1-ère liturgie de septembre Mt 19, 16-26   1 Co 15, 1-11

 Comme le jeune homme riche, nous voudrions tous savoir ce qu’il faut faire « pour avoir la vie éternelle ». La réponse est donnée à chaque page des Evangiles, dont la lecture devrait être quotidienne. Le problème est que même quand nous les lisons et savons ce qu’il faudrait faire, nous ne le faisons pas.

Le Christ conseille au jeune homme de commencer par observer les dix commandements de la loi mosaïque. Le jeune homme répond que c’est ce qu’il fait depuis toujours. Il y a des chances pour que ce soit vrai. Nous sommes déjà hors-course. Qui parmi nous peut se vanter d’observer tous les commandements ? Nous contrevenons à la plupart d’entre eux du matin au soir, en pensée, en action ou par omission. Nous applaudissons des deux mains le discours sur la Montagne, les Béatitudes, mais n’appliquons pas dans notre vie les règles qui en découlent. Qui peut affirmer qu’il aime en permanence son prochain comme lui-même ? Essayons au moins de le faire. Ayons au moins l’envie d’essayer.

Dans l’Evangile de Marc, il est écrit que « Jésus regarda le jeune homme et Se prit à l’aimer ». Le jeune homme riche, contrairement au jugement que nous avons tendance à porter, est donc loin d’être un personnage négatif aux yeux du Christ. Il lui fait cependant une recommandation, il lui demande d’abandonner ses richesses, de les distribuer aux pauvres et de Le suivre. Il est tentant de penser que ce passage des Evangiles ne nous concerne pas directement – nous ne vivons pas dans la misère, mais sommes loin d’être des milliardaires ou même des millionnaires. Nous n’aurions donc pas grand-chose à abandonner. Et pourtant nous sommes concernés – toute forme de richesse, qu’elle soit matérielle, intellectuelle ou même spirituelle peut être un obstacle entre nous et Dieu. Nos éventuels talents, nos intérêts, nos passions, sont des obstacles s’ils nous détournent de l’essentiel, de Dieu et de notre prochain, s’ils nous les font oublier, s’ils prennent la première place dans notre vie.

Il nous est demandé de renoncer à tout ce qui pourrait être un obstacle dans notre chemin vers le Royaume. Comme le jeune homme de l’Evangile d’aujourd’hui nous sommes incapables de nous convertir au point de renoncer à tout ce qui nous empêche d’atteindre la perfection à laquelle nous sommes appelés. Nous sommes incapables de renoncer au péché que le Malin nous présente sous des aspects attrayants.

L’apôtre Pierre, dans l’Evangile de Matthieu, tous les apôtres, dans l’Evangile de Marc, sont également conscients de leur imperfection, mais le Christ les rassure, Il les félicite d’avoir tout abandonné pour Le suivre.

Nous sommes loin d’observer les commandements en permanence et nous n’avons pas renoncé à grand-chose pour suivre le Christ. Les apôtres étaient imparfaits, nous le sommes bien plus qu’eux. Il nous reste cependant un espoir – dans notre vie spirituelle, nous ne parviendrons jamais à rien par nos seules forces, mais l’Esprit est là pour nous soutenir dans nos efforts, pour nous aider à nous relever après chaque chute – et elles sont inévitables. L’humilité, la persévérance dans les efforts à fournir, l’absence du jugement d’autrui, le pardon des fautes, l’amour du prochain sont des passages obligés. La foi en la miséricorde divine, la foi en l’amour du Père qui attend les enfants prodigues que nous sommes feront le reste si nous faisons au moins le premier pas.

Alors, en ce début d’année liturgique, prenons de bonnes résolutions. Ne soyons pas trop ambitieux, ne soyons pas trop orgueilleux et fixons-nous des objectifs qu’il est possible d’atteindre, sans attendre le Grand-carême. Refusons le désespoir, ne soyons pas minés par nos chutes, il y en aura toujours, ne serait-ce que pour nous rappeler que nous avons besoin de l’aide de Dieu. Relevons-nous à chaque fois. Agissons comme si tout dépendait de nous tout en demandant à l’Esprit de compenser nos insuffisances.

