui est lu la nuit de Pâques : « Il y eut un homme, envoyé de Dieu : son nom était Jean. Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient en Lui. Il n’était pas la lumière, mais il devait rendre témoignage à la Lumière ». Quelques versets plus loin, l’évangéliste cite Jean le Précurseur : « voici Celui dont j’ai dit – après moi vient un homme qui m’a devancé, parce qu’avant moi, Il était ». Cela signifie que le Christ, en tant que Fils de Dieu, était préexistant, qu’Il était « Celui qui est » avant la Création, de toute éternité, et donc avant que Jean ne vienne au monde. Mais en tant que Dieu fait homme, Il est apparu sur Terre, Il est né après Jean. Et la vie publique du Christ a commencé après celle de Jean.

            Il est aussi écrit au chapitre 3 de l’Evangile de l’apôtre Jean qu’avant que le Baptiste ne soit jeté en prison et exécuté sur ordre du roi Hérode, il continuait de baptiser en même temps que le Christ, dans la vallée du Jourdain ».

          Le judaïsme avait et a toujours recours aux ablutions rituelles. Pour les Juifs, comme pour nous, l’eau a une action purificatrice. Le baptême institué par Jean était précédé d’une confession des péchés, et suivi d’une conversion, devant préparer ces baptisés de l’Ancien testament à accueillir le Christ. « Convertissez-vous, car le Règne de Dieu s’est approché – proclamait Jean-Baptiste – (…) moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion ; mais celui qui vient après moi est plus fort que moi, (…) Il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ». Ces paroles étaient trop mystérieuses pour être comprises immédiatement.

          La conversion proposée par Jean, comme celle demandée par le Christ restent d’actualité. Les recommandations faites par Saint Paul dans les lectures d’aujourd’hui reprennent celles que nous entendons juste avant le début du Grand-carême. Saint Paul exhorte les chrétiens de la communauté de Rome à devenir « des esclaves de la justice, maintenant qu’ils se sont libérés du péché ». L’expression « esclaves de la justice » serait avantageusement remplacée de nos jours par « serviteurs » de la justice ». En Eglise, quand on nomme quelqu’un au cours d’un office, l’on dit le serviteur de Dieu ou la servante de Dieu, et suit le prénom. Le mot esclave a une connotation péjorative – l’on est esclave du péché, mais l’on essaie d’être serviteur de Dieu. Lorsque nous péchons, lorsque nous n’accordons pas la priorité à Dieu, nous servons les forces du Malin dont nous devenons inconsciemment les esclaves.

          Dans l’extrait de l’épître aux Romains lu aujourd’hui, Saint Paul indique la marche à suivre pour  « rejeter les œuvres des ténèbres et revêtir les armes de la lumière ». Il faut « se conduire honnêtement, comme en plein jour, sans ripailles ni beuveries, sans débauches, querelles et jalousies ». Faisons donc notre possible pour accorder la priorité à Dieu. Profitons de la pause estivale pour réfléchir à nos priorités et privilégier le spirituel par rapport au matériel. Exerçons nous à faire de notre prochain, et donc de Dieu, le centre de nos préoccupations.

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