Office en juillet.

Un office supplémentaire est programmé – le dimanche 16 juillet une liturgie sera célébrée à 10h00, à l’heure habituelle. En revanche la liturgie ne sera pas précédée de vêpres le samedi soir.

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Liturgie intégrant un baptême – 2 juillet 2017

            Nous venons de baptiser la petite Victoria au cours de la liturgie. Le baptême intégré à la liturgie est l’idéal. Le sacrement n’est pas seulement l’affaire d’une famille élargie à ses amis, c’est avant tout l’affaire de la communauté qui accueille le nouveau baptisé, communauté qui représente l’Eglise tout entière. Le baptême – office privé, pourtant largement pratiqué, est donc une concession. Il est pourtant largement pratiqué par économie, car on ne peut priver un enfant d’un sacrement fondamental. Dans notre paroisse, nous proposons le baptême au cours de la liturgie aux familles dont la pratique est régulière. Le choix de baptiser un enfant est très sérieux, c’est à la fois un engagement et une adhésion. Le baptême fait entrer celui qui est baptisé dans l’Eglise et quand l’enfant est trop jeune pour comprendre ce qui se passe, ses répondants, le parrain et la marraine et ses parents s’engagent à sa place. Ils s’engagent également à lui assurer une éducation chrétienne. C’est très important.

            Pendant la première partie de l’office, pendant le catéchuménat, le futur baptisé est partiellement déshabillé, ce qui symbolise le dépouillement de la vie passée, très courte pour un bébé, de la vie d’un être humain qui n’a pas encore bénéficié de l’aide de l’Esprit. Le célébrant exorcise le catéchumène et chasse les forces du Malin – « tout esprit impur qui se cache et se tapit dans son cœur ». Le catéchumène ou son répondant renonce solennellement « à Satan, à toutes ses œuvres, à son culte et à ses pompes », puis prononce les paroles du symbole de la foi, du « credo ». L’on procède ensuite au baptême proprement dit en trois étapes – bénédiction et onction de l’eau, puis onction du catéchumène et triple immersion dans l’eau. La triple immersion symbolise la mort de l’homme ancien et sa résurrection en un être nouveau. Le p. Marc-Antoine Costa de Beauregard, ajoute une signification supplémentaire : « la triple et totale immersion dans l’eau baptismale signifie la totale immersion dans la Parole de Dieu. L’on chante – vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ ». Le Christ est le Verbe incarné, c’est-à-dire la Parole et la pensée du Père. Le fait d’avoir été immergé en Christ et de L’avoir revêtu donne accès à la chrismation, à la réception de l’Esprit ». Saint Séraphin de Sarov nous rappelle que le but de la vie du chrétien est l’acquisition de l’Esprit. Le p. Marc-Antoine ajoute, sans citer St Séraphin, que l’acquisition de l’Esprit Saint est conditionnée par notre imprégnation préalable par la Parole et par la communion aux Saintes Espèces.

            Nous sommes absolument tous concernés. L’imprégnation par la Parole – et n’oublions pas que la Parole, le Verbe de Dieu, c’est le Christ, cette imprégnation suppose une lecture régulière des Ecritures. La répétition permet de découvrir en temps voulu, ce que l’on n’a pas compris précédemment, sachant que nous ne comprendrons jamais tout. Cela explique aussi pourquoi le texte de notre liturgie est immuable. A force de l’écouter, à force de s’en imprégner, comme pour le Nouveau testament, nous permettons à l’Esprit d’agir en nous. Et la communion complète l’imprégnation « intellectuelle » par l’imprégnation physique.

            Le baptême lave l’enfant ou l’adulte de tous ses péchés. Le baptême est renouvelé à chaque confession des péchés et est consolidé par la communion. Ce n’est pas rendre service à un enfant de le baptiser si son baptême n’est pas suivi par une vie en Eglise, s’il n’assiste à aucun office avant son mariage, qui sera alors vide de sens, et donc une imposture spirituelle. L’on oublie alors que le mariage est un sacrement et non une jolie cérémonie avec de beaux chants.

