Intervention du Père Michel Fortounatto aux funérailles du Père André, le fondateur de notre paroisse

A la mémoire de Père André, prononcé à ses funérailles. Ces notes sont au confluent du texte que j’avais préparé la veille, et de l’allocution dite à ses funérailles (en italiques).

J’ai connu mon frère, le père André, depuis le jour de sa naissance, je l’ai vu grandir, devenir un homme. Même de loin, lorsque j’étais à Londres, j’ai pu suivre son parcours, me demander quelle sorte d’homme était devenu mon frère. Cela m’a permis d’organiser mes pensées, pour vous, que j’ai mises sur cette feuille de papier. Je vais relire ce que j’ai écris hier soir, et avant-hier, c’est-à-dire après sa mort. J’ai vu sa vie en entier, la somme de ce qu’était son chemin vers Dieu. Je vais vous présenter maintenant le résultat, vous montrer ce qu’était André, à mes yeux, comme homme de foi, comme l’est devenue toute sa famille à sa suite.

C’était le temps de la débâcle française de juin 1940. Papa, qui s’était porté volontaire dans l’armée française, avait été transféré dans un camp d’officiers prisonniers de guerre en Allemagne. Pour un temps, Maman s’est retrouvée ainsi en charge d’une petite famille de trois garçons, dont j’étais l’aîné. En l’absence du père elle a inculqué en moi le sens de responsabilité pour notre jeune famille.

 C’était donc l’année de la « débâcle »de 1940, j’avais 9 ans. C’est beaucoup, assez dans un garçon pour acquérir une expérience vitale. André est né à un moment où Père s’était engagé dans l’armée française comme sous-lieutenant, fut fait prisonnier, et envoyé en Allemagne. Il n’y est pas resté longtemps, car il avait 3 enfants, 3 garçons. De plus, on l’avait compté comme ayant participé à la guerre de 1914-18. Après 13 mois il fut relâché, à la maison. Maman c’était retrouvée seule avec 3 garçons en 1940, ce fut très difficile pour elle, mais elle m’a dit que « dorénavant c’est toi le chef de famille ». Oh là-là ! Comment cela va se faire ? Je me souviens comment ses paroles m’ont marqué. J’avais pris conscience de porter les soucis de mes petits frères, responsable de mes frères. Je ne sais pas comment cela s’est manifesté concrètement, mais je devins conscient que j’avais pris la responsabilité pour mes frères, responsable de mes frères. En tout cas j’ai ressenti dès lors une tendresse envers mes frères, mes petits frères, cette tendresse ne m’a jamais quitté, même quand Papa était revenu de captivité, et ce sentiment m’est resté vivant jusqu’au jour de la mort du « petite frère ». Tendresse envers André, autant que pour Wladimir. Ce sentiment était resté ancré en moi toute ma vie, caché à l’âge adulte. Je le voyais donc grandir, quand il est devenu un homme mûr, une personnalité marquante, un géant d’homme, avec une force musculaire impressionnante.

 Quoique tôt déjà, il préférait dans la vie ordinaire – rester et faire les choses tout seul, comme un enfant unique… Cela a marqué sa personnalité, souvent il restait renfermé. C’était le temps où nos parents avaient divorcé. Il avait peut-être 10-12 ans, un moment très peu opportun pour perdre ses parents. Certainement, ce tournant dans l’existence familiale a eu son effet. Cependant, nos parents n’ont pas cessé personnellement de nous aimer, leurs fils, chacun de son côté. C’est alors que son caractère prenait forme. Il y a eu un moment, un trait que je ne savais pas comment formuler, mais que mon épouse avait remarqué, quand elle m’a dit : « André est un prince ! » En effet, quand je l’ai regardé de plus prêt, il avait l’allure d’un prince, la stature d’un prince, il se comportait dignement comme un prince. J’étais amusé – comment, s’il était prince, et moi je ne l’étais pas (rires) ? En tout cas, Mariamna avait saisi une qualité unique que l’on obtient à naissance. Il a toujours gardé une attitude pleine de dignité, presque militaire, un comportement distingué mais sans orgueil. Cette qualité qui ressortait, avait un fond mélangé bien sûr. Je connaissais en lui un côté ombrageux qui pouvait surprendre. Ce n’était pas toujours facile d’avoir affaire à lui. Il avait des défauts de caractère, comme il portait une grande réserve de qualités majeures.

Ainsi, j’ai gardé à vie, un sentiment de « tendresse » (naturellement cachée) pour mes deux frères, ce petit frère en l’occurrence, qui depuis a grandi pour devenir un géant de taille, doté d’une force physique remarquable. Mon épouse Mariamna, l’ayant connu quand il avait 18 ans, reconnaissait en lui un personnage naturellement « princier ». En effet, la dignité était en lui un aspect évident de son caractère et de son comportement. En fin de compte, il est mort comme un vénérable chêne déraciné dans la tempête.

 A ce moment de mon exposé, je dois me poser la question quant à l’ensemble de sa vie, à quoi était-il arrivé ultimement. Mon propos n’est sensé être – ni un récit historique de sa vie, ni une description psychologique, mais l’image de ce qu’est, peut être, le regard de Dieu sur lui, un exemple pour nous. Quel est son profile, maintenant qu’il se présente au jugement divin. Même si je l’ai souvent trouvé ombrageux, mais ni les défauts, ni les qualités, n’ont d’incidence sur la façon dont le Créateur veut nous le montrer, son chemin vers Lui, son exemple pour nous. Je crois avoir réussi de comprendre les stades de sa vie, son grandissement. A un jeune âge, déjà il aimait beaucoup l’office à l’Eglise, il était servant à la paroisse d’Asnières, et ailleurs.

 Nous l’avons connu en serviteur fidèle du Seigneur. J’ai dû attendre le jour de son décès pour apprécier toute la mesure de sa fidélité religieuse. Croyant fervent, André s’inscrit dans le cadre de la vie évangélique de Jésus dans son parcours terrestre, et que la Sainte Ecriture caractérise théologiquement comme: Prophète, Prêtre et Roi. C’est ainsi que je l’ai vu, lumineux de vérité, juste quelques heures avant son départ pour le Seigneur. Voici comment s’est articulée cette vision.

Etant croyant, André s’inscrivait dans le cadre de la vie évangélique de Jésus. Qu’il le savait ou non, je ne sais pas. J’observais, maintenant je le vois dans le fond de son être. Pour ne pas verser dans l’émotionnel, je voudrais rationaliser mon propos, le placer dans un cadre théologique. Je prendrai pour cadre la vision de Jésus. Jésus était prophète, Jésus était prêtre, Jésus était roi.

 Dans la 1e partie de sa vie, il s’était montré, il était devenu parfait pédagogue, il avait le talent de l’être, la disposition de savoir apprécier le développement d’un être humain. Cela correspond au don de la prophétie. Un prophète, c’est quelqu’un qui enseigne, qui mène au transcendant, quelqu’un qui dans sa vie témoigne de la vérité. André possédait les moyens de le faire. Il avait cette force, il avait cette obstination, il avait l’énergie, le savoir évènemental de faire participer ceux de son entourage à une vie digne, les enfants surtout…

 La première qualité, que je notais en lui, est sa discipline personnelle. Il s’inscrivait naturellement dans les structures dans lesquelles il occupa un rôle responsable. Il occupa des fonctions responsables dans le mouvement Scout. L’année où un jeune campeur mourut tragiquement, c’est lui qu’on choisit pour accompagner le corps du défunt à ses parents. Il était capable de prendre sur soi la responsabilité pour cette mort, de rendre le corps inerte de cet enfant à ses parents.

