Vérifier systématiquement les dates et horaires des offices

Il est conseillé de vérifier systématiquement à la rubrique « calendrier » les horaires et dates des offices qui peuvent être modifiés en fonction des mesures saintaires. Dans tous les cas de figure les paroissiens réguliers seront avertis personnellement par mail ou SMS.

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HORAIRE MODIFIÉ

Les offices de la Nativité commenceront jeudi 24 à 20h00 et non 20h30. Et le nombre des fidèles étant limité en raison des réglementations sanitaires, malheureusement, ne pourront participer à l’office que ceux qui se sont inscrits auprès de Paul Fédèle. Le séminaire d’Epinay-sous-Sénart diffuse sur internet et You Tube les Grandes vêpres de Noël et la première liturgie à 18h00 et les matines de la Nativité suivies de la liturgie de Noël à 23h00.

 

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Intervention du Père Michel Fortounatto aux funérailles du Père André, le fondateur de notre paroisse

A la mémoire de Père André, prononcé à ses funérailles. Ces notes sont au confluent du texte que j’avais préparé la veille, et de l’allocution dite à ses funérailles (en italiques).

J’ai connu mon frère, le père André, depuis le jour de sa naissance, je l’ai vu grandir, devenir un homme. Même de loin, lorsque j’étais à Londres, j’ai pu suivre son parcours, me demander quelle sorte d’homme était devenu mon frère. Cela m’a permis d’organiser mes pensées, pour vous, que j’ai mises sur cette feuille de papier. Je vais relire ce que j’ai écris hier soir, et avant-hier, c’est-à-dire après sa mort. J’ai vu sa vie en entier, la somme de ce qu’était son chemin vers Dieu. Je vais vous présenter maintenant le résultat, vous montrer ce qu’était André, à mes yeux, comme homme de foi, comme l’est devenue toute sa famille à sa suite.

C’était le temps de la débâcle française de juin 1940. Papa, qui s’était porté volontaire dans l’armée française, avait été transféré dans un camp d’officiers prisonniers de guerre en Allemagne. Pour un temps, Maman s’est retrouvée ainsi en charge d’une petite famille de trois garçons, dont j’étais l’aîné. En l’absence du père elle a inculqué en moi le sens de responsabilité pour notre jeune famille.

 C’était donc l’année de la « débâcle »de 1940, j’avais 9 ans. C’est beaucoup, assez dans un garçon pour acquérir une expérience vitale. André est né à un moment où Père s’était engagé dans l’armée française comme sous-lieutenant, fut fait prisonnier, et envoyé en Allemagne. Il n’y est pas resté longtemps, car il avait 3 enfants, 3 garçons. De plus, on l’avait compté comme ayant participé à la guerre de 1914-18. Après 13 mois il fut relâché, à la maison. Maman c’était retrouvée seule avec 3 garçons en 1940, ce fut très difficile pour elle, mais elle m’a dit que « dorénavant c’est toi le chef de famille ». Oh là-là ! Comment cela va se faire ? Je me souviens comment ses paroles m’ont marqué. J’avais pris conscience de porter les soucis de mes petits frères, responsable de mes frères. Je ne sais pas comment cela s’est manifesté concrètement, mais je devins conscient que j’avais pris la responsabilité pour mes frères, responsable de mes frères. En tout cas j’ai ressenti dès lors une tendresse envers mes frères, mes petits frères, cette tendresse ne m’a jamais quitté, même quand Papa était revenu de captivité, et ce sentiment m’est resté vivant jusqu’au jour de la mort du « petite frère ». Tendresse envers André, autant que pour Wladimir. Ce sentiment était resté ancré en moi toute ma vie, caché à l’âge adulte. Je le voyais donc grandir, quand il est devenu un homme mûr, une personnalité marquante, un géant d’homme, avec une force musculaire impressionnante.

 Quoique tôt déjà, il préférait dans la vie ordinaire – rester et faire les choses tout seul, comme un enfant unique… Cela a marqué sa personnalité, souvent il restait renfermé. C’était le temps où nos parents avaient divorcé. Il avait peut-être 10-12 ans, un moment très peu opportun pour perdre ses parents. Certainement, ce tournant dans l’existence familiale a eu son effet. Cependant, nos parents n’ont pas cessé personnellement de nous aimer, leurs fils, chacun de son côté. C’est alors que son caractère prenait forme. Il y a eu un moment, un trait que je ne savais pas comment formuler, mais que mon épouse avait remarqué, quand elle m’a dit : « André est un prince ! » En effet, quand je l’ai regardé de plus prêt, il avait l’allure d’un prince, la stature d’un prince, il se comportait dignement comme un prince. J’étais amusé – comment, s’il était prince, et moi je ne l’étais pas (rires) ? En tout cas, Mariamna avait saisi une qualité unique que l’on obtient à naissance. Il a toujours gardé une attitude pleine de dignité, presque militaire, un comportement distingué mais sans orgueil. Cette qualité qui ressortait, avait un fond mélangé bien sûr. Je connaissais en lui un côté ombrageux qui pouvait surprendre. Ce n’était pas toujours facile d’avoir affaire à lui. Il avait des défauts de caractère, comme il portait une grande réserve de qualités majeures.