            La petite Victoria a la chance d’avoir des frères, des parents et des grands-parents ecclésialisés. Elle aura toutes les armes qui lui permettront de s’engager sur la voie qui mène au Royaume, même si cette voie est semée d’embûches. A la fin de la liturgie nous demanderons à Dieu de lui accorder, ainsi qu’à tous ses proches et à la communauté qui va les entourer, la prospérité, une vie paisible, la santé, le salut et de longues années.

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Calendrier prévisionnel des offices à Saint-Prix 2017-2018

Septembre: 09/10     23/24

Octobre: samedi 07 : (liturgie, pas de vêpres la veille)   21/22

Novembre: 04/05    18/19  25/26

Décembre: 02/03    16/17      Nativité : dimanche 24 à 20h00

Janvier : 13/14    27/28

Février: 03/04 (fête paroissiale)   17/18      mercredi 21 : canon St André (18h30)

Mars: 03/04   10/11   24/25   samedi 31 mars /

Avril: / dimanche 01: Rameaux  Jeudi Saint : 05 (19h00) Vendredi Saint : 06 (19h00)   samedi 07 (20h30): Pâques     14/15   28/29

Mai: mercredi 16 : vêpres + liturgie Ascension: 20h00    26/27 : Pentecôte

Juin: 09/10    23/24

 

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Commémoration des Saints locaux

          Dimanche dernier, l’Eglise commémorait tous les saints, comme c’est l’usage, le premier dimanche après la Pentecôte. Aujourd’hui, l’Eglise nous appelle à commémorer les saints locaux – en ce qui nous concerne, les saints nés ou ayant vécu en France. Nous y ajoutons les saints des pays dont nous sommes originaires, les saints russes, dans la mesure où notre Archevêché s’inscrit dans la tradition russe. Les textes de nos offices mentionnent donc des saints français et russes, il n’avait pas été prévu que certaines communautés, dont la nôtre, rassemblent des personnes d’autres origines. Il nous faudra donc nous contenter d’invoquer globalement tous les saints des pays dont nous ou nos parents sont originaires.

         Nous lisons aujourd’hui deux évangiles – celui du dimanche et celui de la fête des saints du pays où l’on vit. Il se trouve, et c’est rarissime, que les deux extraits de l’Evangile de Matthieu se suivent. Dans le premier extrait il est question de l’appel des premiers apôtres, le second extrait est la retranscription du sermon sur la Montagne, dont vous savez à quel point il est important. Les Béatitudes complètent les dix commandements, qui se résument, en réalité, à l’amour de Dieu et du prochain. Les Béatitudes et le Décalogue balisent le chemin qui mène au Royaume.

         Le Christ a commencé par choisir douze apôtres qu’Il a invités à Le suivre. A ces apôtres se sont joints ensuite de nombreux autres disciples qui ont suivi le Christ et écouté Son enseignement. Les Béatitudes résument cet enseignement. Elles sont le noyau, elles sont la quintessence de l’enseignement du Christ. Avant Sa résurrection, Il n’a appelé qu’un nombre limité de personnes. Et la foule des disciples et des curieux bienveillants s’est fortement réduite au moment de la crucifixion. Le contraste entre la liesse à laquelle a donné lieu l’Entrée triomphale du Christ à Jérusalem et la désertion massive, quelques jours plus tard, est saisissant. Mais le Christ ressuscité a élargi Son appel au monde entier, demandant aux apôtres et disciples de le transmettre à tous les peuples de la Terre.

