Calendrier définitif des offices jusqu’en juin 2019

Les modifications et ajouts sont en rouge. Sauf mention contraire, vêpres le samedi soir, et liturgie le dimanche, aux dates indiquées.

Mars :

samedi 9, dimanche 10 : liturgie, suivie d’agapes modestes, puis des vêpres du Pardon.

jeudi 14 : lecture du canon de Saint André (19h00)

samedi 23 mars : Vigiles de l’Annonciation ( l’office de l’onction des malades, initialement prévu, est reporté au samedi 6 mars)  dimanche 24 : liturgie de la Fête

Avril :

samedi 6 :  office de l’onction des malades à 18h00, dimanche 7 : liturgie

mercredi 10 à 18h30 : lecture du canon de Saint André de Crête

samedi 20 : liturgie de Lazare (10h00), vigiles des Rameaux (18h00),

dimanche 21 : dimanche des Rameaux (10h00)

jeudi 25 : offices du Jeudi saint (19h00)

vendredi 26 : offices du Vendredi saint (19h00)

samedi 27 : matines et liturgie de Pâques (20h30)

Mai :

samedi 11, dimanche 12

samedi 25, dimanche 26

Juin :

mercredi 5 : vêpres et liturgie de l’Ascension (18h30)

samedi 15 : vigiles,  dimanche 16 :  Pentecôte

samedi 29,  dimanche 30 : liturgie de clôture, suivie d’agapes.

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Dimanche du Pardon 2019   St Prix / Troyes Mt 6, 14-21

 Nous sommes arrivés à la fin de la période de préparation au carême. Les Evangiles des dimanches de Zachée, puis ceux des trois dimanches suivants et celui d’aujourd’hui, établissent une sorte de feuille de route pour le Grand carême qui commence ce soir. Pendant les semaines à venir de préparation à la fête de Pâques, l’Eglise nous appelle à mener la vie que nous devrions mener toute l’année, ce qui demanderait des efforts permanents. L’Eglise tient compte de notre faiblesse. C’est pour cette raison que les périodes de jeûne sont réparties sur toute l’année et chacune d’elles est suivie d’une période de semi-repos spirituel – « semi », car des efforts sont cependant toujours nécessaires.

Sans la Résurrection, « la prédication des apôtres (et de leurs successeurs) serait vide et vide serait notre foi » – est-il écrit dans la première épître de Saint Paul aux Corinthiens. Pâques est donc la Fête des fêtes. C’est pour cela que le Grand carême qui la précède est le plus strict.

Pendant ces quarante jours, suivis de la Semaine Sainte, nous sommes appelés à être aussi assoiffés de la Bonne nouvelle que Zachée, à essayer de réparer, comme lui, les erreurs que nous avons pu faire. Nous sommes appelés à reconnaître notre indignité avec humilité, comme le Publicain et à ne pas adopter l’orgueil du Pharisien. Pour que la reconnaissance de notre imperfection ne nous plonge pas dans le désespoir, le Christ évoque l’immense miséricorde divine dans Sa parabole de l’Enfant prodigue. Mais pour que nous ne comptions pas sur la seule miséricorde de Dieu, qui pardonne tout, et toujours, à celui qui se repent avec humilité, il nous a été rappelé dimanche dernier que nous serons jugés, et que certains subiront « le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges ». Cette prédiction effrayante incite à réfléchir. Pour éviter ce châtiment, il nous est aujourd’hui donné une recommandation incontournable, une recommandation figurant dans le Notre Père – « si nous pardonnons aux hommes leurs fautes, notre Père céleste nous pardonnera aussi ; mais si nous ne pardonnons pas aux hommes, notre Père, non plus, ne nous pardonnera pas nos fautes ». Dans cette prière qu’en théorie nous connaissons le mieux, il y a au moins deux points que nous avons une forte tendance à ignorer – il y est dit : « que Ta volonté soit faite ! » (et non la mienne), et « pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Le « nous » qui remplace le « je » rappelle que la recherche du salut est à la fois individuelle et collective. Toutes ces recommandations sont faites par le Christ dans les Evangiles.

