Parking Massabielle

Excellente nouvelle – l’administration de Massabielle nous autorise à garer nos voitures cette semaine dans leur parking – jeudi, vendredi et samedi soir !

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Office supplémentaire le jeudi 22 mars à 18h30 : Lecture du canon de Saint André de Crête.

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2-ème dimanche de Carême 03/2018

Le récit de la guérison spectaculaire, opérée par le Christ à Capharnaüm, probablement dans la maison de l’apôtre Pierre, nous concerne directement, comme chaque page des Evangiles. L’apôtre Jacques nous demande dans son épître « de prier les uns pour les autres afin d’être guéris, car la requête d’un juste agit avec beaucoup de force ». Les justes auxquels il s’adresse sont les chrétiens de base, ceux qui observent ou essaient d’observer la Loi avec un grand « L ». Les quatre porteurs qui ont apporté le paralytique aux pieds du Christ, en passant par le toit, qu’ils ont démonté en partie, n’étaient sans doute pas des saints, ils n’étaient sans doute pas parfaits et pourtant leur prière a été entendue. Le paralytique est reparti sur ses pieds, alors que lui-même n’avait rien demandé. Les amis du paralytique ont pris l’initiative, ils ont fourni un effort, et ils l’ont fait par amour, par charité et ils ont fait œuvre de foi.

Notre paroisse est petite, nous nous connaissons tous, nous entretenons tous des relations d’amitié. L’exemple des amis du paralytique nous parle d’autant plus. Dans notre contexte, il nous est naturel, même si ce n’est pas toujours facile, de porter les malheurs, les souffrances et les fardeaux les uns des autres. L’étape suivante serait d’adopter la même attitude au-delà de notre communauté, même si cela requiert davantage d’efforts, même si cela nous est moins évident.

Il peut nous sembler que nos prières ne sont pas toujours entendues, que nous ayons prié pour les autres ou pour nous. Les miracles du Christ rapportés par les évangélistes ont été nombreux, mais ils ont été tout de même exceptionnels au sens propre. Dans l’histoire de la chrétienté, les miracles sont l’exception – l’écrasante majorité des demandes de guérison n’aboutissent pas, ou en tout cas, n’aboutissent pas au résultat escompté par ceux qui les demandent. Il est presque impossible d’expliquer pour quelles raisons des prières sont exaucées ou ne le sont pas. Parmi les malades ou les infirmes qui ont demandé ou demandent leur guérison à Dieu, il y a eu, et il y a encore certainement, des personnes qui, selon nos critères humains, mériteraient pourtant d’être guéries. « Les voies du Seigneur sont impénétrables » – a écrit l’apôtre Paul dans son épître aux Romains. Cette affirmation prend ici tout son sens.

Dans la mesure où les évangélistes ne rapportent pas les cas où le Christ aurait refusé de guérir quelqu’un, mais seulement ceux où Il a fait des miracles, l’on ne peut que tenter de trouver les raisons pour lesquelles Il a bien voulu les faire. Il est écrit qu’Il a eu pitié ou que les miracles avaient pour but de manifester la puissance de Dieu. Nous savons pourtant que les témoins de miracles peuvent être troublés dans un premier temps, avant de trouver ensuite des explications rationnelles, s’ils n’ont pas envie de croire. Et pour quelles raisons le Christ aurait-Il pitié de certains et pas d’autres ? Nous n’avons aucune réponse satisfaisante à cette question. La souffrance que l’on peut éprouver, comme celle dont on est le témoin, peuvent faire chanceler la foi. Elles sont des épreuves que l’on est appelé à surmonter.

Dans les récits évangéliques la guérison physique est presque toujours associée à la guérison spirituelle. Nous avons tendance à accorder plus d’importance à la guérison physique, alors qu’elle n’est que provisoire, alors que même une résurrection, comme celle de Lazare, l’ami du Christ, n’est qu’un sursis. La guérison spirituelle, si elle est définitive, débouche sur l’éternité, sur notre vie dans l’au-delà. Un prêtre russe du début du siècle dernier a eu une formule qui résume tout, même s’il ne pensait pas spécialement aux miracles – « notre vie sur terre ne serait que la courte préface du livre que sera notre vie dans l’éternité ».

Nous avons trop peu conscience de cela, pas plus que nous n’avons conscience de nos maladies spirituelles que les Pères de l’Eglise appellent « passions », à commencer par l’orgueil, qui nous fait précisément penser que nous n’en souffrons pas et que les passions ne nous concernent pas. Nous avons tendance à demander à Dieu de nous éviter les souffrances physiques, les ennuis matériels et à reléguer nos maladies spirituelles au second plan. Dieu n’est pas à l’origine de nos souffrances. La souffrance physique, morale ou même spirituelle, héritage de la faute du premier homme, reste un problème incontournable. Dieu agit parfois pour atténuer nos souffrances ou nous les éviter, mais trop rarement à notre goût. La souffrance a parfois des effets positifs, si elle est acceptée et assumée, si elle est sublimée, mais il ne faut jamais la rechercher. A l’inverse, elle peut avoir avoir pour conséquence un sentiment de révolte contre Dieu. Il faudrait être capable de la relativiser, dans la mesure du possible. C’est facile à dire, mais très difficile à faire.