         Nous aussi avons été appelés et cet appel s’est concrétisé par notre baptême. Si nous avons été baptisés avant de pouvoir comprendre ce que cela impliquait, nos parrains et marraines ont pris, à notre place, l’engagement de suivre le Christ. Cet engagement implique un certain nombre de choses qui ne se limitent pas à la seule pratique religieuse. Les premiers disciples et apôtres, puis tous les saints qui leur ont succédé, ont été reconnus comme saints d’abord par le peuple, puis par l’Eglise-institution, parce qu’ils ont mis en pratique le Décalogue, les Dix commandements de l’Ancien testament et ont surtout transformé leur vie en adoptant l’esprit des Béatitudes. Nous sommes tous appelés à la sainteté, nous sommes tous appelés à suivre leurs traces, à les imiter.

         Nous sommes invités à nous détacher de ce qui se met en travers de notre route en direction du Royaume – c’est cela la pauvreté en esprit, libératrice. Nous sommes invités à refuser toute forme de violence, à la remplacer par la miséricorde, par l’amour du prochain, sans en attendre quoi que ce soit, à faire œuvre de paix – est-il dit – c’est cela la douceur. Nous sommes invités à avoir un cœur pur et à rechercher la justice, le respect de la Loi, l’obéissance à Dieu. Nous sommes appelés à accorder la priorité à notre prochain et à Dieu. Le Christ nous avertit – c’est difficile, le Monde, les forces du Malin ne l’accepteront pas. Une vraie conversion, un vrai retour à Dieu fait immédiatement réagir des forces qui font tout pour nous en détourner et sont source de pleurs. Mais si nous sommes persévérants, si nous continuons à avancer, nous serons consolés, malgré nos nombreuses et inévitables chutes. Et la Miséricorde divine suppléera nos insuffisances.

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Dimanche Myrrhophores et Joseph d’Arimathie Mc 15, 43- 16, 8 Ac 6, 1-7 Mc 6, 7-13 1P 5, 6-14

            Nous fêtons aujourd’hui les femmes myrrhophores et Joseph d’Arimathie, auxquels on peut ajouter Nicodème, cité par l’évangéliste Jean. Il a souvent été question, ici, des femmes myrrhophores qui ont servi et accompagné le Christ jusqu’au bout, et ne L’ont pas abandonné comme les apôtres, à l’exception de Saint Jean. Elles étaient plus nombreuses que les sept femmes citées dans les Evangiles. Elles sont un modèle pour tous les chrétiens, en priorité pour les hommes.

            Le noble Joseph, comme il est qualifié dans les textes liturgiques, était originaire d’Arimathie, une ville située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Jérusalem. C’était un riche propriétaire terrien, un notable juif, membre du Sanhédrin de Jérusalem, comme Nicodème. Le Sanhédrin était une administration à la fois politique, religieuse et juridique. Son conseil comportait 71 membres, pharisiens et sadducéens, représentant les grandes villes de Palestine. Le rôle politique du Sanhédrin a été supprimé par le roi Hérode. Et après la destruction du Temple de Jérusalem, en l’an 70, les sadducéens ont été progressivement écartés du conseil au profit des seuls pharisiens. Joseph d’Arimathie est décrit par l’évangéliste Luc, comme « un membre du Conseil juste et bon, qui n’avait donné son accord ni au dessein, ni aux actes des autres membres du Sanhédrin ». Il est fait allusion au rejet et à la condamnation du Christ. La richesse et la position sociale de Joseph d’Arimathie lui ont permis d’approcher Pilate pour demander l’autorisation de déposer le corps du Christ dans un tombeau qu’il avait fait creuser. La loi juive exige que les morts soient enterrés rapidement et avant le coucher du soleil.

               Nicodème, qui a accompagné Joseph d’Arimathie et l’a aidé à mettre le Christ au tombeau, est mentionné trois fois dans l’Evangile de Jean. Au chapitre 3, l’évangéliste rapporte l’entretien du Christ avec Nicodème, un notable juif, de la mouvance pharisienne, venu voir le Christ de nuit, par discrétion et précaution. Au chapitre 7, le même Nicodème prend la défense du Christ, face aux grands-prêtres et aux pharisiens, en disant : « Notre loi condamnerait-elle un homme sans l’avoir entendu et sans savoir ce qu’il fait » ?