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Sainteté

L’Eglise a fêté tous les saints dimanche dernier, nous fêtons aujourd’hui tous les saints de France et de Russie. En fonction de l’origine des paroissiens l’on peut ajouter tous les saints serbes, roumains, grecs, bulgares ou arabes. L’un des attributs de la sainteté est l’acquisition de l’Esprit Saint, selon la formule de Saint Séraphim de Sarov. Nous recherchons cette acquisition quand nous demandons à l’Esprit de « venir faire Sa demeure en nous, de nous purifier de toute souillure et de sauver nos âmes » dans la prière « Roi céleste ».

Le premier homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il a perdu la ressemblance et nous avons hérité de cette perte. Nous restons libres, mais notre liberté est combattue, notre liberté est bridée par les forces du Malin qui profite de notre faiblesse. En accueillant l’Esprit, en Le laissant agir en nous, nous entamons un processus qui tend à rétablir la ressemblance perdue – nous sommes appelés à être parfaits comme Dieu est parfait. Les apôtres ont compris où était le problème et ont répondu au Christ que c’était impossible. Nous connaissons tous la réponse qu’ils ont reçue – « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ». Cette réponse est à la fois claire et obscure.

L’on fait souvent un contre-sens sur le mot « saint » qui est interprété de façon incorrecte. Le mot saint signifie « qui appartient à Dieu ». Quand il est appliqué à Dieu, le mot « saint » met l’accent sur Sa perfection. Quand au cours de la liturgie, le célébrant proclame « les saints dons aux saints », c’est-à-dire aux fidèles, le chœur reprend les réserves faites par les apôtres et remet immédiatement les choses à leur place en chantant : « Un seul est saint, un seul est Seigneur, Jésus-Christ, à la gloire de Dieu le Père ». Personne n’est parfait parmi les humains – mais certains sont moins éloignés que d’autres de la perfection. La Mère de Dieu, la Mère du Christ, mise à part, nous sommes tous loin de Dieu. La comparaison que des Pères de l’Eglise font avec les planètes est adéquate – certaines planètes sont plus proches du soleil que les autres, mais toutes les planètes sont plus proches les unes des autres que chacune d’entre elles n’est proche du soleil. Il en va de même pour les hommes, les saints sont plus proches que nous de Dieu, mais ils restent pécheurs et, surtout, ils se sentent pécheurs. Quand nous disons que telle ou telle personne est sainte, nous voulons dire qu’elle commet moins de péchés que le commun des mortels, qu’elle est moins éloignée de la perfection que nous. Quand l’Eglise décrète qu’une personne est sainte, cela ne signifie pas qu’elle a été parfaite, cela veut dire que cette personne a réussi de se rapprocher de Dieu, qu’elle a laissé l’Esprit agir en elle, en permanence pour certains, comme Saint Séraphim de Sarov, par intermittence pour la plupart des autres saints, et à la dernière minute pour quelques uns. Les saints sont proposés comme exemples à suivre pour un trait de leur caractère, pour un ou plusieurs aspects de leur vie qui les ont rapprochés de Dieu.

Mais tous les saints sont conscients de leur imperfection, ils en sont bien plus conscients, que nous ne le sommes de notre imperfection. Quand un père du désert, quand un moine très âgé, vénéré par les moines qui le prennent pour modèle, supplie Dieu de prolonger sa vie de quelques jours, parce qu’il ne s’est pas assez repenti de ses péchés, cela donne à réfléchir. La conscience sincère de son état de pécheur le rend plus proche de la perfection. Nous revenons là à la phrase : « ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ». L’Esprit compense les insuffisances de l’homme à la mesure de son humilité, à la mesure de la conscience qu’il a de ses péchés et du repentir qu’il éprouve.