Ainsi, j’ai gardé à vie, un sentiment de « tendresse » (naturellement cachée) pour mes deux frères, ce petit frère en l’occurrence, qui depuis a grandi pour devenir un géant de taille, doté d’une force physique remarquable. Mon épouse Mariamna, l’ayant connu quand il avait 18 ans, reconnaissait en lui un personnage naturellement « princier ». En effet, la dignité était en lui un aspect évident de son caractère et de son comportement. En fin de compte, il est mort comme un vénérable chêne déraciné dans la tempête.

 A ce moment de mon exposé, je dois me poser la question quant à l’ensemble de sa vie, à quoi était-il arrivé ultimement. Mon propos n’est sensé être – ni un récit historique de sa vie, ni une description psychologique, mais l’image de ce qu’est, peut être, le regard de Dieu sur lui, un exemple pour nous. Quel est son profile, maintenant qu’il se présente au jugement divin. Même si je l’ai souvent trouvé ombrageux, mais ni les défauts, ni les qualités, n’ont d’incidence sur la façon dont le Créateur veut nous le montrer, son chemin vers Lui, son exemple pour nous. Je crois avoir réussi de comprendre les stades de sa vie, son grandissement. A un jeune âge, déjà il aimait beaucoup l’office à l’Eglise, il était servant à la paroisse d’Asnières, et ailleurs.

 Nous l’avons connu en serviteur fidèle du Seigneur. J’ai dû attendre le jour de son décès pour apprécier toute la mesure de sa fidélité religieuse. Croyant fervent, André s’inscrit dans le cadre de la vie évangélique de Jésus dans son parcours terrestre, et que la Sainte Ecriture caractérise théologiquement comme: Prophète, Prêtre et Roi. C’est ainsi que je l’ai vu, lumineux de vérité, juste quelques heures avant son départ pour le Seigneur. Voici comment s’est articulée cette vision.

Etant croyant, André s’inscrivait dans le cadre de la vie évangélique de Jésus. Qu’il le savait ou non, je ne sais pas. J’observais, maintenant je le vois dans le fond de son être. Pour ne pas verser dans l’émotionnel, je voudrais rationaliser mon propos, le placer dans un cadre théologique. Je prendrai pour cadre la vision de Jésus. Jésus était prophète, Jésus était prêtre, Jésus était roi.

 Dans la 1e partie de sa vie, il s’était montré, il était devenu parfait pédagogue, il avait le talent de l’être, la disposition de savoir apprécier le développement d’un être humain. Cela correspond au don de la prophétie. Un prophète, c’est quelqu’un qui enseigne, qui mène au transcendant, quelqu’un qui dans sa vie témoigne de la vérité. André possédait les moyens de le faire. Il avait cette force, il avait cette obstination, il avait l’énergie, le savoir évènemental de faire participer ceux de son entourage à une vie digne, les enfants surtout…

 La première qualité, que je notais en lui, est sa discipline personnelle. Il s’inscrivait naturellement dans les structures dans lesquelles il occupa un rôle responsable. Il occupa des fonctions responsables dans le mouvement Scout. L’année où un jeune campeur mourut tragiquement, c’est lui qu’on choisit pour accompagner le corps du défunt à ses parents. Il était capable de prendre sur soi la responsabilité pour cette mort, de rendre le corps inerte de cet enfant à ses parents.

Professionnellement, il a rejoint le personnel de l’internat situé à Montgeron au sud de Paris. C’est là où il a rencontré sa future épouse, Hélène, éducatrice elle aussi, ils se sont mariés, et sa vie s’orienta. Ils ont fondé une famille, une famille nombreuse fidèle à la tradition. Alors il a commencé l’éducation de sa famille, son premier grand devoir dans la vie. Car dans l’Eglise Orthodoxe, avant d’être ordonné prêtre, on doit avoir fait l’école de la famille. En fait, ça lui a été une expérience d’une famille grande et nombreuse, dont plusieurs plus jeunes représentants, bien sûr, sont parmi nous (approbation de l’assistance). Ce n’est pas tellement par la parole qu’il a influencé son entourage, mais surtout par son comportement digne et responsable. Il a pris la charge de sa famille, et plus tard – de la paroisse.