Professionnellement, il a rejoint le personnel de l’internat situé à Montgeron au sud de Paris. C’est là où il a rencontré sa future épouse, Hélène, éducatrice elle aussi, ils se sont mariés, et sa vie s’orienta. Ils ont fondé une famille, une famille nombreuse fidèle à la tradition. Alors il a commencé l’éducation de sa famille, son premier grand devoir dans la vie. Car dans l’Eglise Orthodoxe, avant d’être ordonné prêtre, on doit avoir fait l’école de la famille. En fait, ça lui a été une expérience d’une famille grande et nombreuse, dont plusieurs plus jeunes représentants, bien sûr, sont parmi nous (approbation de l’assistance). Ce n’est pas tellement par la parole qu’il a influencé son entourage, mais surtout par son comportement digne et responsable. Il a pris la charge de sa famille, et plus tard – de la paroisse.

C’est son don d’éducateur responsable qui l’amena à rejoindre le personnel de l’internat à Mongeron, où il rencontre Hélène. Leur mariage l’a conduit à prendre la tête d’une nombreuse famille (ici présente, que je salue), et plus largement – construire autour de soi, avec le succès qu’on lui connait au long des années, la communauté chrétienne, à Eaubonne d’abord, à Vichy ensuite. Cette détermination a orienté sa vie sur la ferme occupation de pédagogue pour le restant de sa vie. Dès lors, se précisa son parcours de témoignage du sens de la vie humaine : le service du prochain et le sacerdoce dans la fidélité au Créateur. C’est dans le contexte de son témoignage que je lui applique la dignité de «Prophète», personnage divinement inspiré, qui révèle et pratique les vérités cachées divines. En ceci il marchait dans les pas de Jésus, qui durant trois ans en Galilée, tel un prophète, se montra témoin et créateur du salut.

Le deuxième aspect majeur en André fut son ordination au sacerdoce. On sait l’amitié réciproque qu’il partageait avec son ainé, le père Alexis Kniazeff, qui facilita son entrée dans la vocation de prêtre. André vivait un émerveillement lumineux célébrant la liturgie eucharistique. C’est cette expérience mystique qui l’a conduit, outre ma propre observation comme son concélébrant à l’autel, à son édition raisonnée du Sacrement de la Communion. Son sérieux dans la prêtrise, sa dévotion au geste sacré, ne pouvaient manquer d’associer la communauté présente à la joie de leur ascension collective au ciel dans l’Esprit, qui est le fond de l’action eucharistique. Il rayonnait, porté par le sérieux du sacrifice du Golgotha. Le miracle se précisait visiblement dans le partage de la communion de foi dans sa communauté, par l’amour de Dieu et du prochain.

Le troisième aspect du parcours du père André, son ultime geste à la suite du Christ, se révéla à moi le dernier jour de sa vie. Etendu sur son lit, sans force ni parole, de sa dernière énergie il indiqua d’un geste circulaire et décidé, à ceux qui étaient présent dans la maison, de venir l’entourer, ce que nous fîmes. Sans un mot, il nous bénit plusieurs fois, comme il l’avait fait maintes fois à l’Eglise durant les offices, indiquant la paix du Seigneur. Ici fut réalisé en lui le don divin du Sacerdoce Royal. Le roi souffre et meurt pour le peuple, offrande de soi-même au Christ Rédempteur. S’appuyant sur sa nature princière première, maintenant royale, le père André a vécu son Gogotha emblématique et salvateur, plein de foi et d’espérance, dans le sillage de la démarche de Jésus ressuscité et dans la certitude de l’amour de Dieu, Sauveur de l’humanité. Ainsi mourut-il, empli de paix et dans la certitude de sa foi.

Les dons de prophétie, du sacerdoce et de la royauté se révélèrent en mon frère en pleine mesure humaine, reflétant la présence du Christ – prophète, prêtre et roi – au centre de sa vie. Il nous ne reste que de nous inspirer de son exemple, valeureux, et en soi modeste, du chrétien qu’il était.

Prêtre Michel Fortounatto (frère du défunt), Le 15 janvier 2020

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CALENDRIER PREVISIONNEL DES OFFICES 2020-2021

CALENDRIER PREVISIONNEL DES OFFICES 2020-2021

Les offices prévus sur cette période sont sujets à modification en fonction des conditions sanitaires et des autorisations ou interdictions qui en découlent. Le calendrier des offices sera systématiquement complété et des précisions seront données. Il est donc prudent de vérifier sur le site si les offices sont maintenus et si des offices supplémentaires sont ajoutés. Les horaires pourront aussi être modifiés. D’autre part, le nombre de fidèles autorisés à participer aux offices étant limité, chaque liturgie sera précédée d’une inscription préalable obligatoire, dans la limite des places disponibles. Inscriptions auprès de Paul Fédèle, notre marguillier (pfedpfed@orange.fr ou 01 39 94 35 55).                          Sauf avis contraire, les liturgies dominicales sont toujours précédées le samedi à 18h00 de vêpres, ou de vigiles – les veilles de fêtes.

Воскресные литургии начинаются утром в 10ч.00. Накануне в субботу вечером служится вечерня в 18ч00. Службы могут быть отменены по санитарным причинам решением префектуры. Убедительно просим проверить на сайте прихода перед каждой литургией, нет ли изменений в расписании служб. К тому же, из-за новых (надеемся временных) законов требуется надевать маски и соблюдать социальную дистанцию во всех закрытых помещениях, что ограничивает число присутствующих прихожан и заставляет вводить обязательную предварительную запись перед каждой службой у нашего старосты (pfedpfed@orange.fr или по телефону : 01 39 94 35 55)

Septembre: dimanche 20

Octobre: dimanche 4    dimanche 18

Novembre: dimanche 1-er    dimanche 15   dimanche 29

Décembre: dimanche 6 (Saint Nicolas)     dimanche 20     jeudi 24: 20h30 : offices de la Nativité

Janvier: dimanche 10 (Théophanie)    dimanche 24

Février: dimanche 7 fête paroissiale      dimanche 28

Mars: dimanche 14 : vêpres du Pardon à 18h00, pas de vêpres le samedi 13                      jeudi 18 : lecture du Canon de Saint André de Crête      dimanche 21

Avril: dimanche 4      vendredi 16 : liturgie des Dons présanctifiés à 19h00               dimanche 25 Rameaux                                                                                                                        jeudi 29 à 19h00: offices du Jeudi saint                                                                                    vendredi 30 à19h00: offices du Vendredi saint

Mai: samedi 1-er : offices de la Résurrection à 20h00                                                          dimanche 16      dimanche 30

Juin:  mercredi 9 à 19h00 offices de l’Ascension        dimanche 20: Pentecôte

Juillet: dimanche 4

 

 

 

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Fête paroissiale dimanche 1-er mars 202

Notre fête paroissiale est marquée cette année par deux événements majeurs. La naissance au ciel du fondateur de notre paroisse et par un nouveau départ pour notre Archevêché. L’année dernière, mise à part, le Père André a toujours été présent physiquement à chacune de nos fêtes paroissiales. Il est aujourd’hui présent, dans son église, mais d’une autre manière.