Que conclure de tout cela ? Contrairement au « toujours plus », mortifère quand il s’agit de la consommation et de la recherche des satisfactions égoïstes, le « toujours plus » spirituel, lui, est vital. Il doit se manifester dans l’amour toujours plus grand du prochain. Sans cet amour du prochain, l’amour pour Dieu n’est qu’une expression vide de sens. Laissons l’Esprit agir en nous, accordons Lui une place plus grande que celle que nous accordons aux activités futiles qui encombrent notre vie. Prenons sincèrement conscience de notre état de pécheurs, sans jamais douter de la mansuétude et de la compassion de Dieu. Un vrai musicien pratique son art tous les jours et plusieurs heures pour approcher de la perfection. S’il cesse de jouer, ne serait-ce qu’un court laps de temps, il régresse. Il en va de même dans la vie spirituelle. Nous ne serons jamais parfaits, mais le salut est le couronnement des efforts fournis, de l’humilité, du degré de repentir et de la persévérance. Mgr Kallistos Ware propose une définition de la perfection qui répond au désarroi des apôtres et au nôtre, et reprend les notions d’effort et de persévérance : « L’essence de la perfection, – écrit-il, consiste, paradoxalement, dans le fait que nous ne devenons jamais parfaits, mais que nous continuons toujours d’avancer ».

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Pentecôte

Nous fêtons aujourd’hui la descente de l’Esprit sur les apôtres qui s’est faite en deux étapes – juste avant l’Ascension, puis à la Pentecôte. Dans l’Evangile de l’apôtre Jean, lu aux matines de la fête, il est écrit que le Christ apparaît aux onze apôtres après être apparu à Marie de Magdala. Il dit aux apôtres que « comme le Père L’a envoyé, à Son tour, Il les envoie » et, soufflant sur eux – Il ajoute : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus ». Les évangélistes Matthieu et Marc ne rapportent que les paroles du Christ demandant aux apôtres de baptiser toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». L’évangéliste Luc, lui, est le plus précis – le Christ, écrit-il, « ouvre l’intelligence des disciples pour qu’ils comprennent les Ecritures et leur promet d’envoyer sur eux l’Esprit que le Père a promis ». Cela se produira au cours de la seconde étape.

La descente de l’Esprit est racontée en détails par le même évangéliste Luc dans les Actes des apôtres dont il est l’auteur. Le collège reconstitué des douze apôtres se réunit dans une maison – Judas a été remplacé par Matthias, tiré au sort parmi deux candidats. « Un bruit comme le souffle d’un violent coup de vent précède la descente de l’Esprit qui se pose sur chacun d’eux sous forme de langues de feu ». La suite est surprenante – les apôtres se mettent à prêcher dans toutes les langues parlées par les Juifs de province et ceux de la diaspora qui sont venus en nombre à Jérusalem pour Chavouot, la fête des moissons – cinquante jours après la Pâque juive. A la foule qui se demande si les apôtres n’ont pas un peu trop bu, l’apôtre Pierre répond par une citation du prophète Joël qui annonçait que « Dieu répandrait Son Esprit sur toute chair, que les fils et les filles prophétiseraient, les vieillards auraient des songes, les jeunes gens auraient des visions, (…) que Dieu répandrait Son Esprit, même sur les serviteurs et les servantes et ferait des prodiges dans le ciel et sur la terre ». La foule est troublée par le discours de Pierre qui conclut en disant : « Convertissez-vous : que chacun de vous reçoive le baptême au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés et vous recevrez le don du saint Esprit ». C’est pour cette raison que chez nous, le baptême est immédiatement suivi de la chrismation.

C’est, en effet, cette même formule : « sceau du don du Saint Esprit » qui est reprise par le célébrant, lors de la chrismation, à chaque onction, quand il oint le front, les narines, la bouche, les oreilles, la poitrine, les mains et les pieds de celui ou celle qui est chrismé(e). Le sceau, la marque laissée par le pinceau sur les parties du corps qui sont ointes, symbolise, manifeste l’emprise de l’Esprit sur le corps et l’âme de celui qui vient d’être baptisé, avec son assentiment, s’il est adulte ou l’assentiment de ses répondants si c’est un enfant. L’Esprit agit à travers tous nos sens. Le Saint chrême, remplace les langues de feu.

L’Esprit nous aide à développer nos talents. « Il y a diversité de dons, mais c’est le même et unique Esprit qui les met en œuvre » – écrit l’apôtre Paul dans sa 1-ère épître aux Corinthiens. L’Esprit agit par notre intermédiaire, mais seulement avec notre participation. Dieu respecte toujours notre liberté et n’impose jamais rien. « Chacun reçoit un don en vue du bien de tous » – poursuit l’apôtre. Ces dons sont multiples – ce sont « la sagesse, la connaissance, la foi, le don de guérison, de discernement, de prophétie, de pédagogie ». L’on peut ajouter que tout le monde reçoit au moins un « talent » – le don d’amour du prochain, sans lequel tous les autres sont inefficaces. Tout le monde est capable d’aimer. A nous de faire fructifier ce ou ces talents en vue de notre salut. Un talent ne sert strictement à rien s’il n’est mis en œuvre pour le bien commun.