C’est son don d’éducateur responsable qui l’amena à rejoindre le personnel de l’internat à Mongeron, où il rencontre Hélène. Leur mariage l’a conduit à prendre la tête d’une nombreuse famille (ici présente, que je salue), et plus largement – construire autour de soi, avec le succès qu’on lui connait au long des années, la communauté chrétienne, à Eaubonne d’abord, à Vichy ensuite. Cette détermination a orienté sa vie sur la ferme occupation de pédagogue pour le restant de sa vie. Dès lors, se précisa son parcours de témoignage du sens de la vie humaine : le service du prochain et le sacerdoce dans la fidélité au Créateur. C’est dans le contexte de son témoignage que je lui applique la dignité de «Prophète», personnage divinement inspiré, qui révèle et pratique les vérités cachées divines. En ceci il marchait dans les pas de Jésus, qui durant trois ans en Galilée, tel un prophète, se montra témoin et créateur du salut.

Le deuxième aspect majeur en André fut son ordination au sacerdoce. On sait l’amitié réciproque qu’il partageait avec son ainé, le père Alexis Kniazeff, qui facilita son entrée dans la vocation de prêtre. André vivait un émerveillement lumineux célébrant la liturgie eucharistique. C’est cette expérience mystique qui l’a conduit, outre ma propre observation comme son concélébrant à l’autel, à son édition raisonnée du Sacrement de la Communion. Son sérieux dans la prêtrise, sa dévotion au geste sacré, ne pouvaient manquer d’associer la communauté présente à la joie de leur ascension collective au ciel dans l’Esprit, qui est le fond de l’action eucharistique. Il rayonnait, porté par le sérieux du sacrifice du Golgotha. Le miracle se précisait visiblement dans le partage de la communion de foi dans sa communauté, par l’amour de Dieu et du prochain.

Le troisième aspect du parcours du père André, son ultime geste à la suite du Christ, se révéla à moi le dernier jour de sa vie. Etendu sur son lit, sans force ni parole, de sa dernière énergie il indiqua d’un geste circulaire et décidé, à ceux qui étaient présent dans la maison, de venir l’entourer, ce que nous fîmes. Sans un mot, il nous bénit plusieurs fois, comme il l’avait fait maintes fois à l’Eglise durant les offices, indiquant la paix du Seigneur. Ici fut réalisé en lui le don divin du Sacerdoce Royal. Le roi souffre et meurt pour le peuple, offrande de soi-même au Christ Rédempteur. S’appuyant sur sa nature princière première, maintenant royale, le père André a vécu son Gogotha emblématique et salvateur, plein de foi et d’espérance, dans le sillage de la démarche de Jésus ressuscité et dans la certitude de l’amour de Dieu, Sauveur de l’humanité. Ainsi mourut-il, empli de paix et dans la certitude de sa foi.

Les dons de prophétie, du sacerdoce et de la royauté se révélèrent en mon frère en pleine mesure humaine, reflétant la présence du Christ – prophète, prêtre et roi – au centre de sa vie. Il nous ne reste que de nous inspirer de son exemple, valeureux, et en soi modeste, du chrétien qu’il était.

Prêtre Michel Fortounatto (frère du défunt), Le 15 janvier 2020

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CALENDRIER PREVISIONNEL DES OFFICES 2020-2021

CALENDRIER PREVISIONNEL DES OFFICES 2020-2021

Les offices prévus sur cette période sont sujets à modification en fonction des conditions sanitaires et des autorisations ou interdictions qui en découlent. Le calendrier des offices sera systématiquement complété et des précisions seront données. Il est donc prudent de vérifier sur le site si les offices sont maintenus et si des offices supplémentaires sont ajoutés. Les horaires pourront aussi être modifiés. D’autre part, le nombre de fidèles autorisés à participer aux offices étant limité, chaque liturgie sera précédée d’une inscription préalable obligatoire, dans la limite des places disponibles. Inscriptions auprès de Paul Fédèle, notre marguillier (pfedpfed@orange.fr ou 01 39 94 35 55).                          Sauf avis contraire, les liturgies dominicales sont toujours précédées le samedi à 18h00 de vêpres, ou de vigiles – les veilles de fêtes.