Hier soir, au cours de l’office d’onction des malades, nous avons demandé notre guérison spirituelle. Dans le même temps nous avons également demandé la santé physique, qui dans la hiérarchie de nos valeurs occupe la première place. C’est humain, mais nous devrions inverser nos priorités. Essayons, au moins, de rétablir un certain équilibre et de placer les deux, la santé spirituelle et la santé physique au même niveau. Ce serait déjà un progrès. Et continuons de porter les fardeaux les uns des autres.

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Dimanche du Pardon, 02- 2018

            Nous entendrons tout à l’heure la prière de Saint Ephrem le Syrien. La prière a été introduite dans les offices de la semaine qui vient de s’écouler. Elle accompagne les fidèles dans leurs prières personnelles pendant le Grand Carême. Elle est dite aux offices célébrés en semaine pendant les quarante jours de carême, puis aux liturgies des Présanctifiés des trois premiers jours de la semaine Sainte qui suit. Saint Ephrem énumère quatre passions – les occidentaux parlent de péchés capitaux, il énumère des péchés majeurs, qu’il faut vaincre et quatre antidotes à ces passions, quatre vertus, qu’il faut acquérir avec l’aide de Dieu.

            L’oisiveté, la première passion évoquée, est le contraire du labeur, du travail. C’est un manque d’activité ou une activité vide de sens. L’une des conséquences de la chute du premier homme, rapportée dans la Genèse est que l’homme « se nourrira dans la peine, tous le jours de sa vie », ou plus clairement, qu’il devra « se nourrir à la sueur de son front ». Saint Paul le reformule dans sa 2-ème épître aux Théssalonissiens : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » – écrit-il. Le travail est donc une obligation. Il faut cependant distinguer l’oisiveté du repos, qui est nécessaire. Le refus de l’oisiveté ne signifie pas qu’il faille travailler jour et nuit. Il est demandé à l’homme de se reposer, de ne pas travailler le 7-ème jour. Et tous les 50 ans, les agriculteurs hébreux étaient appelés à laisser la terre se reposer, elle aussi, pendant une année. Chacun a des talents, chacun a des connaissances qu’il peut mettre à profit pour servir Dieu et servir son prochain. C’est aussi de cette façon que l’on échappe à l’oisiveté, qui pour les Pères de l’Eglise, est à la source de nombreuses autres passions, et ramollit le corps et l’esprit.

            L’abattement, la seconde passion, peut avoir des raisons objectives – le décès de proches, la maladie, des problèmes familiaux ou au travail. Le sentiment d’abandon et de solitude qui en résulte est dû au fait que nous ne mettons pas notre espoir en Dieu, mais comptons sur les autres ou sur nos seules forces, pour régler nos problèmes. Alors que le prophète David, dans son psaume 145 nous demande « de ne pas compter sur les princes, ni sur les hommes, incapables de sauver ». (…) et il ajoute : « Heureux qui a pour aide le Dieu de Jacob et pour espoir le Seigneur, son Dieu ». Nous ajoutons le Christ et l’Esprit Saint. Nous avons le droit d’être tristes, mais pas abattus, car Dieu est toujours à nos côtés. La confiance en Dieu, la foi, sont les remèdes pour lutter contre l’abattement. Mais cela n’a rien de facile en raison de notre manque de foi.

            L’esprit de domination, la troisième passion, est une des conséquences de l’orgueil. Il se manifeste à tous les niveaux, en famille, comme dans les relations avec notre prochain, quand l’on veut avoir du pouvoir sur autrui, quand on veut obtenir quelque chose par la force sur les plans matériel, intellectuel ou même affectif. « Le pouvoir n’est positif que dans une perspective de service – a dit le patriarche Cyrille de Moscou dans une homélie. Il n’est pas mauvais en soi, mais quand il est détourné au profit de quelques uns, quand il ne sert que les besoins de celui qui en est détenteur, il est source de péchés ».