Pour faciliter la tâche, l’Eglise, elle, recommande l’ascèse physique et spirituelle indissociables. Le jeûne le plus strict ne sert à rien, s’il n’est pas accompagné d’efforts dans le domaine spirituel. Et les efforts dans le domaine spirituel ont besoin du soutien apporté par un minimum de sobriété matérielle, de sobriété physique. Le jeûne n’est pas qu’alimentaire. Il s’agit de se libérer de tout ce qui rend dépendant, de tout ce qui éloigne de Dieu. Il s’agit de mettre au second plan la satisfaction de ce que l’on pense être des besoins, que ce soit dans le domaine alimentaire ou celui des distractions. Le jeûne et les cures de silence sont aussi proposés par des gens qui ne poursuivent pas de but spirituel, qu’ils soient médecins ou écologistes. Pour nous, la finalité est spirituelle – notre but est de nous rapprocher de Dieu et de notre prochain. Les restrictions rappellent à chaque instant que nous sommes en période de carême et devons revoir nos priorités. C’est en cela qu’elles nous aident. Elles ne sont jamais un but en soi.

Pour ce qui est de la pratique du jeûne et des restrictions alimentaires, que chacun se fixe des objectifs raisonnables. Un jeûne trop sévère peut mener à l’orgueil, s’il est réussi et s’il ne reste pas discret. Il peut mener à une forme de dégoût de soi et de désespoir si les chutes, inévitables, sont nombreuses.

           Bon carême à tous !

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Dimanche du Publicain et du Pharisien, Saint-Prix 17 février 2019

Nous sommes entrés hier soir dans la période de préparation au Grand-carême, qui, en fait, a commence dimanche dernier, le dimanche de Zachée. Qu’avons nous de commun avec Zachée, et pourquoi l’Eglise nous le présente-t-elle comme un modèle à suivre ? Qu’avons-nous de commun avec le Publicain et le Pharisien ?

Zachée est riche et sa richesse a pour origine son statut de collecteur d’impôts, en chef qui plus est, et donc de voleur aux yeux de tous ses contemporains. C’est en quelque sorte un pécheur par définition. Pour ce qui est du statut de pécheurs, nous entrons tous dans cette catégorie, que nous en soyons conscients, ou non – ce qui serait grave. Un certain nombre de saints moines, un certain nombre de Pères du désert qui ont mené des vies bien plus proches de l’idéal que les nôtres, ont demandé à Dieu de rallonger leur vie, parce qu’ils estimaient ne pas s’être suffisamment repentis. Eux, n’avaient pas la conscience tranquille, comme cela nous arrive trop souvent … Qu’il soit fidèle ou membre du clergé, tout homme est pécheur, tout homme est loin de la perfection à laquelle nous sommes tous appelés. Si nous avons la conscience tranquille, nous sommes dans l’erreur. Suivons donc l’exemple de Zachée, et prenons conscience de notre imperfection, sincèrement et sans concessions.

Mais l’exemple de Zachée est à suivre aussi pour sa soif de spiritualité. Ne craignant pas le ridicule, lui, le notable, court pour voir le Christ, alors qu’un notable se déplace sans précipitation. Et encore pire, comme un gamin, il monte sur un arbre pour mieux voir. Quels efforts fournissons-nous en général sur le plan religieux, et en particulier dans le domaine de la lecture des Ecritures pour comprendre le message du Christ ? Répondons-nous toujours spontanément à l’invitation qui nous est faite d’entrer au Royaume, le temps d’une liturgie ? Une tendance lourde, dans notre monde, parmi les pratiquants occasionnels et parmi ceux qui ne sont pas pratiquants du tout, mais se disent croyants, est d’affirmer qu’il est possible d’avoir un contact direct avec Dieu et de ne pas avoir besoin d’intermédiaires. C’est une justification un peu facile.

Pour le commun des mortels, l’Eglise, peut-être trop exigeante aux yeux de certains, parce qu’elle impose des règles, apporte une aide incontournable. Son enseignement, celui du Christ, ne peut être ignoré. L’Eglise est parfaite de par l’action de l’Esprit, même si ses membres ne le sont pas. Il ne faut pas prendre pour prétexte l’indignité de certains pour excuser la nôtre. Un baptême est toujours valide, même si le prêtre qui l’a célébré est indigne. Et l’on peut se poser la question de notre propre dignité. Qui peut vraiment prétendre être digne de communier ? Personne. Heureusement, le Christ est venu sauver les pécheurs, restés humbles, les pécheurs conscients de leur état, comme le Publicain, et non ceux qui se prétendent justes, comme le Pharisien, parce qu’ils estiment suivre les commandements de Dieu, et ceux de la synagogue, puis de l’Eglise. Est juste celui qui recherche en permanence la perfection à laquelle le Christ nous appelle. Il ressort de la lecture des Evangiles et des épîtres que nous serons jugés moins sur nos résultats, car ils seront toujours insuffisants, que sur notre persévérance dans nos efforts.