Воскресные литургии начинаются утром в 10ч.00. Накануне в субботу вечером служится вечерня в 18ч00. Службы могут быть отменены по санитарным причинам решением префектуры. Убедительно просим проверить на сайте прихода перед каждой литургией, нет ли изменений в расписании служб. К тому же, из-за новых (надеемся временных) законов требуется надевать маски и соблюдать социальную дистанцию во всех закрытых помещениях, что ограничивает число присутствующих прихожан и заставляет вводить обязательную предварительную запись перед каждой службой у нашего старосты (pfedpfed@orange.fr или по телефону : 01 39 94 35 55)

Septembre: dimanche 20

Octobre: dimanche 4    dimanche 18

Novembre: dimanche 1-er    dimanche 15   dimanche 29

Décembre: dimanche 6 (Saint Nicolas)     dimanche 20     jeudi 24: 20h00 : offices de la Nativité

Janvier: dimanche 10 (Théophanie)    dimanche 24

Février: dimanche 7 fête paroissiale      dimanche 28

Mars: dimanche 14 : vêpres du Pardon à 18h00, pas de vêpres le samedi 13, ni de liturgie dimanche 13 (offices mensuels à Troyes). L’horaire des vêpres du Pardon sera fixé ultérieurement en fonction des mesures sanitaires du moment.

jeudi 18 : lecture du Canon de Saint André de Crête à l’heure qui sera fixée ultérieurement. dimanche 21

Avril: dimanche 4      vendredi 16 : liturgie des Dons présanctifiés à 19h00               dimanche 25 Rameaux                                                                                                                        jeudi 29 à 19h00: offices du Jeudi saint                                                                                    vendredi 30 à19h00: offices du Vendredi saint

Mai: samedi 1-er : offices de la Résurrection à 20h00                                                          dimanche 16      dimanche 30

Juin:  mercredi 9 à 19h00 offices de l’Ascension        dimanche 20: Pentecôte

Juillet: dimanche 4

 

 

 

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Pour consulter le calendrier des offices révisé, cliquer sur la rubrique calendrier Чтобы попасть на расписание служб нажать на « calendrier »

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Fête paroissiale dimanche 1-er mars 202

Notre fête paroissiale est marquée cette année par deux événements majeurs. La naissance au ciel du fondateur de notre paroisse et par un nouveau départ pour notre Archevêché. L’année dernière, mise à part, le Père André a toujours été présent physiquement à chacune de nos fêtes paroissiales. Il est aujourd’hui présent, dans son église, mais d’une autre manière.

Dans son intervention de clôture des deux assemblées qui se sont tenues la semaine dernière, Mgr Jean a, entre autres, insisté sur la mission dévolue à chaque paroisse. La vie paroissiale est centrée sur l’eucharistie, sur la communion aux Saintes Espèces. Il n’a pas rappelé, parce que c’est évident, que cette communion devrait être systématique, mais pas banalisée. Pour reprendre l’image que l’on trouve fréquemment dans les Evangiles, une personne qui assiste à une liturgie sans communier se comporte comme un invité à un repas qui refuserait de s’asseoir à table. Mais la communion suppose tout de même un minimum de préparation, ne serait-ce que le jeûne depuis minuit. La vie paroissiale, a ajouté Mgr Jean, doit également être synonyme d’accueil, de fraternité, d’écoute, de compassion. Elle doit être marquée par notre amour les uns pour les autres. Nous sommes appelés par le Christ à porter les fardeaux les uns des autres, fardeaux matériels, comme spirituels. C’est un peu ce qu’affirme le célébrant au cours des offices, au nom de la communauté, en disant : « confions nous nous-mêmes, les uns les autres, et confions toute notre vie au Christ, notre Dieu ». Nous sommes appelés à accueillir toute personne qui franchit la porte de notre église, sans conditions. C’est tout ce qu’a toujours pratiqué le Père André, et vous, paroissiens, avez préservé cet héritage et suivi son exemple. Mgr Jean a cité Saint Irénée de Lyon qui demandait que « les mains des chrétiens soient les mains actives de Dieu en ce monde » – il avait à l’esprit les mains des chrétiens, en général, et pas seulement celles des membres du clergé.