            Joseph d’Arimathie, comme Nicodème étaient deux disciples du Christ, deux disciples discrets, par peur de représailles. Alors que tous les autres, les femmes myrrhophores et l’apôtre Jean, mis à part, s’étaient évanouis dans la nature au moment de la crucifixion, ces deux notables ont eu le courage d’aller réclamer le corps du Christ pour qu’Il ne soit pas enterré dans la fosse commune, réservée aux suppliciés, et ont pris en charge, avec les myrrhophores, tout l’aspect matériel lié à Son ensevelissement.

            Des récits apocryphes ont rapporté, de façons différentes, les fins de vies des ces deux « membres crypto-dissidents » du Sanhédrin. Joseph d’Arimathie serait mort de mort naturelle en Angleterre où il aurait annoncé l’Evangile. Nicodème, lui, était parent de Gamaliel, le docteur de la loi, cité au chapitre 5 des Actes des apôtres. Gamaliel, le maître du futur Saint Paul, avant sa conversion, aurait enterré, sur ses terres, près de Jérusalem, Saint Etienne, l’un des sept premiers diacres, après sa lapidation. Gamaliel aurait également recueilli Nicodème, chassé de ses terres après son baptême. Et, selon la tradition, il se serait lui-même fait baptiser secrètement avec son fils Aviv, par les apôtres Pierre et Jean. Le juste Gamaliel et son fils Aviv, enterrés au même endroit que Nicodème et Etienne, ont été béatifiés. L’on fête, le 2 août, la translation de Jérusalem à Constantinople des reliques de saint Etienne et l’invention, c’est-à-dire la découverte, des reliques des Justes Nicodème, Gamaliel et Aviv.

            L’Eglise nous propose les femmes myrrhophores comme modèles pour la permanence de leur courage, de leur abnégation et de leur fidélité. Joseph d’Arimathie et Nicodème, eux, sont donnés en exemples pour leur fidélité indéfectible au Christ, alors que Sa mort les avait plongés dans la stupeur et avait eu raison de leur foi en Sa divinité.

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Pentecôte 2017-05-21

Il y a dix jours, lors de Son Ascension, Le Christ a quitté les disciples et apôtres en leur promettant l’assistance spirituelle de l’Esprit. Le Christ reste présent parmi ceux qui se rassemblent en Son Nom. Nous le proclamons au cours de la liturgie, lorsque le célébrant annonce que le Christ est présent, invisiblement, et que l’assemblée répond « Il est et Il sera ». Mais avons-nous pleinement conscience du côté extraordinaire de cette présence ? Il est important de ne pas banaliser cette affirmation.

La prière « Roi céleste » à l’Esprit Saint est réintroduite dans les prières personnelles et collectives à partir d’aujourd’hui, et jusqu’aux prochaines fêtes de Pâques. Cette prière est omise dans les offices célébrés entre Pâques et la Pentecôte, parce que la Résurrection prime sur tout le reste. La prière à l’Esprit Saint est centrale dans la vie du chrétien orthodoxe, au même titre que le Notre Père et deux prières à la Mère de Dieu : « Toi plus vénérable que les Chérubins … » et « Réjouis-toi, Marie, pleine de grâce … ». C’est donc une joie de la retrouver, réactualisée par la Pentecôte.

La Pentecôte, comme toutes les autres fêtes, est résumée par son tropaire et son kondakion : « Tu es béni, ô Christ notre Dieu, Toi qui as envoyé l’Esprit Saint aux pêcheurs, et qui les a montrés pleins de sagesse et qui par eux as pris au filet le monde entier. Ami des hommes, gloire à Toi ». Les pêcheurs, avec un accent circonflexe sur le e, dont il est question sont les pêcheurs de poissons qui sont devenus des pêcheurs d’hommes.