N’oublions jamais que la recherche du salut est à la fois individuelle et collective, en Eglise. Et nous sommes responsables de nous-mêmes, mais aussi de notre prochain. Le péché est contagieux. La colère de l’un entraîne celle de l’autre, le péché de l’un entraîne le jugement de l’autre, or le jugement est un péché gravissime. Nous serons jugés en fonction de la façon dont nous avons jugé notre prochain. L’idée de responsabilité traverse toute l’œuvre de Dostoïevsky, pour qui elle est une évidence. Nous sommes tous responsables, y compris de ce qui a été fait par d’autres, même si nous ne sommes pas toujours coupables.

Seuls, nous ne pouvons rien. Nous avons besoin du soutien de l’Esprit, ne serait-ce que par le biais des sacrements dispensés dans le cadre de l’Eglise. Les efforts fournis porteront d’autant plus de fruits que nous serons soutenus par l’Esprit.

N’imitons pas ceux qui, influencés par le Malin pensent pouvoir obtenir le salut en dehors de l’Eglise, s’appuyant sur l’affirmation de l’apôtre Paul selon laquelle « seront sauvés les païens qui, sans avoir de loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi ». Nous ne sommes pas des païens, puisque notre baptême nous a fait entrer dans l’Eglise.

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Dimanche des néo-martyrs russes du 20-ème siècle St. Prix 27/01/19 Lc 21, 12-19 Rm 8, 28-39

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux. Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de Moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux » – est-il chanté dans les Béatitudes que vous entendez aux liturgies dominicales. La récompense est l’entrée au Royaume, car le martyre efface tous les péchés, entrée dont on dit qu’elle est étroite.

Commençons par définir ce qu’est le martyre. A l’origine, le mot signifie « témoignage ». Le martyr est celui qui accepte les souffrances de tous ordres, parfois jusqu’à la mort, pour avoir témoigné de sa foi, ne serait-ce que par la vie qu’il mène. Des chrétiens ont subi le martyre à toutes les époques et continuent de le subir au Moyen-Orient. Numériquement, c’est le 20-ème siècle qui a battu tous les records. Cela a commencé avec le génocide arménien perpétré par les Turcs entre 1914 et 1923. L’on estime qu’environ 1 200 000 Arméniens et 200 000 Grecs ont été exécutés ou sont morts de faim dans l’Empire ottoman. Pour ce qui est des seuls orthodoxes, au cours de la seconde guerre mondiale, les Serbes et leurs enfants étaient repérés par les oustachis croates qui leur demandaient de faire le signe de croix – s’ils le faisaient spontanément de droite à gauche, l’exécution était immédiate.

Mais nous commémorons aujourd’hui tous les néo-martyrs russes du 20-ème siècle, qu’il est quasiment impossible de recenser, vu l’ampleur des répressions du régime communiste, dont le but était d’éradiquer tout sentiment religieux dans la population de l’Union Soviétique. L’Eglise russe a réussi à établir en 2008 une première liste de 31 000 personnes, et il s’en découvre depuis, entre 1500 et 2000 par an. Il est moins difficile de dénombrer les martyrs, membres du clergé. Cela se complique pour ce qui est des laïcs. Le nombre des néo-martyrs de l’Eglise russe, clercs et laïcs s’élèverait à plus de 500 000 victimes, exécutées après un jugement sommaire ou mortes en camps. Et l’on ne compte pas ceux qui ont survécu, malgré la prison ou les camps, et ceux dont la vie a été un cauchemar – soit parce qu’ils ont du cacher leur foi pour préserver leurs proches, soit parce que leur foi a été découverte par des voisins mal intentionnés et a été suivie de brimades quand les persécutions se sont « adoucies ». Dans quelle catégorie mettre, par exemple, le prêtre de l’église du village de Yamkino, rencontré il y a une 20-aine d’années, qui avait été envoyé dans un camp où les détenus nettoyaient les cuves des sous-marins et bateaux à propulsion nucléaire et a survécu par miracle aux radiations ?

Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul annonce aux chrétiens de Rome qu’ils connaîtront « la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, et le glaive », c’est-à-dire la torture et la mort ».