Notre Archevêché prend un nouveau départ. De toutes les assemblées générales, extraordinaires ou pastorales, celles que nous venons de vivre ont été les plus fraternelles et les plus sereines. La douloureuse scission interne que nous avons vécue a eu au moins un effet positif – une sélection s’est faite naturellement. Tous les délégués laïcs et clercs présents étaient sur la même longueur d’ondes. Les 6 % de très rares « opposants » ont tenu des propos mesurés et ne se sont livrés à aucune provocation. L’élection de nos deux futurs évêques, après consultation et accord du Patriarcat de Moscou, est le signe que les promesses qui nous ont été faites seront tenues. Les deux autres candidatures proposées ont été étudiées et leur acceptation repoussée, mais non refusée, pour des raisons objectives et recevables. Nous aurons, en attendant, trois évêques humbles, et proches des fidèles qui leur sont ou leur seront confiés.

Il est certain que le Père André qui, comme nous tous, a mal vécu la dissolution de notre Exarchat et la longue période de troubles et dissensions qui a suivi, est maintenant soulagé et sans doute heureux. Soyons-le également et faisons tout pour être dignes de l’héritage légué par le Père André et de la mission que nous confie notre Archevêché par la voix de son pasteur.

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Théophanie 2020

Nous fêtons aujourd’hui La Théophanie qui est une fête majeure dans le monde orthodoxe. A l’origine, elle était associée à la Nativité et se fêtait le même jour. La bénédiction des eaux, que ce soit en bord de mer, de lac ou de rivière est spectaculaire, surtout si des fidèles plongent dans des eaux qui sont rarement chaudes à cette période de l’année. Le mot Théophanie, comme le mot Epiphanie signifient « manifestation de Dieu ». En Occident, l’Epiphanie commémore l’adoration des mages. Dans l’Eglise orthodoxe, cette adoration des mages est inclue dans la fête de la Nativité – elle est évoquée dans l’Evangile de la liturgie de Noël.

A la Théophanie, nous fêtons le baptême du Christ dans le Jourdain. Par Son baptême, Il a sanctifié les eaux du Jourdain et ensuite toute la Mer Morte, dans laquelle il se jette, puis les terres avoisinantes, arrosées par les pluies – les nuages étant alimentés par l’évaporation des eaux qui ont été bénies, même si dans cette région aride, les pluies sont plutôt rares et irrégulières … De la même façon, quand un prêtre bénit la mer à Marseille, le jour de la Théophanie, c’est l’ensemble des mers et océans qui sont bénis et sanctifiés, dans la mesure où ils communiquent. L’on est passé de l’Ancien testament, avec une bénédiction limitée au territoire de la Palestine élargie, au Nouveau testament, avec la bénédiction de toutes les mers qui recouvrent la terre.

La Théophanie est la première manifestation divine trinitaire – quand le Christ sort de l’eau, l’Esprit de Dieu, troisième personne de la Trinité descend et vient sur Lui, comme une colombe, et la voix du Père ajoute : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, Celui qu’il M’a plu de choisir ».

Le baptême proposé par Jean le Baptiste était un baptême de conversion où ceux qui le demandaient confessaient leurs péchés. Il est donc légitime de se demander pourquoi Celui, dont nous disons dans nos offices, « qu’Il est le seul sans péché », est venu Se faire baptiser par Jean. Le Christ a d’abord sanctifié la nature par Son baptême, Il a ensuite montré avec humilité la voie à suivre aux descendants du premier homme pour pallier les conséquences de sa chute. Jean le Baptiste prônait un baptême de repentir, de conversion, de retour vers Dieu. L’évangéliste Luc rapporte qu’à ceux qui lui demandaient ce qu’il fallait faire après leur baptême, Jean répondait qu’ils devaient « pratiquer le partage, – aux collecteurs d’impôt – de ne rien exiger au delà de ce qui était prescrit par la loi, et aux soldats – de ne molester personne, de ne rien extorquer et de se contenter de leur solde ».

Notre baptême par l’eau, puis par l’Esprit, au moment de la chrismation, ont la même finalité – la purification et le retour vers Dieu. Le jour de son baptême, tous les péchés commis antérieurement par le catéchumène sont effacés, mais évidemment, pas ceux qui suivront. Le baptisé doit renouveler sa pureté retrouvée à chaque confession des péchés. Le nouveau baptisé est porteur d’une responsabilité – il doit assumer son christianisme, où repentir et conversion sont indissociables.

L’eau, bénie aujourd’hui, et conservée jusqu’à l’année prochaine, a de multiples usages qui sont évoqués au cours de l’office de bénédiction des eaux. Il n’est pas nécessaire de remplir des jerricanes – de même que le Jourdain a béni la Mer Morte, l’eau puisée aujourd’hui et rapportée chez nous bénira celle que nous rajouterons ensuite. Mais il ne sert à rien de se plonger dans des eaux glacées ou de boire des litres d’eau bénie en pensant que cela dispense de tout effort spirituel.