La prière à l’Esprit Saint est réintroduite à partir d’aujourd’hui. C’est l’une des trois prières de demandes incontournables avec le Notre Père et la prière dite « du cœur » : « Christ-Dieu, aie pitié de moi pécheur ». S’il n’y avait que trois prières à retenir et à utiliser, ce sont celles-là. N’oublions jamais de demander à l’Esprit de venir faire Sa demeure en nous » et acceptons en toutes les conséquences, même si elles peuvent nous déstabiliser, même si elles viennent troubler notre confort spirituel.

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Dimanche de la Samaritaine

A Sa rencontre avec la Samaritaine, le Christ compare Son enseignement, à une eau vive, à une eau inépuisable, dont la consommation la plus fréquente possible étanche la soif spirituelle que toute personne éprouve ou devrait éprouver. Le récit de cette rencontre ne devrait plus avoir de secrets pour nous, pourtant chaque relecture de l’Evangile est source de nouvelles découvertes.

L’action du récit se déroule dans une ville de Samarie appelée Sychar, à mi-chemin entre la Judée et la Galilée, au milieu de la Palestine. Le Christ, en route pour Cana, est fatigué, Il S’est arrêté vers midi et Se repose auprès d’un puits en attendant que Ses disciples rentrent de la ville où ils sont allés acheter du ravitaillement. La mi-journée est le moment le plus chaud, celui où les gens normaux, les voyageurs mis à part, restent chez eux. C’est pourtant le moment que choisit une femme pour sortir de chez elle et venir puiser de l’eau. Toute femme sensée puise son eau le matin ou le soir, au coucher du soleil. Pour quelles raisons la Samaritaine choisit-elle une heure aussi peu propice ? Elle vit maritalement avec un homme, après cinq autres expériences malheureuses. Dans une ville où tout le monde se connaît, elle supporte les regards et les remarques désobligeantes des voisins. Les deux endroits où les femmes se retrouvent, et en profitent pour médire, sont le puits et le lavoir. La Samaritaine n’est pas fière de son mode de vie. Pour aller puiser son eau, elle choisit donc le moment où elle a peu de chances de rencontrer qui que ce soit. Elle a conscience de son indignité.

La Samaritaine, comme le publicain de la parabole du pharisien et du publicain, sont des modèles d’humilité. Nous savons que sans humilité, l’accès au Royaume est problématique. La rencontre entre le Christ et la Samaritaine est, à plus d’un titre, « extra ordinaire », au sens propre du terme, « improbable » – dirait-on maintenant. Un Juif pratiquant ne devait pas adresser la parole à une femme, encore moins à une Samaritaine, – les Samaritains étaient considérés comme des traîtres et des hérétiques. Et Il devait encore moins s’adresser à une femme de très mauvaise vie, selon les critères de l’époque. Un homme ordinaire ne pouvait le deviner, mais aux yeux de Ses disciples, le Christ était tout sauf un homme ordinaire. Il surprend la Samaritaine. Elle comprend qu’il se passe quelque chose d’inhabituel. A leur retour, les disciples, pourtant étonnés, ne posent pas de questions – sans doute, n’est-ce pas la première surprise que leur réserve le Christ.

Nous pouvons tirer plusieurs enseignements de ce récit. Les conventions sociales ne sont pas de mise dans le christianisme. Et il nous est demandé de nous abstenir de tout jugement d’autrui. La conscience de nos propres fautes peut nous y aider, elle est un antidote à l’orgueil, le péché, la passion la plus grave selon les pères de l’Eglise. Le Christ n’émet aucun jugement sur la conduite de la Samaritaine, Il ne lui demande pas de quitter son sixième mari. Dans la parabole du pharisien et du publicain, il n’est rien demandé au collecteur d’impôts. Le publicain est reparti « justifié » – est-il seulement écrit. Il a été justifié par son humilité. Il n’est rien demandé au Bon larron sur la croix, qui, de toutes façons ne peut plus faire grand-chose à part se repentir. Son humilité et son repentir lui ont assuré le salut. L’humilité, la conscience de l’état de pécheurs et le repentir, dans tous ces exemples, l’emportent sur tout le reste. Cela met les points sur les i dans le faux débat sur la foi et les œuvres.