« Lorsque Tu descendis pour confondre les langues, – il est fait allusion à la tour de Babel, Tu dispersas les nations, ô Très-Haut ; mais lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu nous appelas tous à l’unité. Aussi, d’une seule voix glorifions-nous le Très Saint Esprit ».

Le miracle des nouvelles dispositions linguistiques des apôtres est frappant par son étrangeté – il marque que les apôtres s’adressent désormais à toutes les nations, mais le miracle a été limité dans le temps. Deux autres points très importants ressortent du tropaire et du kondakion. Dieu accorde d’abord la sagesse et la foi à ceux qui les demandent. La sagesse et la foi se complètent. L’une est le résultat, la conséquence de l’autre, et inversement. Ensuite, dans le kondakion, l’accent est mis sur l’unité. Lorsque les hommes se rassemblent pour agir dans une optique qui n’est pas celle de la recherche du Royaume, Dieu laisse la voie libre au « Diviseur », au Malin, qui profite des dispositions naturelles de l’être humain, depuis la chute d’Adam. L’homme pécheur est esclave des passions que les Pères de l’Eglise ne cessent d’évoquer et dont la plus grave est l’orgueil. Les pécheurs, avec un accent aigu cette fois, sont divisés. C’est une des symboliques de la Tour de Babel, construite par orgueil et non pour rendre gloire à Dieu.

Inversement, lorsque des chrétiens, de toutes origines, de toutes classes sociales, de toutes opinions, riches, moins riches ou pauvres, lorsque ces chrétiens se rassemblent dans un même but sur le chemin qui mène au Royaume, alors il n’y a plus, « ni homme, ni femme, ni grec, ni juif ». Tous sont unis. Tous célèbrent et louent ensemble le même Dieu. Et à la sortie de l’église-bâtiment, tous sont appelés à œuvrer pour le bien commun, en accordant la priorité à leur prochain, et donc à Dieu. Cette unité devrait être la marque de chaque communauté chrétienne, et c’est souvent le cas. Dans le même temps, quand des incroyants, ou des non-chrétiens œuvrent pour le bien, leurs efforts sont agréés par Dieu. C’est ce qu’affirme l’apôtre Paul dans son épître aux Romains où il écrit que « quand des païens, sans avoir de loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi. (…), ils mettent la loi en pratique et sont justes devant Dieu (…), ce que ne font pas ceux qui écoutent la loi, mais ne la mettent pas en pratique ». Là, c’est de nous qu’il s’agit quand nous oublions ou préférons oublier ce que Dieu attend de nous.

Nous avons un avantage extraordinaire sur ces « païens » qu’évoque Saint Paul, sur ces païens au sens large qui ne croient pas comme nous. Quand nous sommes sur la bonne voie, si nous le demandons, nous obtenons un coup de pouce de l’Esprit. L’Esprit est là pour nous soutenir, pour compenser notre faiblesse. Ne le négligeons pas. Adressons-nous à l’Esprit le plus souvent possible. Il n’est donné qu’à un très petit nombre de prier sans cesse, comme le conseille l’apôtre Paul, et nous ne sommes pas des moines, mais rien ne nous empêche de fournir au moins de petits efforts dans ce domaine, efforts qui ont vocation à grandir. Fêtons donc la Pentecôte et le retour de la prière « Roi céleste », dont il est permis d’abuser.

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Ascension 2017

Les deux lectures d’aujourd’hui, dont l’évangéliste Luc est l’auteur, rapportent l’événement que nous fêtons. L’Ascension du Christ est à la fois une fin et un début – la fin de Sa présence matérielle, physique, au sens où nous l’entendons, et le début de Sa présence, perceptible uniquement par le biais de la foi. Cette présence est effective quand au moins deux ou trois sont réunis en Son Nom, et plus manifestement à la liturgie eucharistique, au moment de la communion.