Les paroles du Christ rapportées dans l’Evangile de Luc d’aujourd’hui vont dans le même sens – il est dit que ceux qui Le suivront « seront persécutés, (…) mis en prison » et que certains « seront même livrés par leurs pères, mères, frères, parents et amis et seront condamnés à mort ». C’est ce qui s’est passé en Union Soviétique pendant 70 ans, que ce soit pendant la Guerre civile et la période stalinienne, soit ensuite, de façon moins violente, mais tout aussi systématique, pendant la période Khroutchévienne.

Il ne nous est pas demandé de rechercher le martyre, ce serait une forme de perversion et d’orgueil, mais de l’accepter, si nous n’avons pas le choix. Il nous est demandé de témoigner de notre foi, ne serait-ce que par notre vie, sans craindre le regard narquois ou méprisant des autres, puisque de nos jours et en France, c’est la seule forme de persécution que nous risquons. Et le mot persécution est ici trop fort.

L’Eglise de Russie, malgré les insuffisances et l’imperfection de ses membres, mais qui sommes-nous pour les juger, est restée sainte et a été sauvée par le sang de ses martyrs que nous commémorons aujourd’hui. N’oublions jamais que la Croix, pour les non-chrétiens, comme pour nous, est le symbole du christianisme, et qu’au baptême il nous a été demandé de prendre exemple sur le Christ et de porter notre croix pour Le suivre, Lui le martyr des martyrs.

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Théophanie 2019 Saint-Prix

Nous fêtons aujourd’hui la Théophanie, le Baptême du Christ dans le Jourdain, l’une des douze grandes fêtes de l’Eglise orthodoxe. La nuit de Pâques, une des traditions veut que les célébrants revêtent une chasuble de couleur différente à chacune des 9 sorties, pendant le chant du canon des matines, quand le célébrant sort du sanctuaire pour encenser toute l’église. Chaque couleur symbolise une fête. Cette tradition met l’accent sur une constatation – la Résurrection du Christ a été précédée d’événements, sans lesquels la Résurrection n’aurait pu avoir lieu. Rien n’aurait été possible sans la Nativité de la Mère de Dieu, sans son acceptation de ce qui lui a été annoncé par l’archange Gabriel, acceptation que nous fêtons à l’Annonciation. Rien n’aurait été possible, sans la préparation spirituelle de la future Mère de Dieu, après sa Présentation au Temple de Jérusalem, et ainsi de suite. A ces fêtes correspondent des couleurs liturgiques qui leur sont propres.

L’Eglise fête tous ces événements positifs, mais Elle commémore également des événements qui le sont moins. La Résurrection a été précédée par la Passion du Christ, par Ses souffrances et Sa mort. Sa naissance a été suivie de l’exécution de 14 000 enfants, ordonnée par le roi Hérode. Le roi craignait d’être supplanté dans l’avenir par le Messie, dont les mages avaient annoncé la naissance. Ces enfants sont les premiers martyrs chrétiens, même s’ils sont des martyrs involontaires ; ils sont commémorés le 29 décembre, quatre jours après la Nativité.

Les esprits chagrins, les détracteurs du christianisme peuvent se servir de cet événement pour poser la question, habituelle – comment un Dieu bon peut-il tolérer le massacre d’enfants innocents, d’autant plus que ce massacre est une conséquence de la naissance du Christ ? Le problème du mal interpelle les chrétiens, au même titre que ceux qui ne le sont pas. L’explication serait que Dieu tolère le mal, parce qu’Il laisse l’homme libre de choisir entre le mal et le bien. Toute la difficulté pour l’homme est de faire preuve de discernement, et demander l’aide de l’Esprit, car pour brouiller les pistes, le Malin déguise souvent les mauvaises actions en bonnes. Si les mauvais étaient punis ici-bas, et les bons étaient récompensés en ce monde, il faudrait être stupide pour ne pas faire le bien. Ce ne serait alors qu’un calcul et nous ne serions bons que par intérêt et non parce que c’est ce que Dieu attend de nous. La foi ne serait alors plus la foi.

Il est aussi écrit dans les Evangiles « que l’homme ne doit pas s’inquiéter pour sa vie (…) que Dieu sait ce dont l’homme a besoin ». Le Christ ajoute qu’il faut « d’abord chercher le Royaume et que le reste sera donné par surcroît ». Là aussi, comme dans la question du mal, il faut une bonne dose de foi pour s’en convaincre.