Dans son intervention de clôture des deux assemblées qui se sont tenues la semaine dernière, Mgr Jean a, entre autres, insisté sur la mission dévolue à chaque paroisse. La vie paroissiale est centrée sur l’eucharistie, sur la communion aux Saintes Espèces. Il n’a pas rappelé, parce que c’est évident, que cette communion devrait être systématique, mais pas banalisée. Pour reprendre l’image que l’on trouve fréquemment dans les Evangiles, une personne qui assiste à une liturgie sans communier se comporte comme un invité à un repas qui refuserait de s’asseoir à table. Mais la communion suppose tout de même un minimum de préparation, ne serait-ce que le jeûne depuis minuit. La vie paroissiale, a ajouté Mgr Jean, doit également être synonyme d’accueil, de fraternité, d’écoute, de compassion. Elle doit être marquée par notre amour les uns pour les autres. Nous sommes appelés par le Christ à porter les fardeaux les uns des autres, fardeaux matériels, comme spirituels. C’est un peu ce qu’affirme le célébrant au cours des offices, au nom de la communauté, en disant : « confions nous nous-mêmes, les uns les autres, et confions toute notre vie au Christ, notre Dieu ». Nous sommes appelés à accueillir toute personne qui franchit la porte de notre église, sans conditions. C’est tout ce qu’a toujours pratiqué le Père André, et vous, paroissiens, avez préservé cet héritage et suivi son exemple. Mgr Jean a cité Saint Irénée de Lyon qui demandait que « les mains des chrétiens soient les mains actives de Dieu en ce monde » – il avait à l’esprit les mains des chrétiens, en général, et pas seulement celles des membres du clergé.

Notre Archevêché prend un nouveau départ. De toutes les assemblées générales, extraordinaires ou pastorales, celles que nous venons de vivre ont été les plus fraternelles et les plus sereines. La douloureuse scission interne que nous avons vécue a eu au moins un effet positif – une sélection s’est faite naturellement. Tous les délégués laïcs et clercs présents étaient sur la même longueur d’ondes. Les 6 % de très rares « opposants » ont tenu des propos mesurés et ne se sont livrés à aucune provocation. L’élection de nos deux futurs évêques, après consultation et accord du Patriarcat de Moscou, est le signe que les promesses qui nous ont été faites seront tenues. Les deux autres candidatures proposées ont été étudiées et leur acceptation repoussée, mais non refusée, pour des raisons objectives et recevables. Nous aurons, en attendant, trois évêques humbles, et proches des fidèles qui leur sont ou leur seront confiés.

Il est certain que le Père André qui, comme nous tous, a mal vécu la dissolution de notre Exarchat et la longue période de troubles et dissensions qui a suivi, est maintenant soulagé et sans doute heureux. Soyons-le également et faisons tout pour être dignes de l’héritage légué par le Père André et de la mission que nous confie notre Archevêché par la voix de son pasteur.

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Théophanie 2020

Nous fêtons aujourd’hui La Théophanie qui est une fête majeure dans le monde orthodoxe. A l’origine, elle était associée à la Nativité et se fêtait le même jour. La bénédiction des eaux, que ce soit en bord de mer, de lac ou de rivière est spectaculaire, surtout si des fidèles plongent dans des eaux qui sont rarement chaudes à cette période de l’année. Le mot Théophanie, comme le mot Epiphanie signifient « manifestation de Dieu ». En Occident, l’Epiphanie commémore l’adoration des mages. Dans l’Eglise orthodoxe, cette adoration des mages est inclue dans la fête de la Nativité – elle est évoquée dans l’Evangile de la liturgie de Noël.

A la Théophanie, nous fêtons le baptême du Christ dans le Jourdain. Par Son baptême, Il a sanctifié les eaux du Jourdain et ensuite toute la Mer Morte, dans laquelle il se jette, puis les terres avoisinantes, arrosées par les pluies – les nuages étant alimentés par l’évaporation des eaux qui ont été bénies, même si dans cette région aride, les pluies sont plutôt rares et irrégulières … De la même façon, quand un prêtre bénit la mer à Marseille, le jour de la Théophanie, c’est l’ensemble des mers et océans qui sont bénis et sanctifiés, dans la mesure où ils communiquent. L’on est passé de l’Ancien testament, avec une bénédiction limitée au territoire de la Palestine élargie, au Nouveau testament, avec la bénédiction de toutes les mers qui recouvrent la terre.

La Théophanie est la première manifestation divine trinitaire – quand le Christ sort de l’eau, l’Esprit de Dieu, troisième personne de la Trinité descend et vient sur Lui, comme une colombe, et la voix du Père ajoute : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, Celui qu’il M’a plu de choisir ».

Le baptême proposé par Jean le Baptiste était un baptême de conversion où ceux qui le demandaient confessaient leurs péchés. Il est donc légitime de se demander pourquoi Celui, dont nous disons dans nos offices, « qu’Il est le seul sans péché », est venu Se faire baptiser par Jean. Le Christ a d’abord sanctifié la nature par Son baptême, Il a ensuite montré avec humilité la voie à suivre aux descendants du premier homme pour pallier les conséquences de sa chute. Jean le Baptiste prônait un baptême de repentir, de conversion, de retour vers Dieu. L’évangéliste Luc rapporte qu’à ceux qui lui demandaient ce qu’il fallait faire après leur baptême, Jean répondait qu’ils devaient « pratiquer le partage, – aux collecteurs d’impôt – de ne rien exiger au delà de ce qui était prescrit par la loi, et aux soldats – de ne molester personne, de ne rien extorquer et de se contenter de leur solde ».

Notre baptême par l’eau, puis par l’Esprit, au moment de la chrismation, ont la même finalité – la purification et le retour vers Dieu. Le jour de son baptême, tous les péchés commis antérieurement par le catéchumène sont effacés, mais évidemment, pas ceux qui suivront. Le baptisé doit renouveler sa pureté retrouvée à chaque confession des péchés. Le nouveau baptisé est porteur d’une responsabilité – il doit assumer son christianisme, où repentir et conversion sont indissociables.

L’eau, bénie aujourd’hui, et conservée jusqu’à l’année prochaine, a de multiples usages qui sont évoqués au cours de l’office de bénédiction des eaux. Il n’est pas nécessaire de remplir des jerricanes – de même que le Jourdain a béni la Mer Morte, l’eau puisée aujourd’hui et rapportée chez nous bénira celle que nous rajouterons ensuite. Mais il ne sert à rien de se plonger dans des eaux glacées ou de boire des litres d’eau bénie en pensant que cela dispense de tout effort spirituel.

Saint Théodore le Reclus, un saint russe du 19-ème siècle, nous met en garde – l’eau bénie au cours d’un office, comme les Saintes Espèces, n’ont pas d’effet automatique ou magique, et ne sont efficaces que sur un terrain favorable, chez ceux qui se sont repentis, ceux qui sont humbles et aident leur prochain.

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Ephésiens 2, 14-22 Lc 8, 41-56    Saint-Prix, décembre 2019

L’extrait de l’épître aux Ephésiens qui vient d’être lu nous concerne, autant qu’il a pu concerner les membres de la communauté d’Ephèse à qui s’adresse l’apôtre Paul. « Le Christ est notre paix – écrit-il, de ce qui était divisé, Il a fait une unité et Il a détruit le mur de séparation qu’est la haine. (…) Vous n’êtes plus des étrangers ni des émigrés, mais des concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu ».

Sur un plan historique, cela signifie que dans un monde ou Juifs, Samaritains et païens, vivaient, au mieux – dans une indifférence mutuelle, au pire – dans une atmosphère conflictuelle, le Christ est venu rassembler et pacifier. Les chrétiens de toutes origines, de statuts sociaux différents, ont formé une même famille où se côtoyaient riches et pauvres, esclaves et hommes libres, Juifs, Romains, Grecs et autres. Nous savons que cette vision idyllique du christianisme primitif a été, malheureusement, très vite mise à mal par les différents egos – que ce soit ceux des apôtres Pierre et Paul, ou ceux des membres des communautés qui se rattachaient à l’un ou l’autre des apôtres et s’en recommandaient. Ces frictions ont eu des conséquences limitées, moins que celles des déviations des ariens et autres hérétiques des premiers siècles du christianisme. Jusqu’au premier schisme, jusqu’à la rupture entre les Eglises d’Orient et d’Occident en 1054, les chemins empruntés par les chrétiens pouvaient être parallèles, sans que leur unité soit remise en cause. La rupture de 1054 a été suivie plus tard d’une autre, tout aussi grave, au sein de l’Eglise d’Occident, avec les conflits violents, avec les guerres de religion que l’on connaît.