L’Ascension n’est évoquée directement ni dans l’Evangile de Matthieu, ni dans celui de Jean, et l’évangéliste Marc ne lui consacre qu’une seule phrase à la fin de son Evangile : « Le Seigneur Jésus, après avoir parlé aux apôtres, fut enlevé au ciel et S’assit à la droite de Dieu ». Après avoir raffermi la foi des disciples et apôtres en le accompagnant pendant quarante jours après Sa Résurrection, le Christ disparaît définitivement de leur vue. Dans l’Evangile de Matthieu, Il avait promis qu’Il serait avec eux jusqu’à la fin des temps. Au chapitre 15 de l’Evangile de l’apôtre Jean, le Christ annonce aux disciples que lorsqu’Il partira, « viendra l’Esprit de vérité, le Consolateur qui les fera accéder à la Vérité tout entière ». Les apôtres comprendront plus tard qu’il s’agissait d’une annonce de la Pentecôte que nous revivrons dans dix jours.

Il est écrit dans l’Evangile d’aujourd’hui qu’après la séparation physique, après l’Ascension du Christ, « les apôtres retournèrent à Jérusalem pleins de joie, et ils étaient sans cesse dans le temple à bénir Dieu ». La séparation n’a donc pas été marquée par la tristesse, même si dans le récit de cette même Ascension dans les Actes des apôtres, il n’est pas question de joie. Il est écrit « qu’ils fixaient le ciel », apparemment en silence, et que « deux hommes en vêtements blancs » les ont rassurés en disant que « ce Jésus qui leur avait été enlevé, (…) reviendrait de la même manière ».

Les apôtres et disciples ont un énorme avantage sur nous – ils ont vécu un peu plus de deux ans auprès du Christ, ils ont écouté Son enseignement, sans toujours le comprendre et l’assimiler. Après que leur foi ait chancelé au moment de la crucifixion, elle a été rétablie à la Résurrection et renforcée par la présence du Christ ressuscité, du Christ bien vivant, à leurs côtés, pendant quarante jours. La force de cette foi renouvelée a permis à la plupart d’entre eux de subir le martyre, sans hésitation, sans que leur foi ne soit ébranlée.

En ce qui nous concerne, c’est plus compliqué. L’acquisition de la foi et sa permanence reposent sur la confiance que nous avons dans la véracité des Ecritures et dans le soutien qu’apportent l’Eglise et l’Esprit. Notre foi est combattue par les forces du Malin qui la combattent au moyen des tentations et profitent des inévitables moments de doute. Suivant les recommandations de l’apôtre Jacques, demandons à l’Esprit « qui donne à tous, avec simplicité et sans faire de reproches, la sagesse et la foi qui nous font si souvent défaut, et lisons et relisons les Evangiles et les épîtres, sachant que celles de Saint Paul sont plus complexes que celles des autres apôtres qu’il vaut mieux lire en premier. Et ne soyons pas effrayés par les doutes, ils nous sont malheureusement naturels. Ayons confiance en l’Esprit.

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Samaritaine 2017

Le Christ et la Samaritaine avaient peu de choses en commun – le Christ-homme était Juif, elle était Samaritaine. L’évangéliste Jean précise même que « les Juifs ne voulaient rien avoir en commun avec les Samaritains ». Il ajoute que les disciples, de retour de la ville où « ils étaient aller chercher de quoi manger » … « s’étonnaient que Jésus parlât avec une femme ». De plus, les préoccupations de la Samaritaine n’avaient pas grand-chose de spirituel – sa situation maritale, au sein d’une communauté où tout le monde est au courant de tout ce qui se passe, l’obligeait à chercher de l’eau à un moment où le risque de rencontrer des voisins et de supporter leurs remarques désobligeantes étaient le moins élevé. C’est pourtant à cette femme, qui était tout sauf un modèle de vertu, et qui n’était pas juive sur le plan religieux, que le Christ S’est dévoilé comme le Messie.