Mais revenons au baptême du Christ que nous fêtons aujourd’hui. Les ablutions rituelles de purification étaient et restent courantes chez le Juifs. L’ablution, l’immersion dans le Jourdain proposée par Jean-le-Baptiste est d’un autre ordre. Ceux qui viennent à lui le font pour se laver de leurs péchés. Il est alors légitime de se poser une question – pour quelle raison, le Christ, parfait par essence, est-Il venu se plier à un rite de purification destiné à effacer les péchés du baptisé ? L’une des réponses est que le Christ, par Sa vie, nous a indiqué la voie à suivre. Et nous devons L’imiter autant que possible. Le péché, mis-à-part, Il est passé par toutes les épreuves auxquelles nous sommes confrontés. Il est né et a vécu en être humain à part entière. Il a été soumis à la tentation dans le désert. Il a eu faim, Il a eu soif. Il a éprouvé de la fatigue. Il a ressenti de la tristesse quand Son ami Lazare est mort. Il a éprouvé de l’angoisse avant de souffrir et mourir sur la Croix. Nous aussi sommes soumis à la tentation, mais, nous, nous y succombons. Et nous avons beaucoup de mal à supporter les épreuves.

Notre baptême, qui reproduit celui de Jean-Baptiste, a effacé nos péchés, mais pour tous les péchés commis après le baptême, nous sommes appelés à le renouveler au moyen de la confession, en particulier pendant le Grand carême qui pointe à l’horizon. Chaque fête est un jalon qui nous aide à avancer dans la voie qui mène au Royaume.

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calendrier des offices

Le calendrier des offices 2018-2019 peut-être consulté à la rubrique « calendrier », il est avant les dernières modifications – il faut « redescendre » pour le retrouver en date du 28 mai (modifications faites à cette date et aujourd’hui 22 décembre).

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Ephésiens 6, 10-17 2 décembre 2018

         Les deux derniers chapitres de l’épître de Saint Paul aux Ephésiens, dont la lecture intégrale s’achève aujourd’hui, ressemblent à des dernières recommandations de quelqu’un qui arrive au terme de sa vie. Il demande aux chrétiens d’Ephèse d’être « bons les uns pour les autres », d’éviter « les propos grossiers, stupides ou scabreux », de « ne pas s’associer aux œuvres stériles des ténèbres », c’est-à dire aux œuvres inspirées par le Malin. Plus curieusement, il enjoint « ses lecteurs à ne pas s’enivrer ». C’est également au chapitre 5, l’avant-dernier de l’épître, que l’apôtre évoque le mariage dans un paragraphe qui est repris à chaque cérémonie de mariage et, de nos jours, suscite, à tort, au minimum un sourire narquois, au pire – le rejet.

         Quand Saint Paul demande aux épouses « d’être soumises en tout à leur mari et de le craindre » (selon les traductions), cela demande une explication. Une réflexion plus profonde fait disparaître le sourire des fidèles de sexe masculin. En premier lieu, le mot « craindre », dans ce contexte signifie « respecter ». Et lorsque l’apôtre compare les relations entre le mari et la femme avec celles du Christ et de Son Eglise, les hommes ont tendance à ne retenir que l’idée de soumission. Or l’Eglise se soumet librement et volontairement au Christ qui, Lui, est parfait. La femme est donc appelée à se soumettre librement et volontairement à son mari, à condition qu’il soit proche de la perfection. Cela relativise singulièrement la recommandation de Saint Paul. Enivrée et confortée par la phrase qui évoque la soumission, la gent masculine oublie aussi que l’apôtre recommande aux maris « d’aimer leur femme, comme le Christ aime l’Eglise ».

        Venons-en maintenant à l’avant-dernier paragraphe de l’épître, celui qui vient d’être lu. Comment s’opposer, comment résister « avec fermeté aux princes du monde des ténèbres », c’est-à-dire aux forces du Malin ? Saint Paul utilise l’image du guerrier qui revêt « l’armure de Dieu, une cuirasse de justice et le casque du salut », après avoir serré « la ceinture de vérité, mis des chaussures (qui symbolisent la propagation de l’Evangile) et s’être muni du glaive de l’Esprit et du bouclier de la foi ».

         Le moins que l’on puisse dire est que l’image est complexe, hardie et demande beaucoup d’attention pour en comprendre le sens. L’image est guerrière, parce que le combat spirituel exige de grands efforts, surtout lorsque l’on vit en milieu protégé, comme c’est le cas pour nous. Le combat spirituel des chrétiens d’Orient est matérialisé par les agressions physiques qu’ils subissent. Leur foi est violemment mise à l’épreuve, pourtant ils ne disent pas que Dieu les a abandonnés – le prêtre copte orthodoxe de la paroisse de Deuil-la-Barre, qui a déjà été cité ici, va jusqu’à dire que l’Eglise est, en fait, renforcée par le sang de ses martyrs.