            Les vaines paroles, enfin, la quatrième passion, peuvent sembler, à tort, inoffensives. Les ragots, les calomnies, les paroles désagréables ou méchantes peuvent pourtant avoir de lourdes conséquences. Et il est écrit dans les Evangiles que nous aurons à répondre de chaque parole que nous aurons prononcée. N’oublions pas que la parole est ce que nous distingue de l’animal. Chacune des étapes de la Création rapportées dans la Genèse commence par ces paroles : « Dieu dit » et suit ce qui a été créé. Quand Dieu crée l’homme à Son image, Il lui donne la parole que l’homme et Dieu ont alors en commun. En tenant des propos futiles, dénués d’intérêt, nous détournons cette faculté qui nous a été offerte, nous la rabaissons. Le Christ est désigné comme le Verbe de Dieu. Ce sont les premiers mots de l’Evangile de Jean : « Au commencement était le Verbe, (…) et le Verbe était Dieu ». La Parole avec un grand P est le message du Fils de Dieu. Il ne nous est pas demandé de faire vœu de silence, comme dans certains ordres monastiques, mais de faire attention à ce que nous disons et ne pas rabaisser le don que nous avons reçu, il nous est demandé d’en faire usage avec sobriété.

            Venons-en aux vertus dont il est question dans la prière de Saint Ephrem.

           Nous demandons à Dieu de nous accorder l’esprit d’intégrité, la première vertu citée par Saint Ephrem. Dans certaines versions de la prière, l’intégrité est réduite à la chasteté. En fait, la traduction exacte est « totale intégrité ». Le père Alexandre Schmemann explique que dans cette prière nous demandons au Christ de « restaurer notre intégrité en nous redonnant la vraie échelle des valeurs, en nous ramenant à Dieu ».

          L’humilité, la seconde vertu, est, dans la version en slavon, traduite mot à mot du grec ancien, est la « sagesse dans l’humilité ». Le mot humilité et ses dérivés font problème à notre époque. L’humilité est synonyme de « faiblesse ». Ni l’une, ni l’autre ne sont valorisées de nos jours. Le mot « humiliation » et le verbe « humilier » ont une forte connotation négative. Et l’adjectif « humble » est le plus souvent dépréciatif, sauf en langue d’Eglise. Dans la liturgie de Saint Basile, célébrée pendant le Grand carême, il est dit que « bien qu’étant Dieu dès avant les siècles, le Christ est apparu sur terre et a vécu parmi les hommes, qu’Il S’est anéanti Lui-même, en prenant la forme d’un serviteur, Se conformant à notre corps de faiblesse pour nous rendre conformes à l’image de Sa gloire ». L’une des caractéristiques du Christ est Son humilité. Il n’est pas né dans un palais. Il a vécu dans une famille dont le père était un modeste artisan et Il est mort entre deux brigands. La faiblesse assumée par le Christ n’a pas grand-chose à voir avec la nôtre, pourtant, dans sa 2-ème épître aux Corinthiens, Saint Paul affirme : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ». Tous les Pères de l’Eglise ajoutent que l’humilité est une condition incontournable pour notre entrée au Royaume.

          La patience est la troisième vertu. Chez l’apôtre Jacques, il est question de persévérance dans les efforts. La « patience » de la prière de Saint Ephrem est aussi un état d’esprit positif qui se manifeste par l’absence de réaction négative au mal subi et par la confiance en Dieu en toutes circonstances – ce qui est loin de nous être naturel.

         L’amour, enfin, la quatrième vertu. « Tu aimeras ton prochain, comme toi-même » a dit le Christ reprenant une phrase du Lévitique. « L’amour couvre une multitude de péchés », écrit L’apôtre Pierre dans sa première épître, détournant une citation du livre des Proverbes. (« La haine provoque les querelles, mais l’amour ne tient pas compte des fautes ».) L’apôtre Paul ne dit rien d’autre au chapitre 13 de sa première épître aux Corinthiens où il explique que, sans amour, toutes nos bonnes œuvres ne serviront à rien et que de la foi, de l’espérance et de l’amour du prochain, c’est l’amour qui est le plus important. L’apôtre Jean parvient à la même conclusion dans sa première épître.

         La dernière phrase de la prière de Saint Ephrem résume tout ce qui a précédé : « Oui, Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère ».

         L’importance et la pertinence de la prière de Saint Ephrem ne sont pas à démontrer. C’est pour cette raison qu’elle est répétée au cours des offices de carême. Dans la mesure où il nous est difficile de suivre les offices de carême en semaine, essayons de la dire et la mettre en pratique aussi souvent que possible.

 

 

 

 

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Dimanche du Fils Prodigue Saint-Prix, le 4 février 2018   Lc XV, 11-32 – Homélie du père André Fortounatto

        La parabole nous présente deux frères. Elle s’étend longuement sur le cadet, qui est un prodigue – dépensier, irréfléchi, ingrat. Il ne calcule pas, bien au contraire, incapable d’esprit de suite qu’il est. Mais son fond n’est pas mauvais ; il garde du cœur. Il s’est exilé loin de son Père. La sévérité de l’épreuve le ramène à la pensée du Père. Il a préparé un discours de retour, l’aveu de sa faute : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ». L’épreuve a ouvert son cœur sur ce qui avait été un mouvement d’égoïsme, d’ingratitude et d’inconscience.