Nous sommes chrétiens, nous essayons d’être orthodoxes, c’est-à dire de louer correctement Dieu, la « louange correcte » devant être soutenue par une vie qui mette en pratique l’enseignement du Christ. Contrairement à la Samaritaine, nous connaissons Son message, nous avons reçu la « Bonne nouvelle », sans d’abord la comprendre, si nous avons été baptisés avant même de savoir parler. Puis nous avons continué de recevoir cette « Bonne nouvelle » en fréquentant l’Eglise, en lisant les Ecritures.

La rencontre de la Samaritaine avec le Christ a changé sa vie. Elle a compris la différence qu’il y avait entre l’eau du puits, qui étanche la soif physique et contribue au maintien de la vie sur terre, et l’enseignement du Christ, qui étanche la soif spirituelle et se transforme en « source jaillissant en vie éternelle ». Ayant compris cela, même si la soif spirituelle ne sera jamais complètement étanchée sur terre, la Samaritaine a revu son échelle des valeurs, elle a revu ses priorités.

Le « toujours plus matériel », pour nous, car il est anachronique pour la Samaritaine, ne peut être que frustrant, au contraire du « toujours plus spirituel ». Préoccupée par les soucis normaux du quotidien, la Samaritaine a été capable de se convertir, de se tourner vers Dieu. Entre le secondaire, même s’il est important, même s’il est nécessaire, même s’il est impossible de le négliger, et l’essentiel, elle a choisi d’accorder la priorité à l’essentiel. Nous, à côté des besoins vitaux, avons été envahis par le superflu. Cela nous rend la tâche d’autant plus difficile.

Maintenant, posons-nous quelques questions : comment le message du Christ, que nous avons reçu et, en principe compris, comment ce message a-t-il modifié notre vie ? Qu’est ce qui, dans notre vie quotidienne nous distingue des incroyants ou de nos Samaritains contemporains, de ceux qui ne croient pas comme nous ? En quoi sommes-nous meilleurs ? Accordons-nous la première place à notre prochain, et par conséquent à Dieu ? Le spirituel tient-il une place plus grande chez nous que le matériel, même si le matériel a aussi son importance, y compris nos loisirs, à partir du moment où ils ne détournent pas de l’essentiel ? Sommes-nous vraiment capables d’accorder régulièrement, au quotidien, la priorité au spirituel ? Sommes-nous le « sel de la terre » que le Christ nous appelle à être ? Convertissons-nous les incroyants, silencieusement, par l’exemple notre vie ? Un prêtre roumain a dit que le Christ n’avait pas besoin d’avocats, mais de témoins.

Nous sommes généralement capables de répondre honnêtement à toutes ces questions, mais essayons-nous de changer quoi que ce soit dans notre vie ?

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Attention ! Les vêpres du samedi 13 mai sont annulées, la liturgie du dimanche 14 est évidemment maintenue.

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Dimanche Myrrhophores et Joseph d’Arimathie Mc 15, 43-16, 8 Ac 6, 1-7 Mc 6, 7-13 1P 5, 6-14

            Nous fêtons aujourd’hui les femmes myrrhophores et Joseph d’Arimathie, auxquels on peut ajouter Nicodème, cité par l’évangéliste Jean. Il a souvent été question, ici, des femmes myrrhophores qui ont servi et accompagné le Christ jusqu’au bout, et ne L’ont pas abandonné comme les apôtres, à l’exception de Saint Jean. Elles étaient plus nombreuses que les sept femmes citées dans les Evangiles. Elles sont un modèle pour tous les chrétiens, en priorité pour les hommes.