      Pour nous, les attaques des Forces du Malin sont plus pernicieuses. Nous ne sommes pas menacés physiquement. Le Malin agit autrement, par le biais du confort intellectuel et matériel qui nous anesthésie sur le plan spirituel. Le but du chrétien est d’obtenir le salut. La voie indiquée par Saint Paul est la connaissance des Ecritures, avec comme finalité la recherche de la Vérité. C’est là qu’intervient l’Esprit ; sans Son aide, il est impossible d’avoir la foi qui, elle, servira de rempart contre les attaques des forces du Malin. Et la foi sous-entend la mise en pratique de l’enseignement du Christ dans la vie. C’est ce que les mouvements de jeunesse orthodoxe russe, au sein de l’émigration, ont appelé l’ecclésialisation de la vie, dès le début du 20-ème siècle. Or, nous avons bien du mal à résister aux tentations que sont les loisirs et occupations de tous ordres, que nous avons trop tendance à déguiser en obligations et qui nous éloignent de Dieu.

         L’objectif de l’ecclésialisation de la vie est plus que jamais d’actualité. C’est un bon sujet de réflexion en cette période d’ascèse qu’est l’Avent : la préparation à Noël n’est pas seulement un calendrier rempli de chocolats qui ravit les enfants. Entre rigorisme vain, et contre-productif, et laxisme, essayons de trouver la voie étroite, mais juste.

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Lc 10, 25-37 Ep 4, 1-6 début du jeûne de la Nativité Saint-Prix 18 nov. 2018

         La lecture d’aujourd’hui, extraite de l’épître de Saint Paul aux Ephésiens, est courte mais essentielle. Elle semble interpeller nos hiérarchies et est transmise en écho par toutes les Eglises-sœurs orthodoxes. Saint Paul exhorte les chrétiens d’Ephèse à « entretenir des relations d’amour entre eux et à s’appliquer à garder l’unité de l’esprit par le lien de la paix ». Et au cas où les Ephésiens, ou nous-mêmes, n’aurions pas compris le message, l’apôtre ajoute « qu’il y a un seul corps et un seul Esprit, (…) un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous qui règne sur tous, agit par tous, et demeure en tous ».

         Dans le 2-ème chapitre de l’épître aux Romains l’apôtre Paul complète, en quelque sorte, la parabole du bon Samaritain que vous venez d’entendre. Les païens, affirme l’apôtre, « seront sauvés, s’ils se comportent, comme les chrétiens devraient le faire. Les Samaritains n’étaient pas mieux considérés que les païens dans le monde juif de l’époque. Ils l’étaient même plus mal, car du point de vue du judaïsme, ils étaient hérétiques. C’est pourtant le Samaritain que le Christ désigne, comme le personnage positif de la parabole, et non le prêtre et le lévite qui n’ont pas obéi aux recommandations, faites dans ce que nous appelons l’Ancien testament.

         Transposons maintenant cette parabole à notre époque. Il nous est demandé, comme aux Juifs, d’aimer Dieu et notre prochain. Nos Samaritains sont les incroyants athées ou agnostiques, ou les fidèles d’autres religions. Il y a parmi eux des personnes qui se dévouent corps et âme pour le bien d’autrui, qui défendent les faibles, qui viennent en aide aux démunis, qui accordent même parfois la priorité à ce que nous appelons le prochain.

         Notre statut de chrétiens, notre baptême ne nous garantissent pas automatiquement le salut, si notre baptême et notre foi ne sont pas suivis, ne sont pas concrétisés par notre amour du prochain, si comme le lévite ou le prêtre de la parabole, nous détournons la tête quand notre prochain a besoin de nous. Sans l’amour du prochain, l’amour de Dieu n’est qu’hypocrisie. Cela dit, il est question du Bon Samaritain, ce qui signifie qu’ils ne le sont pas tous. Mais il en va de même pour les chrétiens. Et là, la situation se complique, car le chrétien pratiquant, celui qui fréquente l’Eglise, qui écoute son enseignement et lit les Ecritures, se met sciemment en contravention avec l’enseignement du Christ, s’il n’aime pas son prochain. Il est censé avoir assimilé cet enseignement, il est censé le concrétiser dans sa vie de tous les jours. S’il ne le fait pas, le chrétien qui s’affiche comme tel, le chrétien qui est appelé à être le sel de la terre, devient alors un contre-modèle et un repoussoir. C’est une grande responsabilité.