Les œuvres sont toujours insuffisantes et peuvent même être contre-productives, si elles ont pour résultat une satisfaction de soi et le sentiment que l’on mérite son salut. Qui parmi nous n’a jamais éprouvé ce sentiment ? Et la notion de mérite n’a pas sa place dans le monde orthodoxe. Le métropolite Antoine de Londres affirmait que si Dieu était juste, nous serions tous condamnés, car nous sommes tous pécheurs. La foi, sans l’humilité, mais aussi sans les œuvres ne permet pas d’atteindre la perfection à laquelle nous sommes appelés.

Pour éviter le désespoir, il ne reste que l’espérance qui vient compléter la foi – l’espérance ou, dans le meilleur des cas, la certitude, que la mansuétude divine compensera nos innombrables insuffisances. Le père Nikon Vorobiov, un prêtre-moine russe de la première moitié du 20-ème siècle, conseillait à ses enfants spirituels « de faire ce qui était à la mesure de leurs forces, et pour le reste, avec une profonde conscience de leur état de pécheurs, de s’en remettre à la miséricorde de Dieu ».

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3-ème dimanche après Pâques

3-ème, en fait 2-ème dimanche après Pâques

Le Christ est ressuscité ! Nous avons fêté Sa résurrection il y a deux semaines et sommes alors entrés dans la période du Pentecostaire, dans la période du triode de Pâques, qui va jusqu’au dimanche de tous les saints, le 1-er dimanche après la Pentecôte. Pendant toute la période pascale, qui s’achève la veille de la fête de l’Ascension, les offices commencent par la lecture ou le chant du tropaire pascal : « Le Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a terrassé la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie ». La prière « Roi céleste » est omise jusqu’à la Pentecôte. Mais revenons à la semaine radieuse, à la semaine qui a suivi Pâques.

 A la fin de la liturgie pascale, la prière devant l’ambon est suivie de la bénédiction de l’artos. L’artos est ensuite proposé à la vénération des fidèles, devant les portes royales de l’iconostase, pendant toute la semaine radieuse. Il est fractionné et distribué aux fidèles à la fin de la liturgie du samedi. Dans la mesure où il n’y a pas eu d’office dans notre paroisse ni samedi, ni dimanche derniers, l’artos sera fractionné et distribué aujourd’hui, à la place de l’antidoron, c’est à dire à la place des morceaux de prosphores qui sont distribués après le passage à la croix. L’artos et les prosphores sont faits à partir de farine, d’eau et de levure. Après l’Ascension, quand les apôtres et les disciples se réunissaient pour commémorer la Cène, ils continuaient de réserver une place pour le Christ, symbolisé par un pain – le Pain de vie, comme il est écrit au chapitre 6 de l’Evangile de Saint Jean. Le pain symbolisait la présence réelle, mais invisible du Christ. La tradition a été reprise par les successeurs des apôtres et s’est perpétuée jusqu’à nos jours, mais uniquement pendant la semaine radieuse.

         Le Christ a promis qu’Il serait parmi ceux qui se réuniraient en Son nom. Cette présence, encore une fois réelle, mais invisible à nos yeux de pécheurs, est matérialisée par les icônes du Christ, par la grande prosphore utilisée pour être l’Agneau servant à la communion des fidèles et du clergé, et par l’artos, dont des fragments sont conservés chez soi, à proximité des icônes, et servent de remèdes aux maladies physiques et spirituelles.

Un extrait de la prière qui sera lue tout à l’heure résume tout cela : « Seigneur, Jésus-Christ, notre Dieu, pain des anges, pain de la vie éternelle (…), nous Te prions humblement, jette à présent Ton regard sur nos supplications et nos actions de grâces et, de même que Tu as béni cinq pains dans le désert, bénis à présent ce pain afin que tous ceux qui en consommeront obtiennent, en leur corps et leur âme, santé et bénédiction, par la grâce et la miséricorde de Ton amour pour les hommes ».