Saint Théodore le Reclus, un saint russe du 19-ème siècle, nous met en garde – l’eau bénie au cours d’un office, comme les Saintes Espèces, n’ont pas d’effet automatique ou magique, et ne sont efficaces que sur un terrain favorable, chez ceux qui se sont repentis, ceux qui sont humbles et aident leur prochain.

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Ephésiens 2, 14-22 Lc 8, 41-56    Saint-Prix, décembre 2019

L’extrait de l’épître aux Ephésiens qui vient d’être lu nous concerne, autant qu’il a pu concerner les membres de la communauté d’Ephèse à qui s’adresse l’apôtre Paul. « Le Christ est notre paix – écrit-il, de ce qui était divisé, Il a fait une unité et Il a détruit le mur de séparation qu’est la haine. (…) Vous n’êtes plus des étrangers ni des émigrés, mais des concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu ».

Sur un plan historique, cela signifie que dans un monde ou Juifs, Samaritains et païens, vivaient, au mieux – dans une indifférence mutuelle, au pire – dans une atmosphère conflictuelle, le Christ est venu rassembler et pacifier. Les chrétiens de toutes origines, de statuts sociaux différents, ont formé une même famille où se côtoyaient riches et pauvres, esclaves et hommes libres, Juifs, Romains, Grecs et autres. Nous savons que cette vision idyllique du christianisme primitif a été, malheureusement, très vite mise à mal par les différents egos – que ce soit ceux des apôtres Pierre et Paul, ou ceux des membres des communautés qui se rattachaient à l’un ou l’autre des apôtres et s’en recommandaient. Ces frictions ont eu des conséquences limitées, moins que celles des déviations des ariens et autres hérétiques des premiers siècles du christianisme. Jusqu’au premier schisme, jusqu’à la rupture entre les Eglises d’Orient et d’Occident en 1054, les chemins empruntés par les chrétiens pouvaient être parallèles, sans que leur unité soit remise en cause. La rupture de 1054 a été suivie plus tard d’une autre, tout aussi grave, au sein de l’Eglise d’Occident, avec les conflits violents, avec les guerres de religion que l’on connaît.

Le 20-ème siècle a été progressivement marqué par une volonté d’apaisement dans les relations entre Eglises, autrefois concurrentes, maintenant sœurs. Aux yeux des catholiques nous sommes passés du statut d’hérétiques à celui de schismatiques, puis à celui de frères séparés. C’est loin d’être parfait, mais les progrès sont notables.

Cependant, pour reprendre les paroles de l’apôtre Pierre, « le Malin, comme un lion rugissant, rôdant et cherchant qui dévorer » s’est attaqué ces derniers temps, avec succès, à nous autres orthodoxes, jouant sur les ego, comme au temps des premiers chrétiens, semant la division et parfois la haine. Les chrétiens, par leurs divisions ont été un contre-exemple pendant des siècles, et voilà qu’alors que nos conflits interconfessionnels semblent être en voie de règlement, nous orthodoxes devenons des contre-exemples. Pour l’instant, nos conflits internes sont loin d’être réglés. Chacun a évidemment le sentiment d’avoir raison. Il est difficile d’échapper à l’agressivité ambiante. Alors que faire à notre niveau ? Tout en restant fermes sur nos positions, sans trahir nos convictions, essayons de calmer le jeu autant que possible. Dans nos relations avec l’extérieur, pratiquons la paix, l’entente, la fraternité, et l’ouverture qui règnent dans notre communauté – riche de sa diversité. Gardons l’esprit qui y règne. L’apôtre Paul demande aux Ephésiens « de s’intégrer à la construction (c’est-à dire à l’Eglise) qui a pour fondations les apôtres, les prophètes, et le Christ Lui-même, comme pièce maîtresse». A nous de suivre ses recommandations.

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Lc 16, 19-31 Parabole du riche et de Lazare   Saint-Prix, novembre 2019

 La parabole est un genre littéraire, courant en Orient, et très présent dans le judaïsme. Un court récit imagé aiguise la curiosité. Ce genre littéraire, plutôt oral, est destiné à faire comprendre un enseignement moral ou religieux, aux enfants, comme aux adultes, incultes ou instruits, qui préfèrent écouter une histoire haute en couleurs plutôt qu’un long discours savant et rebutant. L’enseignement est dispensé de façon indirecte, mais attrayante. Les Evangiles comptent une cinquantaine de paraboles.