         Mais la pratique de l’amour du prochain est, ou devrait être complétée, pour les chrétiens, par l’amour de Dieu et sa manifestation par la communion aux Saintes Espèces, et donc la fréquentation des offices. La participation à la liturgie est une priorité. Si, par bonheur, nous parvenons à accorder la priorité à notre prochain et dans le même temps, fréquentons l’église, n’oublions jamais que le mérite en revient à l’Esprit. C’est cela l’humilité à laquelle nous sommes également appelés.

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Ep 2, 4-10   Lc 8, 26-39 Saint-Prix 4 novembre 2018

         Le récit de la guérison du possédé Géranésien semble ne pas nous concerner directement. Nous ne nous promenons pas nus, comme le possédé, nous ne vivons pas plus entre les tombes, dans un cimetière, et même s’il nous arrive de nous mettre en colère, ce n’est jamais au point qu’il faille nous enchaîner pour nous calmer. Il nous est donc difficile de nous identifier à cet homme qui vivait à l’est du lac de Galilée. Nous avons cependant un certain nombre de points communs avec lui. La vue du Christ dérange profondément le possédé qui Lui demande de ne pas le tourmenter. Lorsque nous lisons les Ecritures, lorsque des passages des Evangiles remettent en question notre mode de vie, nous sommes dans la situation du possédé à qui Dieu S’adresse directement. Nous avons le choix – nous pouvons L’écouter et nous convertir, c’est-à-dire nous tourner vers Lui, mais nous pouvons aussi nous détourner de Lui et ignorer le message reçu.

         Quand le possédé répond à la question du Christ lui demandant qui il est – il dit que son nom est Légion, car de nombreux démons sont entrés en lui. Il est conscient de son état. De quoi est-il question ? Il est question de ce que les Pères de l’Eglise appellent les passions, là où les Occidentaux parlent de péchés capitaux. Ce sont les passions qui nous éloignent de Dieu. Les passions sont suggérées par le Malin qui les présente de façon séduisante. Il nous fait baisser la garde. Les passions deviennent alors anodines et nous pouvons penser que succomber à certaines tentations ne prête pas vraiment à conséquence. Prenons l’avarice que les pères appellent la philargirie. Nous ne sommes pas avares comme le personnage principal de la pièce de Molière, mais sommes-nous vraiment prêts à partager ce que nous avons reçu de Dieu avec ceux qui en auraient besoin – nos biens matériels, comme les biens immatériels que sont les dons physiques, artistiques ou intellectuels, ou même tout simplement notre temps ?

            Quant à l’orgueil qui est la source de toutes les autres passions, sommes-nous conscients de ses multiples manifestations ? Quand, sans même penser que nous serions les meilleurs, nous portons un jugement sur notre prochain, c’est déjà une manifestation de l’orgueil. Et le Malin nous incite à nous trouver alors toutes sortes de circonstances atténuantes, plus nombreuses les unes que les autres. En bons chrétiens, nous voudrions le bien de notre prochain en le corrigeant. Nous pouvons porter des jugements sévères sur autrui, et dans le même temps, rester aveugles en ce qui nous concerne. Nous sommes beaucoup plus tolérants quand il s’agit de notre propre situation spirituelle. Les manifestations de l’orgueil sont extrêmement nombreuses et souvent difficiles à déceler, surtout chez soi.

          Lorsque nous refusons de voir nos péchés, quand nous refusons de lutter contre eux, parce que nous vivons très bien comme cela, sans que cela nous dérange, nous reproduisons l’attitude des Géranésiens. Lutter contre les passions est tout sauf agréable, tout sauf confortable. Il est difficile de changer son mode de vie. Et le Christ n’a pas caché que la voie qui menait au salut était étroite et demandait des efforts soutenus et permanents. Le jour du baptême il est dit au baptisé qu’il doit prendre sa croix pour suivre le Christ. Nous sommes avertis. La lutte contre les passions est une des croix que nous sommes appelés à porter. Les Géranésiens ont demandé au Christ de quitter leur ville pour préserver leur confort personnel. C’est ce que nous reproduisons quand nous sommes dans le déni et refusons de voir les passions qui nous assaillent, parce que cela nous dérange, parce que cela met à mal notre confort spirituel.