La prière fait référence aux pains que le prêtre bénit à la fin des vêpres des vigiles des grandes fêtes. Pour l’artos, l’accent est mis sur le Christ – « pain de vie ». Les pains bénis par le Christ dans le désert étaient destinés à nourrir la foule qui avait tout simplement faim. L’artos, pain de vie, est destiné à apaiser notre faim spirituelle. Il est aussi un remède pour retrouver la santé du corps et de l’âme. Nous qui sommes tous malades, au moins sur le plan spirituel, n’hésitons pas à user de ce médicament, dont l’efficacité, comme celle de l’eau bénie à la Théophanie, est accentuée par la prière et l’ascèse.

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calendrier prévisionnel des offices 2016-2017

Calendrier prévisionnel des Offices 2016-2017 à Saint-Prix

Septembre : samedi 10 /dimanche 11   samedi 24 / dimanche 25

Octobre :  samedi 08 / dimanche 09     samedi 22 / dimanche 23

Novembre : samedi 05 / dimanche 06   samedi 19 / dimanche 20

Décembre : samedi 03 / dimanche 04   samedi 17 / dimanche 18   samedi 24 (Nativité)

Janvier : samedi 07 / dimanche 08   samedi 21 / dimanche 22

Février : samedi 04 / dimanche 05 (Fête paroissiale) samedi 18 / dimanche 19   samedi 25 / dimanche 26 (dimanche du Pardon)

Mars : mercredi 01 ou jeudi 02 : lecture du canon de St André   samedi 11 / dimanche 12   samedi 25 / dimanche 26       mercredi 29 : lecture du canon de St André

Avril : samedi 08 matin : liturgie de la résurrection de Lazare ( ?), soir : vigiles / dimanche 09 (dimanche des Rameaux) Jeudi Saint : 13, Vendredi Saint : 14 Samedi 15 (20h30) : matines pascales et liturgie pascale   samedi 29 / dimanche 30

Mai : samedi 13 / dimanche 14   mercredi 24 soir : liturgie de l’Ascension

Juin : samedi 03 / dimanche 04 : Pentecôte   samedi 17 / dimanche 18

Juillet : samedi 01 / dimanche 02

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Vêpres du samedi 28 mai supprimées

Attention ! Les vêpres de ce samedi sont supprimées, la liturgie du dimanche 29 est évidemment maintenue.

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Dimanche des rameaux

         L’Eglise a fêté hier la Résurrection de Lazare et aujourd’hui l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. Les deux événements sont liés dans notre calendrier liturgique. Ils marquent la fin du Grand carême qui s’achève ce soir, juste avant le début de la Semaine de la Passion.

         Mgr Kallistos Ware a écrit que « le rôle du christianisme n’était pas de fournir des réponses faciles à nos questions, mais de nous faire prendre conscience progressivement du mystère ». Et il a ajouté que « par mystère, nous n’entendions pas simplement le surprenant, l’énigme ou le problème insoluble, mais qu’un mystère était, au contraire, quelque chose qui était révélé à notre entendement, mais que nous ne comprenions jamais pleinement, parce qu’il nous menait à la profondeur, à l’obscurité de Dieu. Nos yeux étant à la fois fermés et ouverts ».

          L’humanité du Christ, associée à Sa divinité est un de ces mystères. Ses disciples ont accompagné quelqu’un qui était vraiment homme et, jusqu’à la Résurrection, ils ne sont pas allés plus loin. Ils n’ont vraiment compris tout ce que le Christ avait dit qu’après Sa Résurrection. Pour ce qui est de Lazare – le Christ a commencé par annoncer que sa mort ne serait que provisoire, que « sa maladie n’aboutirait pas à la mort, mais servirait à la gloire de Dieu ». Ces paroles avaient été accueillies avec scepticisme. Comment un homme pouvait-il tenir de tels propos ? Le Christ aurait pu guérir Lazare encore vivant, comme Il l’avait fait pour beaucoup d’autres, mais une résurrection après plusieurs jours de mort clinique paraissait inconcevable. Le Christ-homme a pleuré Lazare, le Christ-Dieu l’a fait revenir à la vie. Les sœurs de Lazare et les disciples avaient compris qu’Il était certes un homme, mais pas comme les autres. Les miracles dont ils avaient été les témoins indiquaient qu’Il était un peu plus qu’un homme normal, qu’Il était sans doute le Messie, le roi que les Juifs attendaient. La résurrection de Lazare les a étonnés, mais confortés. La foule qui L’a accueilli triomphalement à Jérusalem a partagé cette opinion.