Le 20-ème siècle a été progressivement marqué par une volonté d’apaisement dans les relations entre Eglises, autrefois concurrentes, maintenant sœurs. Aux yeux des catholiques nous sommes passés du statut d’hérétiques à celui de schismatiques, puis à celui de frères séparés. C’est loin d’être parfait, mais les progrès sont notables.

Cependant, pour reprendre les paroles de l’apôtre Pierre, « le Malin, comme un lion rugissant, rôdant et cherchant qui dévorer » s’est attaqué ces derniers temps, avec succès, à nous autres orthodoxes, jouant sur les ego, comme au temps des premiers chrétiens, semant la division et parfois la haine. Les chrétiens, par leurs divisions ont été un contre-exemple pendant des siècles, et voilà qu’alors que nos conflits interconfessionnels semblent être en voie de règlement, nous orthodoxes devenons des contre-exemples. Pour l’instant, nos conflits internes sont loin d’être réglés. Chacun a évidemment le sentiment d’avoir raison. Il est difficile d’échapper à l’agressivité ambiante. Alors que faire à notre niveau ? Tout en restant fermes sur nos positions, sans trahir nos convictions, essayons de calmer le jeu autant que possible. Dans nos relations avec l’extérieur, pratiquons la paix, l’entente, la fraternité, et l’ouverture qui règnent dans notre communauté – riche de sa diversité. Gardons l’esprit qui y règne. L’apôtre Paul demande aux Ephésiens « de s’intégrer à la construction (c’est-à dire à l’Eglise) qui a pour fondations les apôtres, les prophètes, et le Christ Lui-même, comme pièce maîtresse». A nous de suivre ses recommandations.

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Lc 16, 19-31 Parabole du riche et de Lazare   Saint-Prix, novembre 2019

 La parabole est un genre littéraire, courant en Orient, et très présent dans le judaïsme. Un court récit imagé aiguise la curiosité. Ce genre littéraire, plutôt oral, est destiné à faire comprendre un enseignement moral ou religieux, aux enfants, comme aux adultes, incultes ou instruits, qui préfèrent écouter une histoire haute en couleurs plutôt qu’un long discours savant et rebutant. L’enseignement est dispensé de façon indirecte, mais attrayante. Les Evangiles comptent une cinquantaine de paraboles.

 Quand les apôtres demandent au Christ de leur expliquer la parabole du semeur, pourtant simple, Il répond de façon très mystérieuse « qu’à eux, il est donné de connaître (directement) les mystères du Royaume, alors qu’aux autres, c’est en paraboles – pour qu’ils voient sans voir et entendent sans comprendre ». Le Christ reprend une citation du prophète Esaïe. Dieu l’envoie parler au peuple, tout en le prévenant de ce qui l’attend: le prophète s’adressera au peuple qui l’écoutera, mais ne comprendra pas, et qui verra, sans voir.

La parabole du riche et de Lazare est moins facile à comprendre que celle du semeur. Et elle donne lieu à différentes interprétations, parfois contradictoires. Les protestants, s’appuient sur elle pour affirmer qu’il ne faut pas prier pour les défunts. Nous, orthodoxes, avons une autre approche. Cette parabole n’est pas une illustration de l’inutilité de prier pour les défunts. Pour Dieu, tous sont vivants, et donc les uns peuvent prier pour les autres, et inversement. Cette parabole n’est pas non plus un éloge de la pauvreté et une condamnation de la richesse. Les pauvres ne sont pas sauvés automatiquement par leur pauvreté, surtout si elle les rend envieux et violents. Les riches ne sont pas plus condamnés par leur richesse, surtout si elle a été acquise honnêtement et si elle leur a permis d’aider leur prochain. Même si le Christ précise que la richesse peut être un obstacle sur le plan spirituel.

Si le riche de la parabole est condamné, c’est parce que sa richesse, son confort et sa volonté de jouissances, lui ont fait oublier Dieu et son prochain. Vous avez entendu au cours de la dernière liturgie une citation du p. Nikon Vorobiov, qui affirmait « qu’au 20-ème siècle, les chrétiens ne pourraient obtenir le salut que par les souffrances et les maladies ». Cela nous ramène à la parabole du riche et de Lazare. Anesthésié par une vie plus qu’agréable, le riche ne s’est pas préoccupé de son avenir dans l’au-delà. Il a vécu comme s’il ne devait jamais mourir. L’on peut supposer que Lazare, lui, a eu une démarche inverse. Dans la maladie et la pauvreté, il a accepté son impuissance, il a acquis l’humilité, ce visa d’entrée au Royaume. Au riche qui veut que ses cinq frères soient avertis de ce qui les attend, s’ils ne changent pas de vie – il est répondu que s’ils ont négligé Moïse et les prophètes, il n’y a aucune chance pour qu’ils soient convertis par un miracle, comme celui de la résurrection de Lazare, un homme dont ils n’ont même pas le souvenir. Ils ont vécu à côté de lui, sans le voir, ignorant son existence. Et il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, dit-on avec raison.

Ne nous mettons pas dans la situation de ceux qui ont à leur disposition l’Ancien et le Nouveau testaments, l’enseignement des pères de l’Eglise et les exemples de vie offerts par les saints, et préfèrent cependant négliger tout cela au profit de la recherche d’une vie confortable. N’attendons pas un deuil ou une maladie grave pour comprendre ce qui est l’essentiel.

Pour ce qui est des allusions de la parabole au lieu de torture qu’est l’enfer – les détails donnés sont d’ordre matériel, dans un but didactique, car l’homme, à tort, a davantage peur de la souffrance physique que de la souffrance morale – plus abstraite. Dans la parabole, la souffrance physique symbolise la souffrance morale. Il ne peut y avoir de souffrances physiques, dans le lieu de verdure et de repos où iront les âmes des justes – comme il est chanté dans la panykhida, dans l’office pour les défunts. Dieu ne peut être à l’origine de souffrances physiques. Ceux qui auront délibérément fait les mauvais choix sur terre seront les propres artisans de leur immense souffrance morale. Imaginons quelle serait notre gêne, notre honte, puis notre souffrance, devant le regard d’une personne que nous aurions trahie, en particulier un proche que nous aimons et qui nous aime, un parent, un conjoint, un enfant ou un ami. Son regard exprimerait le désarroi, l’incompréhension et une immense déception. Et nous aurions envie de disparaître sous terre, et ne le pourrions pas. Ce serait l’enfer.

Faisons notre possible pour ne pas nous retrouver dans cette situation, quand nous rencontrerons le Dieu qui nous aime.

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Dimanche 3 Novembre Saint-Prix 2019

 Dans les Evangiles, il est plusieurs fois demandé au Christ ce qu’il faut faire pour « recevoir la vie éternelle en partage », ou dit autrement, pour « gagner sa place au Royaume ». C’est la question que tout chrétien conséquent, et donc nous tous, devons nous poser. Cette question sous-entend plusieurs choses. Nous sommes mortels, et la conquête du Royaume sur terre, déjà en ce monde, est l’exception. Tout le monde n’est pas Saint Séraphim de Sarov. Pour nous, il s’agit de préparer ici-bas notre vie dans l’au-delà. Notre statut y dépendra de la façon dont nous avons vécu sur terre. Le Christ appelle les plus courageux et les plus motivés à tout quitter pour Le suivre. Il est demandé aux autres de faire leur possible pour observer Ses commandements et de s’en remettre à la mansuétude divine. Après tout, le Christ a dit « qu’Il était venu sauver les pécheurs et non ceux qui se prétendent justes ».