        Le Père accueille son fils dans la joie, sans un reproche, sans question humiliante. Bien au contraire, il lui rend robe, anneau et sandales, signes de ses prérogatives d’autrefois. Et il fait sacrifier le veau gras, en signe de communion retrouvée.

        Le portrait de l’aîné révèle colère, jalousie et agressivité. En affirmant qu’il sert son père depuis tant d’années et n’a jamais transgressé ses ordres, il se situe par rapport à lui dans une relation qui détermine le devoir plus que l’amour. Son attitude de juste renvoie à celle des pharisiens et des scribes. Comme eux, il manifeste la distance qui le sépare du prodigue en nommant son péché : « il a mangé ton bien avec des prostituées », et en le désignant comme « Ton fils que voilà » – et non « son frère ». Il accuse son père de favoritisme et, au bout du compte, lui reproche « d’avoir tué le veau gras », de manger et de festoyer avec celui qui n’est qu’un pécheur.

          En l’approche du Carême, il nous appartient de nous inspirer de cette parabole. Faire retour au Père, savoir se repentir, réintégrer la maison du Père. Mais à la condition nécessaire et préalable de nous réconcilier avec nos frères, de pardonner et d’accueillir, et ayant pardonné, d’oublier et de reconstruire.

        C’est là que nous trouvons tout encouragement dans les paroles du Père. Si au cadet le Père ne parle pour ainsi dire pas, il déclare à son retour : « Mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie. Il était perdu et il est retrouvé ». Voici la joie de Dieu, la joie du berger qui retrouve la brebis perdue, la joie du ciel qui se réjouit pour un pécheur sauvé, la joie de notre Père, qui « ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive ». C’est la reconnaissance de cet amour qui doit ramener en ce carême tous nos cœurs à Dieu.

        Mais avec l’aîné, le Père, c’est-à-dire Dieu, a des paroles littéralement extraordinaires : « Toi, mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ». Nous restons confondus de stupeur devant une telle confession. L’aîné, bien que vivant auprès du Père, est en réalité au plus loin de lui ; mais aux yeux du Père, l’aîné reste toujours aussi proche lui, aussi baigné de son amour, aussi entouré de sa tendresse. Affection, amour, ne sont que des mots pour dire qu’entre le Père et l’aîné, en dépit de l’attitude de celui-ci, il existe un lien indestructible qui est précisément ce foyer d’amour du Père.

       Ce n’est pas tout. « Tout ce qui est à moi est à toi ». Quelle communauté ! Ou plutôt, quelle unité entre le Père et son fils ! Alors, pourquoi cette jalousie de l’aîné pour le cadet ? Ce que le Père a fait pour l’un ne retire rien à l’autre. Il fallait l’étroitesse d’esprit, la sécheresse de cœur de l’aîné pour ne pas le comprendre. « Tout ce qui est à moi est à toi » ! On ne retrouve des mots pareils que dans la prière sacerdotale de Jésus, dans la confidence que fait Jésus à Ses disciples de l’unité d’amour qui le lie à Son Père : « Tout ce qui est au Père est à Lui ». Mais aujourd’hui c’est pour nous que Jésus rapporte cette parole, ce secret plutôt, qu’Il partage avec Dieu Son Père.

        La parabole du Fils prodigue révèle le plus extrême de l’amour du Père pour nous, un amour qui se fonde, qui s’enracine même dans l’amour qui unit Jésus à Son propre Père. Oui ! Jésus est Fils par nature du Père, et partage tout avec Lui. Mais s’Il S’est incarné, c’est bien pour faire de nous des fils par adoption, pour nous révéler que, comme Lui, nous recevons la plénitude de l’amour du Père.

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Début du triode de carême Saint-Prix janvier 2018

Nous sommes entrés dimanche dernier dans le Triode de carême. Le Grand carême est précédé de cinq dimanches qui le préparent. Le dimanche de Zachée a été le premier de ces cinq dimanches. Demain ce sera le dimanche du Publicain et du Pharisien. Chacun des Evangiles de ces dimanches met l’accent sur un ou plusieurs types d’efforts que nous sommes appelés à fournir pendant cette période, pour nous préparer à fêter dignement la Résurrection du Christ. Mais la Résurrection est également commémorée tous les dimanches. Il serait donc souhaitable que nos efforts soient permanents. Les différents carêmes, répartis sur toute l’année liturgique, sont des rappels, sont des incitations à s’en souvenir.