        La crucifixion du Christ et Sa mort sur la Croix ont eu raison de l’enthousiasme des habitants de Jérusalem, et ont plongé les apôtres dans le désespoir. L’enseignement du Christ, Ses miracles, Sa Transfiguration sur le Mont Thabor, les annonces de Sa mort et de Sa résurrection n’ont pas suffi. Les disciples ont perdu la foi au pied de la Croix. Sans la Résurrection, ils n’auraient jamais cru en Sa divinité.

           La foi en la divinité et l’humanité du Christ a été une certitude pour les témoins directs, pour ceux qui L’ont rencontré et ont pu Le toucher après la Résurrection. Pour les générations qui ont suivi jusqu’à notre époque, la certitude des témoins a été remplacée par la certitude de la foi. Cette certitude n’a pas été partagée par tout le monde. Des hérésies sont nées, certains ont nié soit la divinité, soit l’humanité du Christ. C’est là que nous sommes rattrapés par la notion de mystère. Comment un Dieu peut-Il Se faire homme, comment peut-Il S’incarner ? Comment peut-Il être à la fois complètement homme et complètement Dieu ? Quelles sont les interférences entre Sa divinité et Son humanité, en particulier dans Son enfance ? Comment un Dieu peut-Il passer par l’étape de la mort ? Voilà un certain nombre de questions qui dépassent notre raison et auxquelles il nous est très difficile de répondre. Mais est-il vraiment utile de se poser ces questions ?

         Notre foi n’est pas une certitude logique. Nous sommes invités à intégrer l’enseignement du Christ développé dans les Evangiles, à adhérer à la foi de l’Eglise et surtout à la vivre. Les Evangiles ont admis la possibilité d’une coexistence de la foi avec le doute. C’est même la norme pour la plupart d’entre nous, comme cela l’a été pour les apôtres. Cette coexistence a été résumée par les paroles du père qui demandait au Christ la guérison de son enfant : « Seigneur, je crois, viens à l’aide de mon manque de foi ». N’hésitons pas à reprendre cette prière à notre compte.

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Le samedi 16 avril une panykhida sera célébrée à la mémoire de Philippe Aristide à 11h00.

Il n’y aura pas d’autres offices – ni de vêpres le soir, ni de liturgie le lendemain, le recteur de la paroisse célébrant à Troyes.

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4-ème dimanche de carême 2016

 Nous sommes à mi-parcours sur le chemin qui mène à la fête de la Résurrection du Christ. Le Grand carême est un temps de prière, de jeûne et de méditation. C’est une période pendant laquelle nous essayons de vivre comme nous devrions vivre en permanence, imitant en cela ceux qui ont adopté le mode de vie monastique. Faisons le point sur notre vie. En quoi nous distinguons-nous de ceux qui ne sont pas chrétiens ? En quoi nous distinguons-nous de ceux qui sont chrétiens, mais dont le chemin est plus ou moins différent du nôtre, alors que nous allons dans la même direction ? Et enfin, sommes-nous vraiment ecclésialisés ?

L’ecclésialisation de la vie, l’ecclésialisation de notre vie, préconisée par nos prédécesseurs dans l’Archevêché, fait partie de l’héritage que nous avons reçu du Concile de Moscou de 1917-1918. Les participants à ce Concile ont eu juste le temps d’envisager un certain nombre de réformes. Certaines visaient à corriger les dérives imposées par Pierre le Grand. Le Concile a, entre autres, rétabli le Patriarcat que le tsar et empereur avait supprimé pour transformer l’Eglise en une administration à son service. Les autres réformes n’ont pu être mises en œuvre, mais les réflexions amorcées au cours du Concile ont été poursuivies dans l’émigration qui a mis l’accent sur le concept d’ecclésialisation.