Jean de Valaam a écrit que « notre vie ici-bas était un chemin et une préparation pour l’éternité ». La même idée a été reprise ailleurs, de façon imagée – « notre vie sur terre serait une introduction au livre qu’est notre vie dans l’au-delà ».

C’est donc nous qui déterminons notre sort. Notre responsabilité est immense, notre conduite sur terre déterminera notre vie dans l’éternité. C’est tout sauf anodin. Cela vaut la peine d’y réfléchir dans un monde où, à l’inverse, l’on cherche toujours à trouver un responsable pour tout ce qui dérange.

Les Pères de l’Eglise proposent différentes voies à suivre. Ils n’inventent rien. Imprégnés par les Ecritures, imprégnés par les Evangiles, ils mettent leur vie en conformité avec l’enseignement du Christ et recommandent à tous d’en faire autant. L’on peut classer le Père Nikon Vorobiov dans la catégorie des Pères de l’Eglise contemporains. Ses recommandations sont simples à comprendre et difficiles à appliquer. Il s’adresse à ses paroissiens de province, en Russie soviétique. Il ne s’attendait certainement pas à ce que ses lettres soient rassemblées et publiées d’abord en Russie, puis traduites en français. Ses conseils sont donc ciblés, mais la plupart d’entre eux peuvent nous être utiles.

Il écrit qu’au 20-ème siècle « les chrétiens ne pourront obtenir le salut que par les souffrances et les maladies, et (…) qu’il est difficile de chercher le salut quand on vit parmi des incroyants ». Nos souffrances, en Occident, sont bien supportables. La maladie, elle, ne connaît pas de frontières et est présente à toutes les époques depuis la chute d’Adam. Pour ce qui est de l’incroyance, elle ne se manifeste pas de façon violente dans nos sociétés, mais elle est omniprésente.

Le p. Nikon ajoute que « les gens bien portants et heureux oublient Dieu et ne pensent pas à la vie future – ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir ». Cette description s’applique parfaitement à notre monde moderne. Il est écrit ensuite que « les souffrances et la maladie détournent l’homme des attraits de ce monde et l’incitent à se tourner vers Dieu ». C’est une des réponses possibles au reproche qui est fait à Dieu, quand, nous ne comprenons pas pourquoi Il laisse faire le mal.

Le père Nikon insiste beaucoup sur un point qui nous concerne tous – « la voie qui mène au salut passe par la prise de conscience de ses propres péchés, et non par la condamnation, par le jugement de son prochain (qui nous engagent dans une impasse). Celui qui juge son prochain ne voit pas ses propres péchés ».

Que faut-il retenir de tout cela ? Notre vie sur terre est courte, et elle n’est qu’une transition avant la vie éternelle. Les deux forment un tout. Nous avons tendance à l’oublier, comme nous oublions que nous serons jugés de la façon nous aurons jugé notre prochain – facilité que nous nous octroyons régulièrement, sans problème, car cela nous permet de relativiser nos propres transgressions.

Il y a plusieurs années, il vous a été distribué ici une prière pénitentielle, adaptée d’un modèle, proposé à ses fidèles par le p. Vladimir Lapchine de Moscou, qui lui-même avait adapté la version proposée par le p. Alexandre Men’. Cette prière donne des pistes pour les examens de conscience, quand on ne sait pas quoi dire en confession. Moins nous nous occuperons des péchés des autres, plus nous aurons le loisir de nous occuper des nôtres et de faire preuve de mansuétude envers notre prochain.

 P.S. Ceux qui n’ont pas le texte de la version française de cette prière peuvent la retrouver maintenant sur le site, ainsi que la version russe du p. Vladimir Lapchine qui apparaît en premier sur le site – la version française est en dessous.

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Покаянная молитва о. Владимира Лапшина Prière pénitentielle du p. Vladimir Lapchine