Le pauvre Zachée, dont il a été question, souffre de trois handicaps – un handicap physique, qui peut sembler anecdotique : il est vraiment petit de taille, ce qui dans le cas de Zachée a pourtant de l’importance. Il souffre d’un handicap moral – il éprouve un sentiment latent de culpabilité, et il souffre en plus d’un handicap social, conséquence de sa culpabilité : il est détesté par les habitants de Jéricho, parce qu’il est un collecteur d’impôts, un collecteur malhonnête qui détourne une partie de l’argent collecté. Et il est aussi un traître, un collaborateur au service des Romains pour qui il prélève ces impôts. Mû par la curiosité, Zachée veut voir le Christ. Il surmonte son premier handicap, il n’a pas peur du ridicule et grimpe sur un arbre. Nous sommes incités à faire preuve de la même curiosité, ne serait-ce qu’en lisant les Ecritures. Rien n’empêche de consulter également des ouvrages spirituels écrits par des Pères de l’Eglise ou des auteurs contemporains. Et nous sommes incités aussi à ne pas avoir honte de notre foi, à l’assumer dans une société qui n’est plus vraiment chrétienne et où la foi est souvent ridiculisée.

Quand le Christ remarque Zachée sur son arbre, Il S’invite chez lui. Zachée est complètement retourné par l’honneur qui lui est fait, honneur qu’il est conscient de ne pas mériter. Il se repent, et promet de se corriger et de réparer tous les torts qu’il a eus envers les gens qu’il a volés. Son sentiment de culpabilité va s’envoler. En langue d’Eglise, il s’est converti, il s’est tourné vers Dieu. Zachée règle aussi le problème de son handicap social. L’on peut supposer que sa conversion et le remboursement de l’argent qu’il avait détourné aura au moins augmenté sa popularité.

Nous avons un certain nombre de points communs avec Zachée. Comme pour lui, Dieu fait toujours le premier pas vers nous, nous sommes invités, sans que nous le méritions. Nous refusons souvent de le remarquer, parce que cela ne nous arrange pas, parce qu’il faudrait modifier notre mode de vie. Nous sommes ici, cela signifie que nous répondons partiellement à l’invitation de Dieu. Mais notre baptême, notre fréquentation des offices, ont-ils changé notre vie, comme la rencontre de Zachée, le futur premier évêque de Césarée, comme sa rencontre avec le Christ a changé la sienne ? Répondons honnêtement à cette question.

Notre handicap à nous, c’est notre état de pécheurs, et de pécheurs en connaissance de cause, même si nous n’allons pas jusqu’à suivre l’exemple du Publicain, encore un collecteur d’impôts, qui se sent tellement coupable qu’il n’ose entrer dans le Temple pour y prier. Mais nous pouvons être aussi des pécheurs qui s’ignorent, ou qui préfèrent ignorer leur état, si nous estimons que nous sommes plutôt meilleurs que la moyenne, parce que, comme le Pharisien de l’Evangile de demain, il nous semble que nous faisons tout à peu près comme il faut : nous fréquentons les offices, nous ne volons pas, nous évitons de faire du mal à notre prochain et pratiquons ainsi l’autosatisfaction, aux antipodes de l’humilité préconisée par le Christ, comme condition à l’entrée au Royaume.

Les situations de Zachée, comme celles du Publicain et du Pharisien, peuvent sembler éloignées des nôtres. Elles ne le sont pas tant que cela. En proposant ces extraits de l’Evangile, l’Eglise nous appelle à prendre conscience de notre état de pécheurs, à fournir des efforts pour nous rapprocher le plus possible de la perfection que Dieu attend de nous. Elle nous appelle à réparer les torts que nous avons eus envers notre prochain. Elle nous appelle aussi à prendre conscience qu’il nous faut laisser l’Esprit agir en nous. Nos péchés chassent régulièrement le Roi céleste, le Consolateur, que nous avons reçu après notre baptême, au moment de la chrismation. Sa présence en nous est renouvelable à chaque confession des péchés qui L’ont chassé.

Profitons de la période de préparation au carême et du carême lui-même pour opérer un retour vers Dieu, utilisons ce temps et les possibilités que nous offre l’Eglise pour nous convertir.

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Modifications en Mars : consulter le calendrier à la rubrique « calendrier »

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Début du carême de Noël 11/2017

            Nous sommes entrés mardi dernier dans la période du carême de Noël, période de préparation spirituelle qui s’appuie sur une ascèse physique. Il est souvent dit que les efforts matériels sont secondaires, et que les efforts dans le domaine spirituel, eux, priment sur tout le reste. Sur quoi devrions nous alors faire porter nos efforts en priorité ?