             Commençons donc par faire honnêtement un état des lieux. L’on ne peut trouver de traitement à une maladie, y compris spirituelle, que lorsque on a conscience d’être malade. Demandons ensuite l’aide de l’Esprit, car seuls, sans l’aide de Dieu, nous ne pouvons obtenir notre guérison. C’est l’humilité que Dieu attend de nous. C’est le début du chemin. Et si notre prière est entendue, sachons que ce n’est qu’une rémission, car rien n’est acquis définitivement.

Mais restons optimistes et gardons à l’esprit une sentence que Saint Isaac le Syrien a emprunté à un Père de l’Eglise dont il ne cite pas le nom : « Un de nos pères, dit-on, ne faisait consister sa prière pendant quarante jours qu’en une seule phrase : « j’ai péché en tant qu’homme, pardonne-moi en tant que Dieu ».

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Saint-Prix oct. 2018 Ga. 2, 16-20 Lc 8, 5-15

            Saint Paul s’adresse aux Galates, païens avant que Paul ne les convertisse au christianisme. La Galatie était une province de l’actuelle Turquie centrale. Après la résurrection du Christ, les apôtres avaient décidé, à une assemblée à Jérusalem, que les chrétiens venant de milieux païens n’avaient pas à suivre les prescriptions alimentaires et autres, du judaïsme. Ces prescriptions concernaient l’interdiction de consommer des aliments catalogués comme impurs, les ablutions rituelles et la circoncision des enfants de sexe masculin. La Loi juive comprend 613 commandements – 248 commandements positifs et 365 commandements négatifs.

         Saint Paul rappelle à l’ordre les Galates, tentés d’observer ces règles, influencés par des chrétiens issus du judaïsme, qui essaient de les imposer. « Nous savons, – écrit-il, que l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loi, mais seulement par la foi du Christ ». Et l’apôtre Paul est allé jusqu’à reprocher à Saint Pierre d’avoir tenu un double langage à ce sujet, par crainte des judaïsants.

         Nous faisons souvent un contresens en interprétant mal la distinction entre la foi et les œuvres, en pensant que les œuvres sont secondaires. L’apôtre Paul condamne les œuvres accomplies de façon mécanique, parce qu’il le faut, parce que c’est écrit et non par élan du cœur. Ces œuvres peuvent être sources d’orgueil et ne sont en aucun cas un visa automatique d’entrée au Royaume. La charité et les règles prescrites par la Loi du judaïsme ne sont agréables à Dieu que si elles prennent leur source dans l’amour du prochain et ne se résument pas à une simple obéissance automatique à la règle. Mais évitons de condamner les Juifs – l’amour du prochain est aussi une règle qui leur est prescrite. Il est écrit dans le Lévitique, au chapitre 19 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Dans de nombreux passages de la Bible, il est demandé aux Hébreux de traiter les émigrés avec respect, parce que eux-mêmes ont aussi été des émigrés en Egypte.

         L’apôtre et évangéliste Jean est très explicite – « celui qui n’aime pas son frère qu’il voit – écrit-il dans sa première épître, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas. (…) Celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère ». Et l’apôtre Jacques ajoute dans son épître que « la foi est inopérante sans les œuvres (…) de même que sans souffle, le corps est mort, de même, sans œuvres, la foi est morte ».

         Cela veut dire que la foi seule est insuffisante – les démons croient aussi en Dieu, puisqu’ils Le combattent, mais ils sont source de mal. Le chrétien qui a la foi, et la met en pratique dans sa relation avec son prochain, fait œuvre de bien. Au cas où l’on voudrait opposer Saint Paul à L’évangéliste Jean et à l’apôtre Jacques, il convient de relire l’épître aux Romains où il est dit qu’un païen qui se comporte comme un chrétien devrait le faire, sera justifié.

         Les pharisiens étaient des Juifs qui observaient strictement la Loi. Saint Paul l’était avant sa conversion. Le Christ, Lui aussi Se situait dans cette mouvance. Les pharisiens condamnés dans les Evangiles sont ceux qui privilégiaient la loi au détriment de l’amour du prochain. Nous-mêmes ne sommes pas à l’abri de ce type de pharisianisme. Tout cela ne signifie pas que nous n’avons pas besoin de suivre des règles, mais qu’elles ne peuvent remplacer l’amour du prochain et donc de Dieu.

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