Общая покаянная молитва   о. Владимир Лапшин

Мы постоянно согрешаем перед Богом тем, что забываем о Нем в суете нашей жизни. Даже нельзя сказать, что и забываем — ведь забыть можно того, кого знаешь, кого помнил, а в нашей жизни чаще всего Бога просто нет. Мы не можем Его забыть, потому что мы Его и не знаем, потому что мы никогда Его и не помнили. Мы не раз с вами говорили о том, что в нашей жизни есть религия. В нашей жизни, может быть, даже есть идея Бога, есть определенные представления о Боге, есть определенные правила, религиозные предписания — то есть все то, что можно назвать религией. Но нет Бога. Нет Бога Живого, Бога, Которого бы мы любили, Бога, с Которым бы мы общались, Бога, Которого бы мы слушали, Бога, которому бы мы доверяли свою жизнь, Бога, за Которого мы готовы были бы умереть. Ведь что такое любить? Любить кого-то — это, значит, быть готовым отдать жизнь свою за этого человека. Или — за Бога. Первая заповедь — Господь говорит: «Возлюби Господа Бога твоего всем сердцем твоим, всею душою твоею, всем разумением твоим» — вот эту-то заповедь мы не исполняем. Мы не любим Его, потому что Его просто нет в нашей жизни. Но самое страшное — то, что мы порой просто и не хотим Его знать. Мы не хотим, чтобы Он был в нашей жизни. Нас вполне устраивает религия. Нас вполне устраивают правила, которые мы можем выполнять, а можем не выполнять — мы всегда найдем себе оправдание: почему я не исполнил ту или иную заповедь, мы всегда найдем себе какие-то смягчающие обстоятельства, если нам не удалось выполнить то или иное религиозное предписание. А что будет, если в нашу жизнь ворвется Бог? Если Он начнет действительно владычествовать, если Он действительно проявит Свою силу и власть — да что же это за жизнь будет? Зачем это нужно? И мы не впускаем Его. Мы не знаем Его, и знать не хотим. Конечно, мы Ему прямо этого не говорим, мы не говорим Ему: «Я Тебя не знаю, и знать не хочу. Я Тебя не люблю и не хочу любить. И не хочу за Тебя умирать и не хочу жить с Тобой», — конечно, мы до такой наглости не доходим. Но всей своей жизнью, всем своим поведением, всеми своими отношениями мы свидетельствуем именно об этом. Мы это прикрываем благочестивыми словами, благочестивыми молитвами, которые вычитываем по молитвеннику. Ведь мы с Ним не общаемся: любить кого-то — это, значит, быть в постоянном общении с этим любимым. Это значит — постоянно с ним говорить, его слушать. Может быть, просто быть рядом, чтобы сердца бились в унисон. Но в нашей жизни этого нет. Но мы понимаем, что вроде что-то должно быть, поэтому вот это общение, вот эту подлинную молитву мы заменяем молитвословием, молитвенным правилом: отбарабанили утреннее правило — ну и хорошо, вроде я помолился, отбарабанили вечернее правило — вроде бы и замечательно. Но это же… это же страшная подмена, это ложь. Это ложь. Это не молитва, это не общение с Богом, это не проявление любви. Представьте себе — здесь люди все взрослые — что вы кому-то … ваш муж или ваша жена, или просто любимый человек, и вот была любовь — сколько красивых слов вы находили! Вам не нужен был Пушкин, вам не нужен был Шекспир, вам не нужны были сонеты Шекспира, вы обходились своими словами, вы находили простые и в то же время красивые, удивительно глубокие слова для того, чтобы передать свою любовь. И потом что-то куда-то исчезло. Но вы понимаете, что общение-то должно какое-то быть. И вот вы отделываетесь дежурными фразами, какими-то дежурными словами. Можете стихи прочитать. Но вы прекрасно понимаете, что любви-то нет. И что это ничего не передает, это просто затыкает дырку в бублике, это заполняет паузу неловкую. Вот то, что мы называем молитвой, то, что мы называем нашими отношениями с Богом, то, что мы называем нашей духовной жизнью — это и есть вот эта дырка от бублика, которую мы пытаемся заполнить. Это и есть заполнение паузы. Мы должны это понять. Мы должны это признать, честно. Лучше честно сказать: «Да, Господи, все на самом деле так, все так катастрофически, все так страшно. Но я не хочу, чтоб так было, я понимаю, что так нельзя. Помоги мне Сам, хочу я или не хочу. Помоги мне, спаси меня, вытащи меня!» И это будет честнее, это будет правильно, вот тогда действительно что-то в нашей жизни будет происходить, меняться. А ведь можно годами, годами замазывать вот эти трещины, щели, прикрывать, маскировать все это. Видимым благочестием. А потом с ужасом понять, что десять, двадцать, тридцать лет прожил, пробыл в Церкви, ходил в церковь — и ничего не произошло. Люди приходят, часто порой говорят, с ужасом говорят: «Я стал хуже, чем я был когда-то». Может быть, реально, действительно. Не в том смысле даже, что мы стали совершать какие-то более страшные поступки, нет. Это не так страшно на самом деле. Это не так страшно. Страшно — когда мы вообще просто перестаем что-то замечать. Страшно — когда мы просто перестаем что-то чувствовать. Страшно — когда наступает отупение, окаменение сердечное. Отупение чувств — вот что страшно. Это — то, что обличал Господь, Он постоянно говорил: «Горе вам! Горе вам, книжники и фарисеи, горе!» Потому, что действительно, Живого Бога они заменили книгами, обрядами, предписаниями, молитвословием и так далее. Но ведь это все в нашей жизни, все то же самое. Все то же самое.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем тем, что постоянно забываем благодарить Его за те испытания, за те скорби, за те трудности, которые Он посылает в нашу жизнь. Мы никак не хотим понять, принять, смириться с тем, что вот это и есть то, что нам сегодня более всего необходимо. Ведь мы, в конечном счете, хотим, хотим где-то в глубине, в самой глубине, там, где дыхание Божие живет в каждом из нас, то, что от Духа Божия — вот в той глубине каждый из нас хочет все-таки соединиться с Богом. Каждый из нас все-таки хочет спасения. Но спасение невозможно без духовной работы. Спасение невозможно без духовного возрастания. Мы не раз говорили, что Царство Божие — это не царство калек, духовных и нравственных уродов. Царство Божие — это царство святых, это царство совершенных, это царство обоженных людей. И этими святыми, совершенными, обоженными должны стать мы. И мы не раз с вами говорили о том, что мы мало, что можем для этого сделать. Бог дает нам обожение, Бог освящает, Бог совершенствует. Но Он это делает через те испытания, через те скорби и трудности, через которые мы должны пройти. Такая духовная работа. Господь ставит задания, Господь создает эти условия, Господь разрабатывает методику, скажем так, но делать-то мы должны. С Его помощью, по Его советам, по Его наставлениям, следуя за Ним. Но — мы. За нас этого никто не сделает. И мы должны были бы благодарить Бога за Его доверие к нам, за то, что Он дает этим испытаниям входить в нашу жизнь. Но вместо благодарения — ропот, ворчание, постоянное недовольство…

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем тем, что, не желаем понимать или принимать эти, по сути, самые начала христианства. Ведь то, о чем я сейчас говорил, это не какие-то вершины духовной жизни, это не какие-то тайны откровения Божия — это начала христианства, это самые азы, это то, о чем должны говорить в первый день в первом классе детской воскресной школы. Это — то, с чего христианство начинается. Господь говорит: «Если кто хочет следовать за Мной, кто хочет быть христианином — отвергнись себя (то есть: забудь о себе), возьми свой крест и иди за Мной на Голгофу». Христианство — с этого только начинается. Но мы не хотим. Не хотим, чтобы оно начиналось в нашей жизни. Мы не хотим креста, мы не хотим Голгофы, мы не хотим следовать за Христом. Поэтому мы просто подменяем христианство языческой религией. Ведь то, во что мы превращаем христианство, то, что порой мы называем православием — это самый примитивный шаманизм, и мы не раз об этом с вами говорили.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем и против людей. Согрешаем той же нелюбовью: как мы не любим Бога, мы точно так же не любим и людей. Мы бываем равнодушны к страданиям других, бываем жестоки, очень часто гневаемся, раздражаемся.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем осуждением других людей, тем самым, осуждая самих себя. Ведь Господь говорит: «Не судите! Не судите, и не судимы будете. Каким судом судите других, таким судом и вас будут судить. Какой мерой мерите другим, такой мерой и вам отмерится».

Мы согрешаем порой завистью к другим людям, согрешаем злорадством, согрешаем какими-то гнилыми, грязными, ненужными словами, ложью, наговорами, слухами, сплетнями, пересудами, порой даже не считая это грехом. Очень часто какие-то пересуды, обсуждения кого-то становятся нормой нашей жизни. Мы постоянно начинаем наши разговоры: «А ты знаешь, вот он (или «она») вот то-то и то-то, а вот он-то…» Мы много раз с вами говорили, что говорить о ком-то за его спиной — это грех. Это грех. И мы постоянно это делаем, мы постоянно этим грешим.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем тем, что очень легко обижаем других людей и очень легко обижаемся сами. Но очень трудно прощаем. Очень трудно прощаем. Хотя нам с вами Господь говорит: «Прощайте! Прощайте — и прощены будете». Каждый день мы помногу раз читаем молитву «Отче наш» или, по крайней мере, должны были бы ее помногу раз читать. Мы произносим слова: «И остави нам долги наша яко же и мы оставляем должником нашим», — то есть: прости нам наши грехи так, как мы прощаем другим людям. Но ведь мы сами-то не прощаем. С трудом прощаем. То есть, тем самым мы себе подписываем приговор. Мы сами, читая эту молитву, тем самым говорим Богу: «Господи, Ты видишь: я не прощаю — и Ты мне не прощай. Вот так, как я не прощаю, так и Ты мне не прощай», — вот ведь что мы произносим. Мы порой тараторим эти слова, не вдумываясь. Давайте сейчас хотя бы вдумаемся. Давайте сейчас хотя бы, перед началом этой Божественной Литургии поймем, что нельзя жить с обидой, нельзя жить с немирным сердцем. Давайте будем молиться, давайте будем сейчас пытаться простить тех, кто обидел нас, и просить у Бога прощения.

Господи, прости нас грешных так, как мы сейчас пытаемся простить согрешившим против нас!

Господь заповедал нам любить врагов наших. Давайте вдумаемся в эти слова: «любить врагов». Павел говорит о любви: «любовь долготерпит, любовь милосердствует, любовь покрывает все, любовь все прощает, любовь не ищет своего», не ищет своей выгоды, какого-то своего интереса. И вот мы так должны относиться к врагам нашим. К тем, кто нам вредит, к тем, кто делает что-то подлое по отношению к нам. Если мы честно посмотрим на свои отношения с людьми, то мы увидим, что мы даже к родным, к близким — то есть, к тем людям, кого мы безусловно должны любить — даже к ним мы так не относимся. Даже в отношении к ним мы бываем жадными, расчетливыми, нетерпеливыми, бескомпромиссными.