           Nous sommes tous sous l’emprise potentielle ou effective du démon, nous sommes tous atteints par des maladies spirituelles que nous devons combattre. Ces maladies que les Pères de l’Eglise appellent « passions », et dont nous sommes les victimes le plus souvent consentantes, seraient au nombre de huit. Nous allons en évoquer six qui concernent tout le monde : l’orgueil, l’avarice, terme réducteur pour ce que les Pères appellent la philargirie, la tristesse, la colère, la crainte et l’acédie.

           L’orgueil, et l’amour égoïste de soi, sont à la source de toutes les autres passions, de toutes les autres maladies spirituelles. L’orgueilleux s’estime et s’admire lui-même. Il attend les louanges des autres. Il a la prétention de tout savoir et est incapable de voir ses propres défauts. Il s’attribue les mérites de ses qualités, oubliant qu’elles viennent de Dieu. Il juge son prochain en permanence. Il recherche la vaine gloire. Il est fier des biens matériels qu’il possède. Il est fier de sa beauté ou de ses capacités intellectuelles ou artistiques. L’orgueil, c’est le désir d’être vu, considéré, estimé, honoré, flatté par les autres. C’est également l’amour du pouvoir, la volonté de domination, la recherche d’une situation ou d’un rang social plus élevé. C’est aussi le désir d’être admiré pour son ascèse, pour ses vertus. « Dès que l’homme se glorifie de ses vertus, il cesse aussitôt d’être vertueux » – rappelle Saint Jean Climaque. L’orgueilleux, enfin, se croit et se sent supérieur aux autres, il rabaisse son prochain, le méprise, le juge, le critique. Et il ne croit qu’en ses propres forces.

         La philargirie est l’attachement à l’argent et à toutes les formes de richesse – matérielle, intellectuelle ou même spirituelle. Elle est jouissance de la possession, volonté de conserver ses biens à tout prix, réticence à partager quoi que ce soit, volonté de posséder davantage, avidité, envie, convoitise, cupidité, avarice. Les Evangiles mettent souvent en garde contre les dangers de la richesse. Pour être sauvé, le riche, que ce soit sur les plans matériel, intellectuel ou spirituel doit partager et il ne doit pas être obsédé par sa richesse.

         La tristesse qui fait pleurer l’homme conscient de ses péchés, de son éloignement de Dieu est un bien. Elle est même nécessaire à son salut. La tristesse causée par la perte de biens matériels, l’insatisfaction des désirs dans tous les domaines non spirituels est une passion.

         La colère-vertu a été donnée à l’homme pour l’aider dans sa lutte contre les tentations et contre les forces du Malin. La colère devient une passion quand elle est détournée de sa fonction première, quand elle est retournée contre le prochain et parfois même contre Dieu. La colère-passion regroupe toutes les manifestations d’agressivité, rentrées ou ouvertes : le ressentiment (c’est-à-dire la colère entretenue), la rancune, la haine, l’hostilité, l’inimitié, la méchanceté, la mauvaise humeur, la manifestation de son irritation, les moqueries, l’ironie, la volonté de nuire à son prochain, la joie mauvaise (quand on se réjouit du malheur de quelqu’un), le manque de compassion, quand on ne partage pas la tristesse de son prochain à qui il est arrivé un malheur, et enfin, le refus de partager le bonheur d’un autre.

          La crainte, la crainte de Dieu, primaire, quand c’est la crainte du châtiment divin, ou la crainte de Dieu supérieure, quand c’est la crainte d’être séparé de Lui, de L’avoir contrarié, cette crainte est une vertu. La crainte-passion est le résultat d’un manque de foi. Elle est le signe d’un trop grand attachement au Monde, à la vie matérielle. Elle se manifeste par la peur, l’anxiété, l’angoisse. La crainte de la douleur, conséquence de la chute d’Adam, est naturelle et n’est pas répréhensible. Le Christ, totalement homme (sauf pour ce qui est du péché) a éprouvé de l’angoisse avant Sa Passion.

         L’acédie, enfin, est un état de paresse, d’ennui, de dégoût, de lassitude, d’abattement, de découragement, de nonchalance, de négligence, de laisser-aller et de tristesse. C’est une insatisfaction vague et générale que rien de précis ne motive. Cette passion est dangereuse parce qu’elle rend mou et sans courage, en particulier dans le domaine des efforts spirituels. « A quoi bon faire des efforts, puisque de toutes façons je n’y arriverai pas », … dit et pense celui qui est atteint par cette passion. Elle rappelle la tiédeur fustigée dans les Evangiles. Cette passion est répandue de nos jours, en tout cas dans les pays riches.