 Quand les apôtres demandent au Christ de leur expliquer la parabole du semeur, pourtant simple, Il répond de façon très mystérieuse « qu’à eux, il est donné de connaître (directement) les mystères du Royaume, alors qu’aux autres, c’est en paraboles – pour qu’ils voient sans voir et entendent sans comprendre ». Le Christ reprend une citation du prophète Esaïe. Dieu l’envoie parler au peuple, tout en le prévenant de ce qui l’attend: le prophète s’adressera au peuple qui l’écoutera, mais ne comprendra pas, et qui verra, sans voir.

La parabole du riche et de Lazare est moins facile à comprendre que celle du semeur. Et elle donne lieu à différentes interprétations, parfois contradictoires. Les protestants, s’appuient sur elle pour affirmer qu’il ne faut pas prier pour les défunts. Nous, orthodoxes, avons une autre approche. Cette parabole n’est pas une illustration de l’inutilité de prier pour les défunts. Pour Dieu, tous sont vivants, et donc les uns peuvent prier pour les autres, et inversement. Cette parabole n’est pas non plus un éloge de la pauvreté et une condamnation de la richesse. Les pauvres ne sont pas sauvés automatiquement par leur pauvreté, surtout si elle les rend envieux et violents. Les riches ne sont pas plus condamnés par leur richesse, surtout si elle a été acquise honnêtement et si elle leur a permis d’aider leur prochain. Même si le Christ précise que la richesse peut être un obstacle sur le plan spirituel.

Si le riche de la parabole est condamné, c’est parce que sa richesse, son confort et sa volonté de jouissances, lui ont fait oublier Dieu et son prochain. Vous avez entendu au cours de la dernière liturgie une citation du p. Nikon Vorobiov, qui affirmait « qu’au 20-ème siècle, les chrétiens ne pourraient obtenir le salut que par les souffrances et les maladies ». Cela nous ramène à la parabole du riche et de Lazare. Anesthésié par une vie plus qu’agréable, le riche ne s’est pas préoccupé de son avenir dans l’au-delà. Il a vécu comme s’il ne devait jamais mourir. L’on peut supposer que Lazare, lui, a eu une démarche inverse. Dans la maladie et la pauvreté, il a accepté son impuissance, il a acquis l’humilité, ce visa d’entrée au Royaume. Au riche qui veut que ses cinq frères soient avertis de ce qui les attend, s’ils ne changent pas de vie – il est répondu que s’ils ont négligé Moïse et les prophètes, il n’y a aucune chance pour qu’ils soient convertis par un miracle, comme celui de la résurrection de Lazare, un homme dont ils n’ont même pas le souvenir. Ils ont vécu à côté de lui, sans le voir, ignorant son existence. Et il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, dit-on avec raison.

Ne nous mettons pas dans la situation de ceux qui ont à leur disposition l’Ancien et le Nouveau testaments, l’enseignement des pères de l’Eglise et les exemples de vie offerts par les saints, et préfèrent cependant négliger tout cela au profit de la recherche d’une vie confortable. N’attendons pas un deuil ou une maladie grave pour comprendre ce qui est l’essentiel.

Pour ce qui est des allusions de la parabole au lieu de torture qu’est l’enfer – les détails donnés sont d’ordre matériel, dans un but didactique, car l’homme, à tort, a davantage peur de la souffrance physique que de la souffrance morale – plus abstraite. Dans la parabole, la souffrance physique symbolise la souffrance morale. Il ne peut y avoir de souffrances physiques, dans le lieu de verdure et de repos où iront les âmes des justes – comme il est chanté dans la panykhida, dans l’office pour les défunts. Dieu ne peut être à l’origine de souffrances physiques. Ceux qui auront délibérément fait les mauvais choix sur terre seront les propres artisans de leur immense souffrance morale. Imaginons quelle serait notre gêne, notre honte, puis notre souffrance, devant le regard d’une personne que nous aurions trahie, en particulier un proche que nous aimons et qui nous aime, un parent, un conjoint, un enfant ou un ami. Son regard exprimerait le désarroi, l’incompréhension et une immense déception. Et nous aurions envie de disparaître sous terre, et ne le pourrions pas. Ce serait l’enfer.

Faisons notre possible pour ne pas nous retrouver dans cette situation, quand nous rencontrerons le Dieu qui nous aime.