            Le noble Joseph, comme il est qualifié dans les textes liturgiques, était originaire d’Arimathie, une ville située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Jérusalem. C’était un riche propriétaire terrien, un notable juif, membre du Sanhédrin de Jérusalem, comme Nicodème. Le Sanhédrin était une administration à la fois politique, religieuse et juridique. Son conseil comportait 71 membres, pharisiens et sadducéens, représentant les grandes villes de Palestine. Le rôle politique du Sanhédrin a été supprimé par le roi Hérode. Et après la destruction du Temple de Jérusalem, en l’an 70, les sadducéens ont été progressivement écartés du conseil au profit des seuls pharisiens.

            Joseph d’Arimathie est décrit par l’évangéliste Luc, comme « un membre du Conseil juste et bon, qui n’avait donné son accord ni au dessein, ni aux actes des autres membres du Sanhédrin ». Il est fait allusion au rejet et à la condamnation du Christ. La richesse et la position sociale de Joseph d’Arimathie lui ont permis d’approcher Pilate pour demander l’autorisation de déposer le corps du Christ dans un tombeau qu’il avait fait creuser. La loi juive exige que les morts soient enterrés rapidement et avant le coucher du soleil.

           Nicodème, qui a accompagné Joseph d’Arimathie et l’a aidé à mettre le Christ au tombeau, est mentionné trois fois dans l’Evangile de Jean. Au chapitre 3, l’évangéliste rapporte l’entretien du Christ avec Nicodème, un notable juif, de la mouvance pharisienne, venu voir le Christ de nuit, par discrétion et précaution. Au chapitre 7, le même Nicodème prend la défense du Christ, face aux grands-prêtres et aux pharisiens, en disant : « Notre loi condamnerait-elle un homme sans l’avoir entendu et sans savoir ce qu’il fait » ?

            Joseph d’Arimathie, comme Nicodème étaient deux disciples du Christ, deux disciples discrets, par peur de représailles. Alors que tous les autres, les femmes myrrhophores et l’apôtre Jean, mis à part, s’étaient évanouis dans la nature au moment de la crucifixion, ces deux notables ont eu le courage d’aller réclamer le corps du Christ pour qu’Il ne soit pas enterré dans la fosse commune, réservée aux suppliciés, et ont pris en charge, avec les myrrhophores, tout l’aspect matériel lié à Son ensevelissement. Des récits apocryphes ont rapporté, de façons différentes, les fins de vies des ces deux « membres crypto-dissidents » du Sanhédrin. Joseph d’Arimathie serait mort de mort naturelle en Angleterre où il aurait annoncé l’Evangile. Nicodème, lui, était parent de Gamaliel, le docteur de la loi, cité au chapitre 5 des Actes des apôtres. Gamaliel, le maître du futur Saint Paul, avant sa conversion, aurait enterré, sur ses terres, près de Jérusalem, Saint Etienne, l’un des sept premiers diacres, après sa lapidation. Gamaliel aurait également recueilli Nicodème, chassé de ses terres après son baptême. Et, selon la tradition, il se serait lui-même fait baptiser secrètement avec son fils Aviv, par les apôtres Pierre et Jean. Le juste Gamaliel et son fils Aviv, enterrés au même endroit que Nicodème et Etienne, ont été béatifiés. L’on fête, le 2 août, la translation de Jérusalem à Constantinople des reliques de saint Etienne et l’invention, c’est-à-dire la découverte, des reliques des Justes Nicodème, Gamaliel et Aviv.

            L’Eglise nous propose les femmes myrrhophores comme modèles pour la permanence de leur courage, de leur abnégation et de leur fidélité. Joseph d’Arimathie et Nicodème, eux, sont donnés en exemples pour leur fidélité indéfectible au Christ, alors que Sa mort les avait plongés dans la stupeur et avait eu raison de leur foi en Sa divinité. Assumons nos doutes inévitables et, comme les femmes myrrhophores, Joseph d’Arimathie et Nicodème, restons fidèles au Christ en toutes circonstances.

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