Господи, прости нас грешных!

Мы очень часто согрешаем гордыней, тщеславием, самомнением. Мы согрешаем тем, что отягощаем свою душу дурными помыслами, нечистым воображением.

Мы согрешаем и тем, что убиваем свою жизнь своим телесным невоздержанием. Невоздержанием в питье, в пище, в развлечениях, в удовольствиях.

Господи, прости нас грешных!

Родные мои, давайте будем сейчас молиться, давайте будем молиться, просить у Господа прощения за все то, в чем мы действительно виноваты. Давайте будем молиться, просить Его об исцелении от наших духовных и душевных немощей, с которыми мы сами не справляемся. Ведь все то, о чем мы сейчас с вами говорили — в лучшем случае, мы можем видеть в себе это, мы можем сожалеть о том, что в нас это есть, но мы ничего не можем сделать для того, чтобы этого не было. Никто из нас сам не может справиться со своей гордыней, никто из нас сам не может справиться со своей раздражительностью, или гневливостью, или болтливостью, или лживостью. Это невозможно человеку. Но невозможное человеку возможно Богу. Господь может омыть, очистить, исцелить, но только при одном условии: если мы будем этого хотеть, если мы будем этого жаждать, если мы будем к этому стремиться всей своей жизнью. Если мы будем этого хотеть каждой клеточкой своего тела, каждой клеточкой своей души — тогда это обязательно придет. Может, не сразу, не вдруг, но придет. Давайте будем сейчас молиться, просить Господа о том, чтобы Он дал нам сегодня возможность неосужденно подойти ко Святой Чаше, не по нашим заслугам, не по нашим каким-то достоинствам — их просто нет у нас — а исключительно по Его милости, по Его любви.

Давайте будем молиться.

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Prière pénitentielle

Dans ses Mémoires d’espérance qui viennent d’être publiées, Olivier Clément compare la communion à “des grains de feu qui peuvent s’éteindre s’il n’y a pas de vie spirituelle pour les accueillir”.

Dans nos paroisses il y a deux attitudes face à l’Eucharistie – dans beaucoup de paroisses slavophones, russes ou serbes, la communion est rare et doit être précédée d’une préparation spirituelle sérieuse. Dans la plupart des paroisses francophones la communion est fréquente, sinon systématique, ce qui répond mieux aux règles établies par l’Eglise, puisque un clerc – prêtre ou diacre peut être sanctionné s’il assiste à une liturgie sans participer à l’Eucharistie (sans raison valable). Ce qui vaut pour les clercs s’applique avec un peu moins de sévérité aux laïcs. La communion fréquente est donc non seulement un bien, mais elle est nécessaire.

Le danger peut venir d’une certaine forme de banalisation. Une préparation “à la serbe” avec jeûne et préparation intense étalée sur une semaine équivaudrait pour ceux qui désirent communier à chaque liturgie à un carême perpétuel qui ne semble pas recommandable. Une préparation qui se limiterait au seul jeûne eucharistique depuis le samedi-minuit est insuffisante. Nous prions pour que la communion ne nous soit ni jugement, ni condamnation. Pour éviter la banalisation, certaines paroisses russes font précéder chaque liturgie d’une prière pénitentielle qui a un peu l’aspect d’une confession collective, mais n’en est pas une, et ne peut en aucun cas remplacer la confession individuelle. Les fidèles viennent à l’église une demi-heure avant le début de la liturgie et écoutent le prêtre énoncer les fautes que nous commettons tous et demandent pardon à Dieu. Les circonstances font que cette tradition ne peut être instituée que progressivement et en fonction des attentes des paroissiens. Dans notre communauté il semble difficile de la mettre en place, ne serait-ce que pour des raisons simplement matérielles. Dans un premier temps il vous est proposé de lire, si possible le matin, avant la liturgie, une ébauche de prière pénitentielle qui ne sera pas une traduction de celles en vigueur en Russie, mais une adaptation libre en fonction des réalités occidentales. Cette prière pénitentielle n’est qu’une première ébauche, très imparfaite qui sera remaniée et, si possible améliorée avec votre aide. Une “version originale” parmi d’autres est jointe à titre documentaire pour les russophones.

PRIERE PENITENTIELLE

Nous péchons constamment contre Dieu que nous évacuons de notre vie, dont Il est absent parce que cela nous arrange. Dès que nous sommes sortis de l’église, nous vivons comme s’Il n’existait pas. Nous pensons que nous croyons en Lui, mais nous n’en assumons pas les conséquences, et nous portons un contre-témoignage, car le Christ nous demande d’être le sel de la terre, alors que par notre attitude nous permettons à ceux qui ne croient pas, d’attribuer nos défauts à l’Eglise dont nous sommes membres. Si nous croyions vraiment en Dieu, nous serions conscients de Sa présence permanente et nous pécherions beaucoup moins: qui se livre à un excès de vitesse devant un radar, ou commet une infraction devant un représentant des forces de l’ordre, ou dit en face de quelqu’un tout le mal qu’il pense de lui ?Nous péchons contre Dieu quand nous lui accordons beaucoup moins de temps qu’à nos loisirs qui ne sont pas, eux-mêmes, toujours sources de régénération spirituelle, quand nous préférons lire un ouvrage ou une revue médiocres ou regarder une émission tout aussi médiocre plutôt que de consacrer un peu de temps à la prière ou à la lecture des Ecritures.

Nous péchons contre Dieu quand nous oublions de Le remercier quand tout va bien, ou en tout cas, pas si mal. Quand nos prières ne sont qu’un catalogue de requêtes égoïstes.

Nous péchons contre Dieu quand nous avons peur de l’avenir, parce que nous manquons de confiance en Lui.

Nous péchons contre Dieu quand nous Le tenons pour responsable des malheurs qui nous arrivent ou des épreuves que nous traversons et Lui en voulons pour cela. Nous ne comprenons pas que les épreuves sont nécessaires à notre progression. Un enfant n’apprend pas à marcher en un jour, il affronte des difficultés, il tombe avant de se relever. Il en va de même dans la vie spirituelle. Ayons la force de remercier Dieu pour les épreuves qui nous permettent de nous relever.

Nous péchons contre Dieu quand nous Lui adressons des prières automatiques, sans réfléchir à ce que nous Lui disons, comme si nous accomplissions un devoir qui devrait Le satisfaire. Nous péchons quand nous pensons que notre présence aux offices est un sacrifice, alors que ce devrait être l’inverse.

Nous péchons contre Dieu quand nous oublions à quel point nous sommes pécheurs, quand nous perdons la conscience de nos fautes et estimons que nous ne sommes pas si mauvais que cela. Nous péchons quand nous demandons le pardon de nos fautes sans demander notre guérison, car cela impliquerait des changements dans notre vie que nous ne sommes pas prêts à assumer.

Nous péchons contre Dieu quand nous essayons de trouver des justifications à nos manquements envers Lui et envers les hommes, quand nous nous mettons nous-mêmes et notre bien-être au centre de nos préoccupations et ne voyons dans notre prochain qu’un instrument à notre service.

Pardonne-nous, Seigneur, de ne pas T’aimer de tout notre coeur, de toute notre âme et de tout notre esprit et envoie-nous Ton Esprit pour nous guérir de nos infirmités, car nous ne pouvons rien sans Ton aide.

Nous péchons constamment contre les hommes et contre nous-mêmes quand nous nous mettons en colère, quand nous restons indifférents aux souffrances des autres ou essayons de ne pas les voir pour ne pas être gênés dans notre confort personnel.