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Dimanche 3 Novembre Saint-Prix 2019

 Dans les Evangiles, il est plusieurs fois demandé au Christ ce qu’il faut faire pour « recevoir la vie éternelle en partage », ou dit autrement, pour « gagner sa place au Royaume ». C’est la question que tout chrétien conséquent, et donc nous tous, devons nous poser. Cette question sous-entend plusieurs choses. Nous sommes mortels, et la conquête du Royaume sur terre, déjà en ce monde, est l’exception. Tout le monde n’est pas Saint Séraphim de Sarov. Pour nous, il s’agit de préparer ici-bas notre vie dans l’au-delà. Notre statut y dépendra de la façon dont nous avons vécu sur terre. Le Christ appelle les plus courageux et les plus motivés à tout quitter pour Le suivre. Il est demandé aux autres de faire leur possible pour observer Ses commandements et de s’en remettre à la mansuétude divine. Après tout, le Christ a dit « qu’Il était venu sauver les pécheurs et non ceux qui se prétendent justes ».

Jean de Valaam a écrit que « notre vie ici-bas était un chemin et une préparation pour l’éternité ». La même idée a été reprise ailleurs, de façon imagée – « notre vie sur terre serait une introduction au livre qu’est notre vie dans l’au-delà ».

C’est donc nous qui déterminons notre sort. Notre responsabilité est immense, notre conduite sur terre déterminera notre vie dans l’éternité. C’est tout sauf anodin. Cela vaut la peine d’y réfléchir dans un monde où, à l’inverse, l’on cherche toujours à trouver un responsable pour tout ce qui dérange.

Les Pères de l’Eglise proposent différentes voies à suivre. Ils n’inventent rien. Imprégnés par les Ecritures, imprégnés par les Evangiles, ils mettent leur vie en conformité avec l’enseignement du Christ et recommandent à tous d’en faire autant. L’on peut classer le Père Nikon Vorobiov dans la catégorie des Pères de l’Eglise contemporains. Ses recommandations sont simples à comprendre et difficiles à appliquer. Il s’adresse à ses paroissiens de province, en Russie soviétique. Il ne s’attendait certainement pas à ce que ses lettres soient rassemblées et publiées d’abord en Russie, puis traduites en français. Ses conseils sont donc ciblés, mais la plupart d’entre eux peuvent nous être utiles.

Il écrit qu’au 20-ème siècle « les chrétiens ne pourront obtenir le salut que par les souffrances et les maladies, et (…) qu’il est difficile de chercher le salut quand on vit parmi des incroyants ». Nos souffrances, en Occident, sont bien supportables. La maladie, elle, ne connaît pas de frontières et est présente à toutes les époques depuis la chute d’Adam. Pour ce qui est de l’incroyance, elle ne se manifeste pas de façon violente dans nos sociétés, mais elle est omniprésente.

Le p. Nikon ajoute que « les gens bien portants et heureux oublient Dieu et ne pensent pas à la vie future – ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir ». Cette description s’applique parfaitement à notre monde moderne. Il est écrit ensuite que « les souffrances et la maladie détournent l’homme des attraits de ce monde et l’incitent à se tourner vers Dieu ». C’est une des réponses possibles au reproche qui est fait à Dieu, quand, nous ne comprenons pas pourquoi Il laisse faire le mal.

Le père Nikon insiste beaucoup sur un point qui nous concerne tous – « la voie qui mène au salut passe par la prise de conscience de ses propres péchés, et non par la condamnation, par le jugement de son prochain (qui nous engagent dans une impasse). Celui qui juge son prochain ne voit pas ses propres péchés ».

Que faut-il retenir de tout cela ? Notre vie sur terre est courte, et elle n’est qu’une transition avant la vie éternelle. Les deux forment un tout. Nous avons tendance à l’oublier, comme nous oublions que nous serons jugés de la façon nous aurons jugé notre prochain – facilité que nous nous octroyons régulièrement, sans problème, car cela nous permet de relativiser nos propres transgressions.

Il y a plusieurs années, il vous a été distribué ici une prière pénitentielle, adaptée d’un modèle, proposé à ses fidèles par le p. Vladimir Lapchine de Moscou, qui lui-même avait adapté la version proposée par le p. Alexandre Men’. Cette prière donne des pistes pour les examens de conscience, quand on ne sait pas quoi dire en confession. Moins nous nous occuperons des péchés des autres, plus nous aurons le loisir de nous occuper des nôtres et de faire preuve de mansuétude envers notre prochain.

 P.S. Ceux qui n’ont pas le texte de la version française de cette prière peuvent la retrouver maintenant sur le site, ainsi que la version russe du p. Vladimir Lapchine qui apparaît en premier sur le site – la version française est en dessous.

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