 La racine du mot ecclésialisation est « ecclesia » – « église » en grec. L’Eglise est cette construction mystique dont le Christ est la tête et les vivants et les défunts sont le corps, Elle est aussi l’institution humaine, fondée par le Christ. L’ecclésialisation de notre vie est notre participation à cet édifice à la fois mystique et humain, dans le cadre des offices et ensuite dans notre quotidien. L’ecclésialisation est un mode de vie, complété par une prière, par un dialogue avec Dieu à la fois individuel et collectif.

Quelle part accordons-nous au « je », à « l’individuel », quelle part accordons-nous au « collectif », au « nous » et à l’Eglise-institution ? Cette question ne se pose pas seulement dans la mouvance protestante, elle se pose malheureusement aussi chez nous. La tentation est grande de vouloir se passer de l’Eglise-institution et de se contenter du « je ». La tentation est grande de se passer d’intermédiaire, avec l’illusion que l’on peut avoir, tout seul, une relation directe avec Dieu. Dans la prière que le Christ nous a léguée, nous utilisons largement la première personne du pluriel – nous nous adressons à « notre Père », nous Lui demandons de « nous donner notre pain de ce jour », « de nous pardonner nos offenses, de ne pas nous soumettre à la tentation, de nous délivrer du Malin ». Dans la prière à l’Esprit Saint, dans la prière au Roi céleste, nous Lui demandons de « venir faire Sa demeure en nous, de nous purifier de toute souillure, de sauver nos âmes ». Dans ces deux prières, il ne s’agit pas d’un « nous » de majesté, du « nous » qui autrefois était d’usage dans les dissertations en cours de français. Il s’agit d’un « nous » collectif.

Le Christ a dit à Ses disciples que « là où deux ou trois seraient réunis en Son Nom, Il serait au milieu d’eux ». C’est en s’appuyant sur ces paroles qu’au cours de la liturgie, le célébrant annonce aux fidèles : « le Christ est parmi nous » et qu’ils répondent : « Il est et Il sera ». Que ce soit dans les litanies ou dans presque toutes les prières, la 1-ère personne du pluriel prédomine très nettement sur la première du singulier. Le « nous » prime sur le « je ». Nous ne passons au « je » qu’à deux moment de la liturgie : dans le credo : « Je crois en un seul Dieu, (…) en un seul Seigneur, (…) en l’Esprit Saint, (…) en l’Eglise (…), Je confesse une seul baptême, (…) j’attends la résurrection des morts ». Nous passons aussi au « Je » dans la prière avant la communion : « Je crois et je confesse, (…) Je Te prie donc, aie pitié de moi et pardonne-moi mes fautes volontaires et involontaires », et ainsi de suite, jusqu’à la fin de la prière. Le « je » est la marque d’un engagement personnel. Mais nous nous engageons tous ensemble.

Quelles conclusions peut-on tirer de tout cela ? La foi ne peut être qu’individuelle, mais elle n’a aucun sens si elle est égocentrique. C’est pourquoi la prière doit également impérativement être collective. On ne peut faire fi de son prochain. D’ailleurs, un prêtre orthodoxe n’a pas le droit de célébrer seul. L’Esprit est, certes, présent en tout lieu, et la prière individuelle est nécessaire et incontournable. Mais le Christ nous demande de la compléter par une prière collective, dont nous ne pouvons faire l’économie. L’une ne va pas sans l’autre. Et la vie spirituelle est plus que bancale, si l’on privilégie la prière individuelle, si l’on estime que l’on peut se passer de la prière collective en Eglise.

Dans la liturgie de Saint Basile nous prions pour ceux qui se sont absentés pour « de justes raisons », pour des raisons de santé ou de force majeure. Cela veut dire que dans la plupart des cas, quand nous n’allons pas aux offices pour « convenances personnelles », pour ne pas dire autre chose, nous nous mettons en dehors de l’Eglise (avec un E majuscule). Le carême est là pour nous aider à retrouver le bon chemin, essayons d’en tirer profit, sans oublier que dans notre paroisse le régime est léger par rapport aux normes orthodoxes en vigueur. Gardons à l’esprit que les offices nous apportent plus de bienfaits qu’ils ne nous demandent d’efforts.

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