           Voilà au moins six domaines dans lesquels nous sommes appelés à faire des efforts. Ceux qui disent que les efforts matériels sont moins importants que les efforts spirituels ont raison, mais l’ascèse physique et la prière, soutiennent les efforts spirituels, qui eux sont bien plus difficiles à fournir. Et lorsque nous négligeons l’ascèse physique, accordons-nous réellement la priorité aux efforts spirituels. Nous sommes habituées à nos passions, à nos maladies spirituelles, et les trouvons même parfois confortables. Ne refusons pas l’aide de l’Esprit pour les chasser et demandons Lui de nous aider à les vaincre.

Classification et définitions adaptées à partir de l’ouvrage de Jean-Claude Larchet : Thérapeutiqe des maladies spirituelles

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Le « Notre Père » Saint-Prix,  janvier 2018

            Depuis le 3 décembre, catholiques et luthériens de France doivent remplacer dans le Notre Père, la formule : « Et ne nous soumets pas à la tentation » par : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation », et la majuscule est rétablie sur le mot « Mal », à la fin de la phrase : « 
mais délivre-nous du Mal ». L’idée est que l’ancienne traduction laissait à désirer par son imprécision, car une personne non avertie pourrait penser que Dieu serait à l’origine de la tentation, ce qui est évidemment impensable.

            Plusieurs tentatives d’introduction dans nos paroisses francophones de nouvelles traductions du Notre Père ont été faites. Dans la plupart des cas, elles ont échoué, et ont été le plus souvent abandonnées, car les fidèles n’ont pas suivi. Dans l’Eglise orthodoxe, même les décisions conciliaires n’aboutissent pas toujours à des changements, si ces changements n’ont pas été reçus et acceptés par le peuple, par les fidèles.

            Revenons à la question de fond. Il serait sans doute préférable de dire « ne nous laisse pas succomber à la tentation » pour éviter toute ambiguïté, mais, de toutes façons, la fin de la phrase, qui fait un tout avec ce qui précède, lève le doute : « ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Malin ». L’initiative est laissée par Dieu au Malin. Le Malin nous tente, comme il a tenté le Christ dans le désert. La formule utilisée dans toutes les traductions en usage de l’Evangile de Matthieu est claire. Dans la version de la TOB, il est écrit : « Jésus fut conduit par l’Esprit au désert, pour être tenté par le diable ». La traduction de Louis Second, en usage dans le monde protestant francophone, ne dit pas autre chose : « Jésus fut emmené dans le désert pour être tenté par le diable ». Ce n’est pas l’Esprit qui tente le Christ, mais c’est Lui, l’Esprit, qui de fait, laisse le diable tenter le Christ. La formulation « ne nous soumets pas à la tentation » est donc acceptable, même si elle peut sembler ambiguë à une oreille non avertie.

             Comme le Christ-homme, nous sommes libres de succomber aux tentations du Malin ou de ne pas le faire. L’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il a été créé complètement libre, libre d’obéir à Son Créateur, mais également libre de succomber à la séduction du Tentateur.

            Dans notre société occidentale, toutes religions confondues, l’on ne croit, malheureusement plus, aux forces du Malin, l’on ne croit plus en l’existence du démon. « L’homme se croit civilisé et cultivé, en souriant quand on parle du démon, mais c’est ainsi qu’il en devient le jouet » – a écrit le père Cyrille Argenti.

            Pour des raisons d’efficacité pédagogique, l’Eglise indivise, en Orient, comme en Occident a laissé représenter le démon sous la forme d’un être horrible et laid. Dans le deuxième exorcisme du baptême, il est demandé au démon de se retirer du catéchumène, de se retirer de celui qui va être baptisé. Le célébrant s’adresse à « l’esprit étranger, à l’esprit malin (c’est-à-dire intrinsèquement mauvais et diaboliquement intelligent), à l’esprit impur, fétide (c’est-à-dire nauséabond, qui sent mauvais) et l’auteur de l’office ajoute « qui inspire le dégoût ».

            Le problème est que le démon inspire rarement le dégoût. Le Malin n’est horrible et laid, le Malin n’est repoussant que pour les saints, pour ceux qui, par leur foi, par leur vie, sont plus proches de Dieu que nous. Cette proximité leur permet de percevoir la laideur spirituelle du démon, laideur que nous ne percevons pas. Tous les anges créés par Dieu, ne peuvent qu’être beaux, même s’ils sont laids spirituellement, comme les anges déchus.

            En langue moderne, le démon est un être toxique. Dans la vie de tous les jours, ceux dont on dit qu’ils sont toxiques, sont des personnes intelligentes, séduisantes, manipulatrices, qui divisent et dont l’influence est addictive. C’est la définition du démon, à ceci près que les victimes de personnes toxiques finissent en général par s’en rendre compte et essaient alors d’échapper à leur emprise. Mais le démon, être immatériel, ange déchu, est beaucoup plus fin, bien plus intelligent et séduisant. Son action est moins perceptible que celle de l’être humain. Ses victimes, nous tous, avons tendance à ignorer l’emprise que le Malin exerce sur nous.