Nous péchons contre les hommes et contre Dieu quand nous jugeons notre prochain. Nous ne nous rendons pas compte de ce que nous demandons dans la prière du Seigneur. En disant: “pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés”, nous signons notre condamnation. Pardonne-nous, Seigneur, comme nous essayons de pardonner notre prochain. Nous péchons aussi quand nous oublions les bienfaits dont nous avons bénéficié de la part de notre prochain, alors que nous gardons en mémoire la moindre vexation que nous avons subie.

Nous péchons contre notre prochain lorsque nous le jugeons et condamnons ses fautes même réelles ou passons en revue ses faits et gestes en son absence. Pardonne-nous, Seigneur, accorde-nous la maîtrise de nos paroles, et la sagesse de ne dire d’autrui que ce que nous serions capables de lui dire en face. Cham n’avait pas inventé la nudité et l’état d’ébriété de son père Noé, mais il n’en a pas moins été maudit pour s’être moqué de lui.

 Nous péchons contre Dieu, notre prochain et nous-mêmes, car nous détruisons l’image de Dieu en nous quand nous éprouvons de l’envie, quand nous éprouvons une joie mauvaise à la vue des défauts ou des échecs de notre prochain.

 Nous péchons contre notre prochain quand nous ne parvenons pas à aimer ceux qui nous ont fait du mal. Pardonne-nous, Seigneur, et donne-nous la force au moins de ne pas les détester.

Nous péchons contre nous-mêmes, lorsque poussés par notre orgueil, nous voulons à tout prix avoir raison.

            Prière du père Alexandre Men’:

            “Seigneur, délivre-nous du désir d’éviter les vexations, d’imposer nos opinions, de voir nos conseils acceptés, d’être félicités, d’être loués, d’être respectés, d’être les premiers, d’être aimés, délivre-nous de la peur d’être négligés, d’être soupçonnés, de ne pas être reconnus, d’être mal compris, d’être rejetés, d’être calomniés, d’être humiliés, d’être ridiculisés. Aide-nous, Seigneur, à accepter avec amour et à supporter que d’autres soient mieux considérés que nous, que l’on ne nous remarque pas alors que d’autres ont des marques d’attention, que nous n’ayons pas la première place, que l’on nous préfère d’autres personnes, … Accorde-nous, Seigneur la grâce de l’humilité et de l’amour”.

Nous péchons contre Dieu et contre nous-mêmes quand nous éprouvons de la vanité, de la suffisance, quand nous avons des pensées impures, quand nous employons des mots choquants alors que nous aurons à répondre de toute parole que nous aurons prononcée, quand nous nous livrons à des excès en tous genres dans les domaines de l’alimentation, de la boisson ou des distractions alors que ces excès détruisent notre vie sur les plans matériel et spirituel.

Nous péchons contre Dieu, contre notre prochain et contre nous-mêmes quand par notre négligence ou notre consommation excessive nous contribuons à la destruction de la planète qui nous été confiée par Dieu, ou à l’appauvrissement des populations qui sont déjà pauvres.

Nous savons que nous sommes faibles et que nous ne pouvons rien faire sans Ton aide, Seigneur. Envoie-nous Ton Esprit afin qu’Il nous guide dans notre vie, qu’Il nous guérisse de nos infirmités et nous permette de communier aujourd’hui sans que cela nous soit un jugement ou une condamnation.

Prière pénitentielle.

La prière pénitentielle qui a été proposée pendant le carême pour permettre, entre autres, une meilleure préparation à la communion a été parfois perçue comme culpabilisante. C’est un bien si l’on ne reste pas au seul aspect culpabilisant qui n’est qu’un moyen pour aider à progresser dans la vie spirituelle.

Cette prière est une liste très incomplète des péchés que nous commettons tous à un moment ou un autre, parfois en permanence. Elle est un rappel douloureux de notre situation de pécheurs. Les Ecritures insistent sur les deux commandements essentiels – il faut aimer Dieu et aimer son prochain. Tous les autres commandements en découlent. Si l’on s’en tient à une vision superficielle de notre situation, la conclusion est que nous ne nous en tirons pas si mal. Dans les milieux chrétiens, à de très rares exceptions près, qui va penser ou dire qu’il n’aime pas Dieu et qu’il n’aime pas son prochain ? A la rigueur, il n’est pas trop difficile d’admettre que l’on n’aime pas trop un prochain concret. Si on l’admet, on ajoute immédiatement les raisons objectives pour lesquelles ce prochain n’a que ce qu’il mérite – de notre part. Il y deux types de christianisme – l’un qui apaise, qui tranquillise, qui n’incite pas trop à se poser de questions, en un mot qui endort. C’est l’attitude du frère de l’enfant prodigue, c’est celle du jeune homme riche qui observe les commandements et demande au Christ ce qu’il faut faire de plus pour obtenir le Royaume. Il y a un autre christianisme qui est beaucoup plus dérangeant, qui nous place constamment devant nos responsabilités, qui nous met dans une situation d’instabilité permanente. C’est le vrai christianisme, mais nous avons une sainte horreur de l’instabilité, du déséquilibre qu’elle engendre. Nous voulons des résultats concrets et définitifs, nous avons soif de compliments et de signes qui nous indiquent que nous sommes sur la bonne voie. Or rien n’est acquis définitivement. La vie spirituelle est un combat permanent, elle exige un travail sur soi constant dont on ne voit pas la fin. C’est le contraire du repos, c’est l’inverse de ce à quoi tout le monde aspire naturellement.

Dans son immense sagesse l’Eglise-institution prévoit des plages d’activité spirituelle plus intense – les carêmes, les mercredis et les vendredis, c’est à dire près de la moitié de l’année, et des plages de repos relatif, parce que personne n’est capable de fournir des efforts intenses et continus sur toute une vie. Et si quelqu’un était capable de le faire, il y aurait de fortes chances pour qu’il sombre dans l’orgueil. C’est l’orgueil qui a fait tomber le premier homme. L’attitude chrétienne, c’est de prendre conscience de nos innombrables fautes, c’est aussi d’avoir l’humilité des saints qui ont compris que seuls, sans l’aide de l’Esprit, nous ne sommes capables de rien. En cas d’amélioration, le seul mérite que nous puissions nous attribuer est celui d’avoir laissé l’Esprit agir par notre intermédiaire. Cela va contre notre nature profonde et ce n’est pas gratifiant. Cela ne devient gratifiant que lorsque nous avons procédé à une révision complète de nos valeurs, quand nous sommes passés d’un christianisme de confort à un christianisme authentique. Le Christ nous a avertis – la voie est étroite, le chemin est difficile, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Le but qui nous est fixé est impossible à atteindre. Mais ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Il pallie nos insuffisances. Nous sommes aussi infiniment imparfaits que Dieu est parfait. Acceptons l’aide que Dieu offre en permanence et laissons agir l’Esprit Saint en nous. Nous n’atteindrons jamais la perfection, mais nous avancerons sur la bonne voie. Il y aura des chutes et des rechutes. Si notre progression nous paraît facile, c’est que nous faisons fausse route, mis à part quelques instants trop rares de grâce particulière qui sont donnés pour permettre de tenir. Demandons à l’Esprit la force de ne pas dévier, d’accepter les chutes comme un mal nécessaire pour nous rappeler notre imperfection. La notion de repos éternel suppose que, de notre vivant, le repos sur le plan spirituel n’est pas vraiment prévu. Et n’oublions pas que le Christ n’est pas venu pour ceux qui se prétendent justes, mais pour ceux qui se reconnaissent pécheurs.

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