            Les tentations sont d’autant plus malignes, d’autant plus dangereuses, que le mot « tentation » est associé aux notions de satisfaction et de plaisir, qui en font oublier les conséquences. A l’inverse, les efforts que nous devrions fournir pour ne pas succomber aux tentations sont le plus souvent pénibles. Et que dire des multiples addictions, dont nous ne sommes même pas toujours conscients ?

            Le « démon est partout comme un lion rugissant qui rôde, cherchant qui dévorer »- a écrit l’apôtre Pierre à la fin de sa première épître. L’image est belle, mais elle peut nous faire baisser la garde. Le lion qui cherche une proie avance à visage, à gueule découverte. Dans la plupart des cas le Malin, lui, avance masqué. Soyons donc vigilants.

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Dimanche des ancêtres   Saint-Prix 12/2017

         « Heureux qui prendra part au repas dans le Royaume de Dieu », dit un convive au cours d’un repas de sabbat chez un dignitaire pharisien. Le Christ lui répond par la parabole des invités qui refusent l’invitation et sont remplacés par des pauvres. La parabole est toujours actuelle. La liturgie est une anticipation du Royaume, Royaume si souvent symbolisé par un repas dans les Evangiles. L’achat d’un champ, ou de cinq paires de bœufs, ne sont plus vraiment d’actualité et ne s’appliquent guère à nous. Mais ils peuvent être aisément remplacés par toutes les raisons que nous pouvons invoquer quand nous déclinons l’invitation qui nous est faite de participer à une liturgie.

          En privilégiant cette parabole, que tout le monde connaît et qui ne demande pas vraiment d’explications, l’on omet souvent les recommandations du Christ qui la précèdent.

           Avant le repas, le Christ avait commencé par guérir un malade et l’avait renvoyé chez lui. A ceux qui avaient assisté à la guérison, tout en gardant un silence réprobateur, parce que la guérison était faite le jour du sabbat, le Christ demande ce qu’ils auraient fait si leur fils ou leur bœuf était tombé dans un puits. Il n’obtient pas de réponse, tant les invités sont gênés, sachant qu’ils auraient alors tous enfreint les règles du sabbat. Pour être juste, il convient de préciser que lorsqu’il y a danger pour la vie, les règles du sabbat passent au second plan dans le judaïsme contemporain. Et c’était probablement aussi le cas à l’époque du Christ qui, Lui, met l’accent sur la priorité de l’amour du prochain sur tout le reste, même quand une vie n’est pas mise en danger.

            Remarquant ensuite que les invités choisissent spontanément les meilleures places, le Christ ajoute une leçon d’humilité – Il avertit ceux qui se mettent en avant : ils risquent une humiliation, si le maître de maison leur demande de s’effacer et laisser la place à quelqu’un d’autre, à quelqu’un de plus important. « Tout homme qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé » – est-il écrit dans ce passage de l’Evangile de Luc. Dans l’Evangile de Matthieu, il est dit que « les premiers, – en fait ceux qui veulent être les premiers, seront les derniers ». Et le Christ ajoute : « Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur, et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner Sa vie en rançon pour la multitude ».

           Les Pères de l’Eglise affirment que l’humilité est une condition incontournable pour entrer au Royaume. N’oublions pas que c’est l’orgueil, le manque d’humilité, qui est à l’origine de la chute du premier homme.

            Revenant enfin sur l’amour désintéressé du prochain, le Christ conseille au maître de maison « d’inviter plutôt les pauvres, les estropiés, les aveugles », parce qu’ils ne pourront rendre l’invitation, contrairement aux amis, aux proches et aux riches voisins. Les propos rapportés par l’évangéliste Luc au chapitre 6 de son Evangile sont encore plus explicites : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance vous en a-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance vous en a-t-on ? Les pécheurs en font autant. (…) Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour ». Et comme le Christ connaît notre faiblesse Il ajoute : « Alors votre récompense sera grande, et vous serez les Fils du Très-Haut, car Il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants ». En fait, la récompense réside dans l’acte lui-même.

            Dans ce chapitre 14 de l’Evangile de Luc, le Christ S’attaque d’abord au formalisme, quand la pratique de la loi prend le pas sur l’amour du prochain. Le Christ pourfend ensuite l’orgueil, quand on recherche spontanément les honneurs. Il dénonce, enfin, la bonne action faite par intérêt, quand on espère une récompense ou un retour.

             Dans une autre parabole, celle dite « du serviteur inutile », le Christ précise que nous devons faire le bien, non pour en tirer une quelconque gloire ou récompense, mais parce que c’est tout simplement notre devoir, parce que c’est ce que nous devrions faire naturellement, sans même réfléchir.

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